"De voir comme on est traités, c’est malheureux." Leur site va fermer, la présidente annule sa venue au dernier moment

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Mettant en cause des banderoles "insultantes", la Présidente du groupe FDG a annulé sa rencontre avec les salariés d'Objat, prochainement licenciés. ©Thomas Chollet - Lunot, Pierre Gauthier, Nicolas Colombeau, France Télévisions

Mi-mars, le groupe FDG International, fournisseur de la grande distribution en non alimentaire, annonçait la fermeture prochaine de son site industriel corrézien à Objat. Ce lundi 25 mars, les salariés bientôt licenciés devaient rencontrer la présidente nationale du groupe, mais elle n’est finalement pas venue, en raison, selon ses dires, de « banderoles insultantes ».

"Merci Mme Hergault, j’ai perdu mon boulot". La pancarte, collée au pare-brise de Caroline Labat, l’une des vingt-sept salariées du site corrézien de FDG, ne plaît pas à la direction, qui lui a demandé de la retirer. Mais pour elle, c’est hors de question.

 

Ça reflète la réalité. Tout simplement. J’ai quand même le droit de m’exprimer !

Caroline Labat

Salariée FDG depuis huit ans

 

Amère, Caroline Labat, ajoute : "ça fait huit ans que je travaille à FDG. Tous les matins, je viens, je suis motivée, j’ai fourni du travail et le remerciement qu’on a, c’est : 'Dehors'. Et on n’a pas notre mot à dire."

 

"J'avais prévu de venir vous rencontrer"

Sa colère, cette salariée et ses collègues auraient voulu directement l’exprimer à Anne-Sophie Hergault, la présidente de ce groupe, gros fournisseur de la grande distribution dans le domaine du non alimentaire. La dirigeante était justement en visite en Corrèze ce lundi, pour rencontrer le Préfet notamment. Mais le matin même, elle a annulé cette rencontre qu’elle avait préalablement acceptée. Dans un mail adressé aux salariés, Anne-Sophie Hergault justifie sa décision : 

« […] j’avais prévu de venir vous rencontrer afin d’avoir un échange transparent et constructif concernant la fermeture du site d’Objat. Force est de constater que certains et certaines d’entre vous, ne souhaitaient pas cet échange, ont délibérément choisi d’entacher l’image de notre groupe par la mise en place de panneaux syndicaux particulièrement insultants, visibles de tous, tout au long du week-end et encore en place à cette heure - j’ai donc pris la décision d’annuler ma venue. »

Une décision vécue comme un ultime affront pour les vingt-sept employés, qui ont appris au début du mois de mars leur licenciement prochain.

 

 

Pour elle, on ne compte pas. On n’est que des pions.

Norbert Vianne

Salarié de FDG

Ce salarié regrette : "C’est dommage, parce qu’on a fait notre travail comme il faut. Et de voir comme on est traités, c’est malheureux."

Depuis l’annonce de la fermeture du site corrézien de FDG, l’incompréhension et le sentiment d’injustice touchent les salariés. Françoise Simonet avait 21 ans quand elle a commencé à travailler pour cette entreprise, elle en a désormais 57 : "Ils nous ont encore dit, il y a peu de temps, que nous étions très productifs et qu’ils étaient fiers de nous. Donc même si on s’y attendait, on a du mal à l’accepter." 

Un bâtiment trop vieux, selon la direction

FDG compte parmi les leaders mondiaux du marché dans le domaine de la mercerie. Mais au fil des ans, l’importance du site d’Objat avait considérablement diminué. La direction a réparti les tâches vers les trois autres sites, plus modernes. C’est d’ailleurs l’âge du bâtiment d’Objat, qui, selon la direction, justifie sa fermeture, arguant que "les nouvelles réglementations en matière de mise aux normes engendreraient des travaux extrêmement coûteux."

Alors que le site corrézien, anciennement PECAM qui employait à l’époque 180 personnes, vient de souffler sa 50ᵉ bougie l’an passé, toutes les activités y cesseront fin mai. À l’heure actuelle, aucun repreneur n’est envisagé.

Contactée par nos soins, la présidente du groupe FDG, Anne-Sophie Hergault, n’a pas souhaité nous accorder d’interview.

Contacté par téléphone, le maire de la commune, nous apporte quelques précisions sur la suite, ayant participé à une réunion en préfecture avec la PDG. "Je voulais qu’elle explique ce qui en était. La présidente a été claire sur le fait que ce site ne sera pas rouvert. Pour l’instant, elle s’occupe de l’accompagnement des salariés, et elle gérera ensuite la vente des locaux. Ce que je peux faire, c’est regarder les possibilités des offres des entreprises du bassin de vie de l’agglomération, mais il faut attendre que le PSE soit terminé."