Jean-Baptiste Moreau, le député En Marche Creusois expulsé du sommet de l’élevage

Le Creusois Jean-Baptiste Moreau, député En marche, a été expulsé du Sommet de l'élevage ce jeudi 3 octobre 2019 par une cinquantaine d’agriculteurs, à la fin d'un débat sur le CETA. 
 
Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse.
Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse. © Léon Tanguy/Maxppp
La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale était invitée au Sommet de l’Elevage sous la grande halle d’Auvergne de Clermont-Ferrand.
À la fin d'un débat consacré, ce jeudi matin, au CETA, l'accord de libre-échange avec le Canada ratifié en juillet par l'Assemblée nationale, la commission dont le député creusois Jean-Baptiste Moreau a été expulsé par une cinquantaine d’éleveurs et responsables professionnels.
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Le député LREM expulsé du Sommet de l'élevage ©images : Reussir.Fr
 

Le point de vue d’un éleveur

Patrick Bénézit, éleveur de 90 vaches dans le Cantal, présent au sommet, a observé la scène de loin mais il comprend le geste de ses confrères. Pour lui, l’action de ce matin est à la hauteur de l’exaspération des éleveurs face au mépris des parlementaires.

Depuis le vote du CETA, certains parlementaires nous ont expliqué que nous étions des idiots, que les vaches canadiennes n’étaient pas nourri aux farines animales, que les éleveurs ne leur donnaient pas d’activateurs de croissance (antibiotiques mis dans l’alimentation du bétail)… alors que la réglementation canadienne autorise tout ça. En Europe, ces pratiques sont interdites.

Là-bas, des kilomètres de mangeoire dans la boue sont autorisés quand cela est interdit chez nous, dit-il. 

Patrick Bénézit ajoute que certains parlementaires, au moment de la signature du CETA, ont dit qu’on transmettait de fausses informations alors que le rapport de Katheline Schubert et la direction générale de l’alimentation remis au premier ministre en 2017 font état de ces pratiques.

Selon l’éleveur du Cantal, ce mépris lancinant agace. « Les agriculteurs en ont assez d’être traités de menteurs, assez d’entendre les parlementaires leur expliquer que ça leur ferait du bien de voir arriver 65 000 tonnes de viande canadienne en France ».


Le point de vue de Jean-Baptiste Moreau


Selon le député creusois, le débat se passait relativement bien jusqu’à ce que la cinquantaine de « responsables syndicaux éloignés actuellement du métier d’éleveur les poussent dehors ».

Ce sont des gens dans la contestation, dans la caricature. Ils mentent aux agriculteurs. Ils racontent que si ça ne va pas, c’est à cause de l’exportation. Mais le vrai problème de la filière bobine du Massif Central, c’est qu’elle est désorganisée, elle ne pèse pas assez lourd. Ces agriculteurs pointent alors l’Etat, plutôt que leur propre incompétence.


Le député En Marche ajoute que l’action de ce matin n’est pas une manière pour rétablir le dialogue. Il ne souhaite plus entretenir de lien avec la FNSEA au niveau national avant des excuses.
Jean-Baptiste Moreau l’affirme fermement, il souhaite des excuses avant toute reprise de dialogue.
 
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