Sécheresse dans la Creuse : jardiner avec moins d’eau, c’est possible

© Ariane Pollaert / France 3 Limousin
© Ariane Pollaert / France 3 Limousin

Comment continuer à cultiver son jardin, botanique ou potager, lorsque l’eau manque en période de sécheresse ? Dans la Creuse, certains ont trouvé des solutions.
 

Par RD avec Ariane Pollaert

Troisième année consécutive de sécheresse en Creuse : alors que les étés sans eau se multiplient, il va sans doute falloir s’habituer. S’habituer, et mieux encore s’adapter, pour réussir à cultiver même quand les précipitations se font rares. Valérie Gerbaud, à Aulon, l’a bien compris : elle n’hésite pas à adapter son jardin botanique en fonction du climat, arrachant certaines plantes pour en replanter d’autres, plus résistantes.

La jardinière bénéficie d'un sol relativement humide, mais c'est surtout la disposition de ses plantes qui permet de préserver l'eau :
 

La seule solution que j'ai trouvée, c'est d'avoir différents étages, différentes formes de feuillages, qui arrivent à s’entrecroiser et qui se protègent, y compris l'hiver. En été ils protègent en plus le sol pour éviter l'évaporation.


Autre astuce : couvrir chaque plante de paillage, un mélange naturel destiné à prévenir l'assèchement. L’idée est simple : ombrer la terre et conserver l’humidité, en limitant l’évaporation. En restant plus longtemps dans le sol, l’eau reste ainsi plus longtemps disponible pour les plantes. Toutes les plantations peuvent être paillées, aussi bien les plantes que les massifs, les arbres que les potagers. Différents types de paillage existent, à base de feuilles mortes, de tonte de gazon ou encore d’écorce de pin. En plus, le paillage évite la propagation des mauvaises herbes. Pas besoin donc de désherbant chimique.
 

Variétés résistantes


A Bussière-Dunoise, à une vingtaine de kilomètres de Guéret, Yohann produit des semences. Ici, aucun arrosage. Le producteur cultive des variétés paysannes très résistantes, comme la sucrine du Berry : "Le feuillage n’est pas en berne, il n’y a pas trop de maladies, ça résiste bien et les fruits sont assez beaux", constate-t-il.

Quatre ans de travail ont permis au Creusois d'obtenir une terre riche en minéraux, en azote, en phosphate, en potassium... Il utilise pour cela de l'engrais vert. La structure du sol favorise ainsi l'apport en eau et en nourriture : une initiative 100% biologique qui pourrait inspirer jardiniers et agriculteurs.
 
Sécheresse dans la Creuse : jardiner avec moins d’eau, c’est possible
Avec : Valérie Gerbaud, jardinière ; "Père Magotte", semencier. Reportage : Ariane Pollaert, Nicolas Chigot et Sarah Danduran-Lembezat. - France 3 Limousin

 

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