À Secondigny durement touchée par le covid-19 : "Tous les jours, on a la visite des pompes funèbres"

La surmortalité liée à l'épidémie de coronavirus n'est pas sans conséquence sur l'activité des professionnels des obsèques. À Secondigny (Deux-Sèvres), vingt personnes sont décédées depuis le début de l'année. 

Dans cette entreprise funéraire de Secondigny (Deux-Sèvres), l'activité a été multipliée par quatre.
Dans cette entreprise funéraire de Secondigny (Deux-Sèvres), l'activité a été multipliée par quatre. © Alain Darrigrand, France Télévisions

"Depuis quinze ans qu'on est installé, c'est la première fois que je vois ça." Dans l'entreprise de pompes funèbres que gèrent Laetitia Berson et son mari à Secondigny (Deux-Sèvres), les familles se succèdent et le téléphone ne cesse de sonner ces derniers temps. Samedi et dimanche compris, "le matin extrêmement tôt et le soir très tard".  "Plus de la moitié des familles que l'on reçoit, c'est pour des covid" explique t-elle, l'activité de l'entreprise a été multipliée par quatre. 

Dans cette commune, située dans le nord du département, l'épidémie de coronavirus fait des ravages. L'an passé, trente-deux décès avaient été enregistrés mais le bilan s'annonce bien plus lourd cette année :  vingt-et-un morts déjà depuis le 1er janvier. "Cela fait beaucoup" se désole le maire Jany Péronnet. 

Très durement touché par l'épidemie, l'EHPAD avait du demander des renforts en personnel au début du mois de janvier, résidents et soignants étant contaminés. Même si "la situation commence à se stabiliser, heureusemement" se félicite le maire,  "tous les jours, on a la visite des pompes funèbres."

Avec à chaque fois pour les familles endeuillées, le chagrin supplémentaire de ne pas pouvoir voir leur défunt. Alors, dernièrement des assouplissements ont été mis en place. "Quand on sent qu'un résident de l'Ehpad est en fin de vie, on prévient la famille pour lui proposer de venir le voir. On propose aussi de faire une photo quand les familles n'ont pas le temps de se déplacer" explique Jany Péronnet.

Cette surmortalité touche tout le département. A Niort par exemple, dans l'unique crématorium des Deux-Sèvres, le nombre de crémations a augmenté de 20%, mais la communauté d'agglomération assure qu'il n'y a pas de saturation. Selon Michel Pailley, l'adjoint au maire de Niort, le délai d'attente est "dans la moyenne" : deux à trois jours pour une crémation simple, jusqu'à 6 à 7 jours si une cérémonie est organisée. 

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