Dans les Deux-Sèvres, le rugby est une thérapie

Le club de Thouars propose tous les jeudis une séance de sport santé à des patients souffrant de maladies chroniques. Du rugby sans contact et médicalement encadré pour reprendre goût à l'exercice physique.
Le rugby, c'est bon pour la santé, surtout si, en plus, on rigole sur le terrain.
Le rugby, c'est bon pour la santé, surtout si, en plus, on rigole sur le terrain. © L.Gautier - France Télevisions

A 66 ans, après un quadruple pontage coronarien, Joël n'a visiblement aucune intention de débuter une nouvelle carrière en Top 14. Mais, suivant les conseils de son médecin traitant, il n'a pas hésité à venir s'inscrire à  l'UST, le club de rugby de Thouars. Après une opération d'une telle lourdeur, l'activité physique est plus que recommandée mais elle doit bien sûr être adaptée à la pathologie. 

Le docteur Charasson installe un capteur sur le bras de Joël. pour surveiller son activité cardiaque.
Le docteur Charasson installe un capteur sur le bras de Joël. pour surveiller son activité cardiaque. © L.Gautier - France Télévisions

En début de séance, le docteur Simon Charasson, un ancien du club, installe une dizaine de bracelets de cardio-fréquencemètres géolocalisés aux participants les plus à risque comme Joël. Sur le bord de touche, une assistante surveille sur une tablette informatique l'activité cardiaque des joueurs. Un dispositif qui rassure évidemment mais qui permet surtout d'évaluer les bénéfices de ces entraînements pour la santé.

Sur la tablette informatique, on contrôle en temps réel l'activité cardiaque des joueurs.
Sur la tablette informatique, on contrôle en temps réel l'activité cardiaque des joueurs. © L. Gautier - France Télévisions

"Je marche déjà quand même toutes les semaines, je fais du vélo d’appartement et le jeudi, je viens là", explique Joël, "ici, on n’est pas poussé et on est suivi par un médecin. Avec ce capteur, je peux voir comment ça évolue. Quatre pontages, on ne récupère pas comme ça. C’est pour ça qu’au début il faut y aller mollo !". "Je suis là pour essayer de bouger un peu vu mes problèmes de santé", nous dit également Corinne, "ça fait du bien, j’essaye de faire ce que je peux. On a un médecin avec nous donc c’est super. Je lui ai expliqué mes problèmes et ça met en confiance".

Pour le docteur Charasson, lui aussi rugbyman amateur, cela semblait une évidence que, finalement, les fondamentaux du rugby, l'entraide, la solidarité et la convivialité, ne pouvaient que répondre aux exigences du sport santé. "Pour les cancers, ça diminue de 40 % les risques de récidives, pour les chimiothérapies, cela permet de mieux supporter les traitements, idem pour les pathologies cardiaques", explique le praticien qui se fie aux statistiques de l'OMS, "il y a vraiment un bienfait qui a été prouvé scientifiquement. C’est vrai qu’au début rugby et activité sport santé, ce n’est pas quelque chose qu’on associe forcément, mais en fait ça s’y prête très bien parce que, sans contact, il y a cette coordination entre les muscles du haut et du bas qui permet de faire une activité physique adaptée".

Thomas Motard (à droite sur la photo) a suivi une formation spéciale pour encadrer ces séances de sport adapté.
Thomas Motard (à droite sur la photo) a suivi une formation spéciale pour encadrer ces séances de sport adapté. © L. Gautier - France Télévisions

L'activité a été lancée en juin au sein de l'UST et, déjà, une vingtaine de personnes a répondu à l'appel. Thomas Motard, éducateur du club, a suivi au préalable une formation spéciale et obtenu un brevet fédéral de rugby à 5. L'ambiance se veut bon enfant, ça chahute et ça rigole. "Ce sont des exercices que je peux faire aussi avec les enfants, mais là j’adapte la vitesse et l'intensité pour ce public-là" nous dit Thomas, ".il faut éviter les contacts, faire des pauses régulières de cinq minutes après quinze minutes d’activité". Mollo comme dit Joël.

Le plaisir de jouer, le plus essentiel des fondamentaux du rugby.
Le plaisir de jouer, le plus essentiel des fondamentaux du rugby. © L. Gautier - France Télévisions

Le prix de la licence de rugby santé est de 20 euros à l'année. En parallèle, un interne de médecine générale réalise, grâce à cette expérience, une thèse basée sur la mesure d'intensité de cette activité particulière. Des actions sont également prévues avec le lycée de Thouars pour promouvoir auprès des jeunes le sport santé et les métiers du sport. Selon une étude de l'Agence Régionale de Santé, on comptait en 2020 dans le Thouarsais près de 2 500 personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires, 1 500 patients souffrant du cancer et autant du diabète. Dans les Deux-Sèvres, désormais, la meilleure thérapie, c'est l'Ovalie. 

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