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La difficile succession d’Eric Correia à la tête de la Communauté d'agglomération de Guéret

Après les élections municipales, la question de la répartition des rôles à la Communauté d'agglomération de Guéret. Qui pour prendre la place d’Eric Corréia ? Réponse avant le 15 juillet, mais d'ici là, place aux tractations. 

© André Abalo - France Télévisions
Le second tour des municipales passé, la question de la répartition des rôles à la com d’agglo du Grand Guéret se pose. Qui pour prendre la place d’Eric Corréia ? La liste Fournier veut présenter un candidat issu de ses rangs. Ce candidat pourra-t-il être accepté par les communes rurales qui ne sont pas forcément du même bord politique ?

Le dimanche du second tour des élections municipales a été la journée des surprises à Guéret. La victoire de la liste de Marie-Françoise Fournier en était une. La seconde : la relative tranquillité avec laquelle Michel Vergnier, le maire sortant, avait l’air de prendre la nouvelle. A grand renfort d’accolade et d’embrassade, l’accueil qu’il a réservé à la gagnante en a surpris plus d’un. Dans le cours de la soirée, des bruits se répandaient. Michel Vergnier proposerait à la gagnante de prendre la présidence de l’agglomération. Devant notre caméra, on l’entendait effectivement proposer ses services à la nouvelle élue.

Une position qu’il maintient aujourd’hui, 30 juin 2020, tout en affirmant n’avoir jamais brigué le poste de président.
« J’ai proposé à Marie-Françoise Fournier d’avoir un rôle plus actif au sein de la communauté d’agglomération. Mais en aucun cas la présidence. Je pourrais briguer un poste de vice-président ou de délégué communautaire pour continuer à m’occuper de la politique de la ville ou de l’opération Cœur de ville » explique le maire sortant.

Des dossiers techniques que Michel Vergnier affirme maîtriser et pour lesquels il veut mettre en avant son réseau tant au sein de l’association des maires de France, dont il demeure le trésorier national, que dans les ministères ou à l’Assemblée.
L’ancien maire propose aussi son aide car la nouvelle équipe de Guéret va devoir composer avec les maires des communes rurales de l’agglomération. 25 communes où la situation politique n’a pas radicalement changé après ces élections. Leur sensibilité politique se situe plutôt à gauche. Il va donc falloir trouver un candidat qui rassemble derrière lui.
   

Un candidat issu de la liste de la nouvelle maire

Un défi auquel Marie-Françoise Fournier répond avec la constance qui la caractérise.
« Fidèles à nos valeurs nous allons envoyer quelqu’un de notre liste pour être candidat à la présidence de l’agglomération. Nous l’avons décidé entre nous hier soir » confie celle qui sera samedi la nouvelle maire de Guéret.

De la même manière qu’elle avait repoussé toute idée de fusion, madame Fournier écarte l’idée d’avoir recours à une candidature extérieure. « Nous avons débuté l’aventure ensemble, nous iront au bout ensemble » continue-t-elle.  
Ce n’est donc pas Michel Vergnier qui sera son candidat. La personne est déjà désignée. Son nom sera connu le 10 ou le 13 juillet lors du vote. Il est vrai qu’il aurait été difficile de s’en remettre à l’ancien maire, quand on incarne l’idée du renouveau de la politique guérétoise débarrassée du clivage des anciens partis politiques.

« Nous ne voulons plus nous limiter à ces questions de sensibilité politique et au conflit de personnes. Nous n’en avons pas et nous essaierons donc de convaincre les maires sur notre projet » explique Marie-Françoise Fournier.
L’idée qui pourrait les convaincre consisterait à faire élire le candidat de sa liste comme président pendant trois ans. Ensuite la fonction passerait à un élu issu d’une commune rurale.

Une stratégie risquée pour Michel Vergnier qui affirme avoir mis en garde Marie-Françoise Fournier « Le vote qui l’a fait gagner vient plutôt de la droite. C’est vraisemblablement un handicap pour conquérir l’agglo. Il faut 28 voix de majorité sur 55. Un candidat de la ville centre peut créer un clivage rural contre urbain ». Guéret n’envoie que 20 conseillers à l’agglo, il en manque donc 8 pour avoir la majorité.

Crainte confirmée par François Barnaud, le maire de Saint-Fiel. « Le message envoyé aux communes rurales pour l’instant n’est pas très favorable. Les critiques émises contre Eric Corréia et donc contre une partie d’entre nous, sur notre gestion pendant la campagne frisent la correctionnelle. L’agglo ne se résume pas à Guéret. »


Eric Corréia pour se succéder à lui-même ?

Marie-Françoise Fournier s’attend donc à ce que son candidat ne plaise pas à tout le monde. Une seconde candidature concurrente risque donc très certainement de voir le jour. Et pourquoi pas celle d’Eric Corréia le président actuel ?
« Mathématiquement c’est possible » confirme Michel Vergnier. Les rumeurs de sa propre candidature à la présidence de l’agglo n’étaient-elles pas une tentative pour écarter définitivement Eric Corréia ? Car malgré sa défaite, le président de l’agglo n’est pas politiquement mort et reste éligible puisqu’il sera élu d’opposition à Guéret.

Et si finalement Eric Corréia se succédait à lui-même ?  Un scénario que l’on ne peut pas écarter. Les maires de l’agglomération qui lui faisaient confiance pourraient vouloir prolonger l’aventure avec lui. Certains le poussent déjà à se présenter.

« Je ne me suis pas décidé pour le moment. Je ne veux pas y aller contre quelqu’un mais pour faire quelque chose. Il faut avoir un projet et des soutiens derrière soi. J’annoncerai ma décision dans les prochains jours » explique Eric Corréia.

La date de la désignation du président n’est pas encore fermement fixée. Réponse le 10 ou le 13 juillet. D’ici là, les tractations vont aller bon train.

 
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