Journée cruciale pour les 277 salariés de GM&S

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C'est ce soir à 18 heures que le tribunal de commerce de Poitiers doit rendre sa décision concernant la possibilité de reprise ou non de l'entreprise par GMD. Le patron de GMD a lui jusqu'à 14 heures pour faire une offre. GMD est le seul et unique repreneur potentiel et son offre est conditionnée.

Liquidation sèche ou nouveau sursis pour étudier la reprise? La justice se prononce aujourd'hui lundi 24 juillet 2017, peut-être pas pour la dernière fois, sur le sort de l'équipementier automobile creusois.


Le programme de la journée


Le tribunal de commerce de Poitiers se prononce, à 18H00, sur une offre de reprise de GM&S, mais, jusqu'au dernier moment ou presque --14H00 -- les parties pourront transmettre à la juridiction des "notes en délibéré", documents ou éléments en vue de la décision.

Les salariés de GM&S sont depuis 10 heures en assemblée générale dans leur usine. Ils comptent renvoyer une délégation sur le site de Renault Villeroy dès demain matin.


Une seule offre de reprise est sur la table


Et elle ne prévoit le maintien que de 120 des 277 emplois du site de La Souterraine, qui faisaient jusqu'à présent de GM&S le deuxième employeur privé de la Creuse, sans oublier plusieurs centaines d'emplois indirects, estiment les élus locaux.

L'offre émane du "numéro un" français de l'emboutissage, le groupe GMD, dont l'usine est basée à Saint-Etienne (Loire) et dont le PDG, Alain Martineau, a rappelé la semaine dernière qu'elle ne serait pas finalisée sans une prolongation de la période d'observation pour GM&S, qui a été
placée en liquidation judiciaire le 30 juin. GMD n'entendrait pas reprendre avant le 1er septembre.

Une prolongation jusqu'au 31 août, c'est ce qu'a plaidé à l'audience l'avocat des salariés, Me Jean-Louis Borie, et l'hypothèse est ouverte au tribunal, d'autant que les salaires sont assurés jusqu'à fin août, l'Etat, via la Banque publique d'investissement (BPI), ayant apporté sa garantie. Selon l'avocat, le procureur à l'audience a lui aussi penché vers une poursuite. Aussi, pour Me Borie, le tribunal pourrait fixer une nouvelle audience pour examiner l'offre. A la condition toutefois que les "clauses suspensives" mises en avant par GMD soient levées d'ici lundi après-midi.

Les clauses suspensives 


Le repreneur potentiel affirmait la semaine dernière que l'ensemble des "conditions suspensives" à son offre n'étaient pas levées.

• La première est la conclusion d'un nouveau bail plus favorable pour lui avec la SCI Jalassière (Société civile immobilière) propriétaire des locaux de La Souterraine. 

La SCI Jalassière est actuellement pointée du doigt par les syndicalistes de Steva (ex Altia, GM&S est également ex Altia, Steva et GM&S sont toujours sous bail de cette SCI). 

Il s'agit de trouver un loyer dont le montant soit accepté par la SCI et par GMD.

La Région Nouvelle-Aquitaine, qui s'est impliquée financièrement sur le dossier depuis des mois, a dit travailler ces tout derniers jours avec l'Etat
et les acteurs locaux pour aplanir cet aspect "foncier et immobilier" de la reprise, une demande de GMD jugée "compréhensible" par le président de région, le socialiste Alain Rousset.

• Il s'agit également de déterminer qui prendra en charge les travaux necessaires à la reprise de l'activité. 

Sur ce point le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, est venu le 19 juillet 2017 à La Souterraine assurer le personnel de GM&S de 15 millions d'investissements également répartis entre l'Etat, Renault et PSA, les deux principaux passeurs de commandes vers GM&S. Et cinq ans de commandes de PSA et Renault garanties à hauteur de 22 millions par an.

• Ensuite et bien évidemment le projet GMD est conditionné à "l'adhésion des salariés".

Ceux-ci restent convaincus que GMD peut encore améliorer son offre et que le maintien de 120 emplois, comme les 22 millions de commandes annuelles promis, préfigureraient la "mort à petit feu" du site, qui deviendrait un simple "atelier de frappe".


Aussi, convaincus qu'on "joue avec leurs nerfs" pour leur faire accepter au final une reprise moins-disante en terme d'emploi ou d'indemnisation, ils ne relâchent pas la pression sur les acteurs détenant, selon eux, les leviers du dossiers. Après avoir bloqué pendant quatre jours la semaine dernière une plate-forme logistique de pièces détachées de Renault à Villeroy (Yonne), ils ont assuré de nouvelles actions en début de semaine, peut-être sur le même site, et ce "quelle que soit" la décision du tribunal de Poitiers.


L'HISTOIRE DE LA LUTTE