Guéret : Benoit Coulaud, pompier de l’extrême et star des réseaux sociaux

Benoît Coulaud est un pompier de l'extrême. Son univers ? La caserne de Guéret dans la Creuse. Ses vidéos cartonnent sur les réseaux sociaux. Il y filme des défis acrobatiques et fait découvrir l’univers des pompiers. Certaines vidéos dépassent le million de vues.

Sur les réseaux sociaux, Benoît Coulaud, sapeur-pompier, aime relever les défis !
Sur les réseaux sociaux, Benoît Coulaud, sapeur-pompier, aime relever les défis ! © Capture écran Instagram @strike_workout
Suspendu dans le vide, en tenue de feu (5 kilos tout de même), Benoît Coulaud tient à la force de ses bras au sommet de la grande échelle. Ça semble encore un peu trop facile pour lui. Séquence suivante : toujours suspendu à la grande échelle, il fait des tractions avec cette fois la bouteille d’air de 15 kilos dans le dos et une lance à incendie ficelée autour de lui.
 

Le Guérétois de 34 ans n’est pas fou. Il précise d’ailleurs qu’il est systématiquement assuré. L’idée n’est pas non plus de se mettre en valeur. Ces vidéos, il les tourne dans un esprit pédagogique.

"Les gens pensent que quand un pompier n’est pas en intervention, il ne fait rien. Ce n’est pas vrai, nous nous entraînons beaucoup. Il faut toujours rester affuté. C’est important car même dans une petite ville comme Guéret, nous pouvons partir sur des interventions compliquées. Il n’y a pas longtemps je suis parti sur un feu dans un immeuble. Il a fallu que j’extraie une personne piégée de son appartement en feu. C’est physique" explique Benoit.

Il veut faire découvrir l’univers des pompiers. Les unités particulières qui évoluent en milieu aquatique. Le GRIMP qui intervient en altitude ou encore les pompiers d’aéroport et leur centre de formation de Châteauroux.
Les défis physiques c’est pour garder la forme. Ce sont les vidéos les plus vues. Celle où il est suspendu dans le vide a dépassé les 20 millions de vues.

Les pompiers de New York l’ont vue et m’ont demandé de venir pour faire une démonstration chez eux.

C’est vrai qu’en matière d’entrainement, Benoit pousse le bouchon un peu plus loin que la normale. Il se définit comme un sportif complet. Pour lui c’est indispensable en tant que pompier. Course, natation, musculation, escalade foot font partie de ses hobbys. Une heure et demi minimum de sport par jour. En plus des entraînements à la caserne pendant les gardes.

Un gout de l’effort lié à son parcours. La vocation est née de bonne heure chez lui. Pompier volontaire à Bourganeuf dès 16 ans.

  

J’ai quand même un Bac pro technicien d’usinage en poche. Mes parents voulaient que j’ai quand même un bagage. Mais ça ne m’intéressait pas vraiment. Je voulais être pompier c’est tout.


Charlie Hebdo, le Bataclan...


Il passe donc les tests pour entrer aux pompiers de Paris. Il est engagé à la caserne Parmentier dans le 11e arrondissement. Il y reste 7 ans. Avec des instants marquants. Charlie Hebdo, le Bataclan.

"Quand on arrive sur une intervention, qu’il y a deux ou trois victimes, on sait faire. Mais là en entrant dans les locaux de Charlie, il y a une dizaine de victimes. On n’a pas l’habitude. Je suis là à l’entrée de la pièce et je reste bloqué trois secondes. Et puis l’esprit de pompier reprend le dessus et les bons gestes reviennent. C’est pour ça que je suis devenu pompier pour avoir un maximum d’expérience et ça en fait partie".

A Paris, l’entrainement est draconien. Il y a notamment le test de la planche. Et des gardes qui durent 72 heures, 30 interventions par jour avec parfois seulement 3 heures pour dormir. Benoit découvre le Street Workout, une façon de faire de la musculation avec le mobilier urbain. Il participe à des compétitions en France et en Europe et obtient de bons résultats. Il commence à tourner des vidéos de ses entrainements dans la caserne et à les partager sur son Facebook. Carton immédiat. Mais encore faut-il le faire accepter par la hiérarchie.

"Au début, je masquais le sigle des pompiers de Paris. Mais un gradé est tombé sur une de mes vidéos. Il m’a convoqué dans son bureau et m’a passé un savon. Quelques jours plus tard, j’ai été contacté par le service com des pompiers. Ils voulaient m’interviewer. Comme ça donne une super image, la hiérarchie m’a finalement incité à continuer".

Après les 7 ans à la caserne Parmentier, Benoit a été muté dans le Val-de-Marne pendant deux ans. Puis il a été professionnalisé avant de retourner chez lui à Guéret, il y a deux ans.

Le colonel Delcroix a été favorable à ce que je continue mes vidéos. Lors d’une visite de la caserne avec le maire, il m’a même demandé de faire une démonstration.

Les vidéos s’enchaînent. Une par semaine minimum. Des séances d’entrainement extrêmes mais pas seulement. Benoit aime aussi partager son quotidien. Comment se passe une garde ? Quels sont ses pires moments vécus en intervention ?
 

Anecdote parmi d’autres : suspendu au bout d’une corde, Benoit doit résonner une femme qui jette des objets du haut de sa fenêtre au troisième étage. Alors qu’il tente d’amorcer le dialogue, elle lui jette sa serviette hygiénique à la tête.

Beaucoup de ceux qui le suivent sa chaîne sont des pompiers. Ils s’inspirent de ses exercices pour améliorer leur physique et leur mental. D’autres se découvrent une vocation. " Il y en a plusieurs qui m’ont écrit et m’ont remercié de leur avoir fait découvrir cet univers. Ils sont depuis passés pro, engagés chez les pompiers de Paris ou simplement volontaires" se félicite Benoit.

L’idée c’est aussi de confronter les différentes manières de travailler, les matériels utilisés. Il y a deux ans une rencontre sportive a même été organisée à Guéret à l’initiative de Benoit. Nous y avions consacré un reportage.
 
Guéret : Cross fire challenge entre pompiers de France (2018) ©France Télévisions

Après la crise, Benoit compte bien organiser une nouvelle édition. Une compétition en binôme cette fois. Mais il doit maintenant raccrocher. Nous l’avons interrompu pendant sa course ce matin-là, et il doit repartir s’entrainer.



 
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