Affaire du petit Gabin : “Je n'ai pas vu de signes majoritairement inquiétants”, assure le médecin de famille

© M. GUIGNÉ/ France 3 Limousin
© M. GUIGNÉ/ France 3 Limousin

Dans l'affaire du procès du couple de Creusois jugé aux assises pour "privation de soins et aliments ayant entrainé la mort d'un mineur", suite au décès de leur fils Gabin en 2013 à l'âge de 22 mois, nos journalistes ont rencontré le médecin de famille, qui se défend de toute faute.

Par France 3 Limousin

Alors que s'est ouvert ce mardi 12 novembre 2019 le procès de "L'affaire du petit Gabin" à la cour d'assises de la Creuse, dans lequel sont convoqués les deux parents de Gabin, décédé en juin 2013 à l'âge de 22 mois, France 3 Limousin a rencontré le médecin de famille qui avait suivi l'évolution de l'état de santé de l'enfant.

Le médecin, qui avait pris le relais de la PMI dans le suivi de l’enfant, l’avait vu sept fois, la dernière, un mois et demi avant la mort de l’enfant.

Dans le procès qui se déroule jusqu'au vendredi 15 novembre, il doit être entendu comme témoin pour la compréhension de cette affaire. Il devra notamment s’expliquer sur l'extrême maigreur et le retard de croissance du jeune enfant, qui s’était développé normalement jusqu’à l'âge de six mois. 

Le médecin de famille ne sera cependant pas juste témoin dans cette affaire. Il a pour sa part été mis en examen pour "non-assistance à personne en péril". Il comparaîtra, lui, devant le tribunal correctionnel de Guéret en 2020. C'est donc dans ce contexte que nos journalistes I. Rio et M. Guigné l'ont rencontré.
 

Aucun constat alarmant

Sur la question de savoir s'il y avait des signes révélateurs alarmants lors des rencontres avec la famille, qui auraient pu laisser deviner la situation que vivait le petit Gabin, le médecin martèle :

"Quand ils venaient me voir, ils étaient tous propres, tous lavés. Les parents se montraient attentionnés. Le petit était blotti dans les bras de sa mère. Il n'y avait aucun signe qui me faisait penser que cet enfant était en danger."


L'enfant Gabin était né hypotrophique, comme peuvent l'être les enfants nés de mères porteuses de la maladie de Crohn, ce qui était le cas de Céline V., mère du petit Gabin. Pour le médecin, si sa courbe de poids était au-dessous de la moyenne, elle restait cependant dans la moyenne des normes de croissance de référence.

"J'ai bien constaté qu'il était chétif. Certes. Mais je n'ai pas vu, quand je l'ai consulté, de signes majoritairement inquiétants [...] J'avais certes une courbe qui était toujours en hypotrophie, mais qui suivait globalement la courbe de l'OMS. Moi, je n'avais que ça comme base."


Enfin, quand on aborde le lieu de vie insalubre dans lequel vivait la famille, le professionnel de santé assure qu'il n'en savait rien :

"Je n'avais pas indice sur le lieu de vie. Mais c'est certain que quand vous voyez le lieu de vie... un non professionnel de santé, effectivement, aurait fait un signalement. Evidemment, un professionnel de santé l'aurait fait encore plus. Mais ça, je n'en avais aucune idée !"

Dans ce procès qui va durer quatre jours, le verdict est attendu pour vendredi. Les parents du petit Gabin encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

Compte-rendu d'audience avec Isabelle Rio et Marine Guigné :
 
Ouverture du procès d'Assises des parents du petit Gabin
Les parents de Gabin un petit garçon de 22 mois sont accusés de l’avoir laissé mourir par manque de soin et d’alimentation. Il est mort le 7 juin 2013 à son arrivée aux urgences d'Aubusson. Le médecin de famille est lui poursuivi pour non assistance à personne en péril. Interviennent Interviennent Yves Crespin, Avocat de l'association L'enfant bleu-enfance maltraitée, seule partie civile - Jean-Louis Vaurs, Médecin Généraliste - Denise Bernard, Grand-Mère maternelle de l'accusée.


 

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