Crise sociale : 24 présidents de départements en appellent aux parlementaires pour un revenu de base immédiat

Cinq départements de Nouvelle-Aquitaine,sur les 24 signataires, ont signé cette tribune pour un revenu de base immédiat au regard de la crise économique, aggravée par la crise sanitaire. Ils sont vingt-quatre départements en tout à tirer la sonnette d'alarme et à presser les parlementaires d'agir. 
" Assez de temps perdu" écrivent-ils. La crise sociale, qui accompagne le trou d'air économique et la crise sanitaire, s'accélère. Et elle touche les jeunes durement. 
Elle a donc décidé 24 présidents de départements à prendre la plume. Alors que des élus demandent depuis deux ans la création d'un revenu universel sans succès, l'Assemblée nationale a ouvert le débat. "Jeudi 26 novembre 2020, sans bruit, cette même majorité qui avait massivement rejeté notre proposition vient d’adopter une résolution demandant au gouvernement d’ouvrir un débat national sur la création d’un “filet de sécurité inconditionnel et universel." constatent les signataires dont Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental de la Gironde. 
 
Ce samedi 5 décembre, les 24 présidents de départements ont adressé une lettre ouverte aux parlementaires de la majorité pour expérimenter le revenu de base sur leurs territoires, pour "une généralisation dès aujourd'hui", alors que l'Assemblée nationale s'est prononcée jeudi pour ouvrir un débat sur un mécanisme de revenu minimum universel.  

Nous pourrions dès aujourd'hui envisager une généralisation afin de répondre à la crise inédite que nous traversons, plutôt que d'engager un débat national.


Les 24 signataires de la lettre aux parlementaires

 

Le constat de la crise est rude : huit millions de personnes bénéficient de l'aide alimentaire. "Les jeunes en particulier, qui représentent déjà plus de la moitié des personnes pauvres en France, sont durement frappés par cette crise, alors même qu'ils n’ont pas accès aux minimas sociaux." souligne pour exemple le président de la Gironde. " Cette mesure est à même d’absorber une partie de la vague de pauvreté que nous connaissons, et d’offrir à toutes ces personnes une chance de rebondir, de reconstruire leur projet de vie. "

"Du temps perdu" dénoncent les signataires

Dès 2016, Jean-Luc Gleyze, président du Département de la Gironde, a milité pour pouvoir expérimenter un revenu de base. 
Les députés ont adopté jeudi 3 décembre par 106 voix contre 11 une résolution qui "invite le gouvernement à ouvrir un débat national et citoyen sur la création, l'expérimentation, le financement, la mise en oeuvre et l'évaluation" d'un tel mécanisme.
"Deux ans pour que la majorité parlementaire de l'Assemblée nationale, qui refusait tout débat sur un revenu de base, se décide enfin à ouvrir la réflexion que nous demandions", dénoncent les signataires qui rappellent que le projet avait été initié en 2016 par la Gironde suivie de 18 départements volontaires.

Ces deux ans écoulés nous auraient permis d'évaluer les effets d'un revenu de base sur les publics visés et de l'ajuster au mieux à leurs besoins. Rattrapons ce temps perdu !

Les 24 signataires

Invité de notre édition du 19/20, Jean-Luc Gleyze détaille les urgences. 
Jean-Luc Gleyze invité du 19/20 Aquitaine explique la démarche.

Les signataires assurent avoir déjà consulté un "jury citoyen et récolté 15.000 contributions via une plateforme numérique. Ils annoncent également une contribution à la consultation "sur l'aide à l'émancipation individuelle (AILES), initiée par les députés socialistes Boris Vallaud et Hervé Saulignac.  


Le revenu de base, c'est quoi ? 

L'idée d'un revenu universel avait notamment constitué la proposition phare du candidat socialiste Benoît Hamon lors de la présidentielle de 2017. Il concernait alors tout le monde. 
Le revenu de base est dégressif , ne concerne pas tout le onde. Il vise à corriger les écarts. Le président du département de la Gironde rappelle son ambition : "renforcer notre modèle de protection sociale, en l’adaptant aux évolutions de notre société pour protéger contre les chocs sociaux d’ampleur. Elle repose sur 3 principes: inconditionnalité et automatisation du versement, ouverture aux jeunes de moins de 25 ans, et dégressivité en fonction des revenus d’activité."
 
Qui sont les signataires ?
René Massette (Alpes-de-Haute-Provence) Laurent Ughetto (Ardèche) ; Christine Téqui (Ariège) ; Hélène Sandragné (Aude) ; Germinal Peiro (Dordogne) ; Nathalie Sarrabezolles (Finistère) ; Georges Méric (Haute-Garonne) ; Philippe Martin (Gers) ; Jean-Luc Gleyze (Gironde) ; Kléber Mesquida (Hérault) ; Jean-Luc Chenut (Ille-et-Vilaine) ; Xavier Fortinon (Landes) ; Philippe Grosvalet (Loire-Atlantique) ; Serge Rigal (Lot) ; Sophie Borderie (Lot-et- Garonne) ; Sophie Pantel (Lozère) ; Valérie Beausert-Leick (Meurthe-et-Moselle) ; Alain Lassus (Nièvre) ; Jean-Claude Leroy (Pas-de-Calais) ; Hermeline Malherbe (Pyrénées- Orientales) ; Christophe Ramond (Tarn) ; Jean-Claude Leblois (Haute-Vienne) ; Stéphane Troussel (Seine-Saint-Denis) ; Josette Borel-Lincertin (Guadeloupe) ; 
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