Cannabis thérapeutique : pour quoi et comment ?

L'usage du cannabis thérapeutique sera très encadré. / © Marielle Camp-France3 Limousin
L'usage du cannabis thérapeutique sera très encadré. / © Marielle Camp-France3 Limousin

Après l’avis favorable rendu en décembre dernier, l’Agence nationale du médicament vient d’annoncer les modalités pour le lancement du projet d’expérimentation du cannabis thérapeutique.
 

Par Noëlle Vaille

Le cannabis thérapeutique fait peu à peu son chemin en France. En décembre 2018, un comité d’experts de l’Agence du médicament (ANSM) a donné son aval pour un projet d’expérimentation national d’une durée de 2 ans.
L’objectif sera de tester quels modes d’administrations, quels prescripteurs et quel circuit de distribution seront mis en place si le cannabis thérapeutique est définitivement légalisé.
Ces deux années d'expérimentation permettront également de recueillir les premières données françaises sur l’efficacité thérapeutique du cannabis.

Mercredi 19 juin 2019, l’ANSM a présenté les modalités pour le lancement de cette expérimentation.
Comme on pouvait s’y attendre, l’usage du cannabis thérapeutique sera très encadré.

Pour quoi ?

Sa prescription ne sera autorisée que pour le traitement de certaines douleurs chroniques, réfractaires aux thérapies classiques (antidouleurs, morphine...). 
Cinq indications ont été listées par l’Agence nationale du médicament : les douleurs neuropathiques (causées par des lésions des nerfs du système nerveux périphérique), certaines formes d’épilepsie sévères et les pathologies du système nerveux (sclérose en plaques, etc.). Le cannabis thérapeutique pourra également être prescrit pour soulager certains malades atteints d’un cancer ou en soins palliatifs.

Comment ?

Seuls les médecins spécialistes dans les indications listées et exerçant en milieu hospitalier pourront établir une prescription initiale.

Dans un premier temps, le cannabis thérapeutique (sous forme de solution buvable, gélule ou huile et fleurs séchées) ne sera délivré que par les pharmacies des hôpitaux.

Enfin les patients traités seront suivis par un registre national électronique qui permettra de recueillir les effets indésirables et les données sur l’efficacité du cannabis thérapeutique.

La phase expérimentale devrait démarrer en 2020.

La Creuse potentiel producteur de cannabis

En Creuse, cette nouvelle étape d’expérimentation sonne comme une victoire. Eric Corréia, le président de la communauté d'agglomération du Grand Guéret et infirmier urgentiste, porte ce projet depuis deux ans. Aujourd’hui, il est satisfait pour ses patients qui souffrent et ne peuvent pas avoir recours au cannabis de façon légale

"Aujourd’hui le travail de lobbying qui a été fait par tout le monde et le travail de pédagogie sont enfin reconnus (…) C’est une bonne nouvelle"

L’élu sera auditionné mercredi prochain par l’ANSM. Il espère bien « vendre » la filière creusoise car certains agriculteurs du département sont déjà prêts à se lancer dans la production.
Même si dans un premier temps l’expérimentation nationale commencera avec des fleurs importées.

Sur le même sujet

Les + Lus