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Les courses hippiques, deux siècles d'histoire en Limousin

L'hippodrome de Pompadour accueille 11 réunions de courses par an. Celle du 15 août, jour de grand cross, rassemble 5 000 spectateurs. / © Maxppp/Frédérique Avril
L'hippodrome de Pompadour accueille 11 réunions de courses par an. Celle du 15 août, jour de grand cross, rassemble 5 000 spectateurs. / © Maxppp/Frédérique Avril

Quand on parle des courses de chevaux en France, on pense avant tout à la Normandie et à la Mayenne. Mais le Limousin n'est pas en reste ! De Pompadour à quelques champions actuels, remontez le fil de l'histoire d'une passion française.

Par Charles Lemercier

Les courses de chevaux en Limousin sont d’abord militaires. La présence des haras fournit un vivier d’équidés apprécié par Napoléon (lui-même !) à la fin du 18e siècle. Ces haras ont été attestés dès le 16e comme celui de Nexon en Haute-Vienne. Le voisin corrézien de Pompadour devient haras national au 17e siècle.

Les haras nationaux préparaient et formaient les chevaux pour les batailles de Napoléon. Les officiers des haras entraînaient les chevaux sur un centre d’entraînement devenu, plus tard, l’hippodrome de Pompadour, explique François-Xavier Duny, président de la société des courses de Pompadour.

Si la première course réglementée a eu lieu à Vincennes en 1781, les courses sont officialisées par décret en 1805 en Haute-Vienne. On y court au galop dès l’année suivante.

Limoges, le plus ancien hippodrome de France

Pompadour, surnommée la cité du cheval n'a pas le plus ancien hippodrome du Limousin. L’hippodrome de Texonniéras à Limoges (Couzeix, pour être précis), né en 1821, tient la corde. C’est le plus ancien du Limousin, et même de France ! Drôle de curiosité, la piste était en forme de cercle.

La société des courses de Pompadour est fondée en 1837 mais les courses ne démarrent qu’en 1842. La cité devient un point cardinal dans le milieu équin en France pour son hippodrome mais aussi pour son centre d’entraînement. Chaque matin, aux aurores, 120 chevaux foulent la piste corrézienne.
 
Deux siècles d'aventure hippique
Derrière la Normandie et la Mayenne, deux terres hippiques phares, il y aussi le Limousin. Son emblème est bien sûr Pompadour, mais il a d'autres richesses... Charles Lemercier, Pascal Coussy et Sophie Spielvogel.
Cette piste en sable naturel, la seule de France, est aussi prisée d’entraîneurs nationaux de renom comme Guillaume Macaire, installé à côté de Royan (Charente-Maritime).

De son château, la marquise pourrait assister à onze journées de courses aujourd’hui. Un très beau programme orchestré par une grande équipe de 135 bénévoles

Le mythique grand-cross

Difficile pour les néophytes de s’y repérer mais le grand-cross de Pompadour n’est pas la même discipline que le cross-country en équitation. Cette course en peloton, longue de 5 kilomètres, se déroule chaque 15 août devant 5 000 spectateurs !
 
Le Grand-cross de Pompadour en vidéo
 


Du galop oui, et du trot ?

Pour voir des trotteurs en Limousin, il faut se rendre sur l'hippodrome du Dorat. La société mère des courses de trot en France a décidé de mettre fin aux courses de trot à Limoges en 2013. Une décision mal digérée par la société des courses locale. Ses dirigeants jugent la piste encore apte à accueillir des compétitions.

Le Dorat, the place to be, plaît aux Anglais. A chaque réunion de courses, ils représentent un bon quart des spectateurs, indique Jacques Desquaires, le président de la société des courses.

L’hippodrome du Dorat, né en 1864, qui accueille donc des trotteurs, est toutefois réputé pour son parcours d’obstacle, au galop donc. Décidément, la région est bel et bien une terre de galopeurs.


Des Limousins passionnés

Le tiercé était encore loin d’être inventé et les légendes Yves Saint-Martin ou Ourasi n’étaient pas encore nés… et pourtant le Limousin vivrait pour le sport hippique. A Limoges, on comptait même deux champs de courses avant la Grande Guerre. Les barons comme celui de Nexon courraient chez eux.

De grandes écuries étaient installées dans les alentours. Le public ne s'y trompait pas. On pouvait compter jusqu'à 10 000 personnes à Texonniéras. 1 500 entrées payantes aujourd’hui, c’est une bonne journée.

Sur un hippodrome, on a toutes les catégories sociales. A l’heure où on parle de mixité sociale… On mélange aussi les joueurs, les connaisseurs et les néophytes, se réjouit Jean-Pierre Pouret, président d’honneur de la société des courses de Limoges.

Une petite histoire dans la grande histoire des courses hippiques est celle de Jacques Détré. Ophtalmologiste à Limoges, il est aussi éleveur et propriétaire de champions. Bien connu par sa casaque L’un d’eux, Vision d’Etat, a terminé 5e du prix de l’Arc de Triomphe en 2008. Il s’illustre aujourd’hui dans la discipline de l’obstacle à Auteuil.

A l'agenda 2019

  • Pompadour : en juillet, les dimanches 7, 14, 21 et 28. En août, samedi 3, jeudi 15 (jour de grand cross), dimanche 18 et dimanche 25. En septembre, les dimanches 1er et 8.
  • Le Dorat : dimanche 16 juin, dimanche 14 juillet et jeudi 15 août.
  • Texonniéras (Limoges) : trois journées de courses par an, il reste le dimanche 13 octobre.

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