Trois questions sur le recensement agricole en Creuse

Tous les dix ans est organisé un recensement agricole national pour examiner de près le secteur. Cette opération a démarré en octobre 2020 et doit s’achever en avril prochain. Exemple dans la Creuse, premier département d'élevage en Nouvelle-Aquitaine.  

Elevage de limousines.
Elevage de limousines. © A.Abalo/FTV

Combien d’agriculteurs sont concernés ?  

En Creuse, près de 3500 exploitants agricoles, principalement éleveurs bovins, soit l’essentiel de la profession qui commercialise sa production, sont sollicités pour répondre aux 28 pages de questions du recensement. L’opération, obligatoire, s’effectue en fait sur un site internet et le questionnaire est pré-rempli, à partir des données fournies notamment par les paysans pour les dossiers de politique agricole commune (PAC).

Huit enquêteurs de la direction de l’agriculture vont aller en outre à la rencontre de 372 exploitants, tirés au sort, pour un entretien un peu plus détaillé encore.

A quoi sert le recensement ?

Il a pour but d'actualiser les données sur l'agriculture française et de mesurer son poids dans l'agriculture européenne. Les données permettent également de définir et d'ajuster des politiques publiques au niveau national et local. Au-delà du nombre d’animaux élevés ou des hectares cultivés, des questions sont aussi posées sur la proportion de circuit court dans le chiffre d’affaires ou sur la production en bio par exemple.

Enfin, les données permettent de connaître précisément la localisations des productions en cas de classement en calamité agricole, après un épisode de sécheresse par exemple.

En 2010, 6000 emplois étaient liés au secteur agricole en Creuse. 5 % de la population travaillait dans l’agriculture, cinq fois plus qu’au niveau national.  

A quoi s’attendre avec le recensement 2021 ?

En Creuse, en 2010, il y avait 4624 exploitations d’une surface moyenne de 109 hectares. « Le nombre d’exploitations a dû baisser » indique Albin Freychet, du service régional d’information statistique, économique et territoriale à la direction de l’agriculture.

Selon cet agent, on peut observer de plus en plus de créations de GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun) et de moins en moins d’exploitations individuelles ainsi qu’un vieillissement de la profession mais aussi une féminisation (29 % de femmes cheffes en 2010).

la Creuse attire des jeunes et les retient

Albin Freychet, direction régionale de l'agriculture.

21 % de la profession, soit 1200 exploitants, avaient moins de 40 ans en 2010.

Ces jeunes reprennent bien souvent des exploitations familiales ou reprennent des fermes, attirés par le prix plutôt bas des terres par rapport à d’autres régions françaises.« On assiste à un phénomène de concentration et d’agrandissement d’exploitations, afin de cultiver davantage de céréales pour les animaux ».

Au final, selon Albin Freychet, la Creuse connaît « une dynamique agricole, plus que dans d’autres territoires avec un espace agricole préservé et peu de suppressions de terres cultivables.

Le département le moins peuplé (118 600 habitants) de Nouvelle-Aquitaine, perd chaque année des habitants mais compte toujours le plus grand cheptel de la région avec 416 000 bovins.

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