Le procès de Michèle Boos s'est ouvert à Niort, en l'absence de l'ancienne dirigeante de Mia Electric

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Écrit par Sophie Goux
Michèle Boos ne s'est pas présentée à l'audience ce jeudi matin
Michèle Boos ne s'est pas présentée à l'audience ce jeudi matin © AFP ImageForum

Le procès de Michèle Boos, l'ancienne dirigeante de Mia Electric à Cerizay dans les Deux-Sèvres s'est ouvert devant le tribunal judiciaire de Niort. La prévenue n'était pas à l'audience ce jeudi matin, son avocat évoque des raisons de santé.

Michèle Boos ne s'est pas présentée devant le tribunal judiciaire de Niort ce jeudi matin. Son procès pour escroquerie et banqueroute notamment se déroulera sans elle. L'ancienne dirigeante de Mia Electric à Cerizay serait retenue à son domicile pour des raisons de santé, selon son avocat. Deux autres personnes comparaissent aussi dans cette affaire, dont Barak Shafi, l'ancien actionnaire de Mia Génération en Vendée. L'absence de Michèle Boos n'empêche pas la tenue du procès, mais l'avocat des créanciers la regrette:

Michèle Boos est en première ligne, on déplore son absence, on avait beaucoup de question à lui poser, malheureusement, elle a préféré ne pas venir.

Nicolas Chan, avocat du liquidateur judiciaire

Selon Nicolas Chan qui représente le liquidateur judiciaire et donc les quelque 325 créanciers dans ce dossier, le préjudice total s'lève à 45 millions d'euros.

Le tribunal veut savoir dans quelles conditions l'entreprise a fini par être mise en liquidation judiciaire et pourquoi Michèle Boos a ensuite cherché à récupérer les actifs pour les transférer dans une nouvelle entreprise en Vendée. Des faits que son avocat, Thierry Herzog conteste et il compte bien que le procureur apporte des preuves dans cette affaire.

Michèle Boos a toujours nié au cours de l'instruction avoir commis la moindre malversation. Elle dit en réalité, et c'est ce que nous plaiderons qu'elle a le sentiment que lorsqu'elle a repris cette affaire, les dés étaient pipés et qu'on a été heureux de la trouver. 

Thierry Herzog, avocat de Michèle Boos

Michèle Boss risque dans ce procès une peine de cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende. Le jugement a été mis en délibéré, il sera rendu ultérieurement.

Mia Electric, un naufrage qui pose des questions

Mia Electric était née en 2010 à Cerizay sur les ruines de l'ancienne entreprise Heuliez. Soutenue pas la région Poitou-Charentes, dirigée à l'époque par Ségolène Royal, Mia Electric s'est vite retrouvée en difficulté. Trois ans après sa création elle est rachetée par un groupe allemand dirigée par Michèle Boos, une industrielle franco-coréenne. Mais là aussi, les difficultés arrivent très vite, les investissements promis ne sont jamais versés, la gestion apparaît calamiteuse, Mia Electric est finalement placée en liquidation judiciaire, laissant 210 salariés sans emploi.

En septembre 2014, une vaste vente aux enchères des actifs se tient dans les anciens locaux. C'est un homme d'affaire franco-iranien Barak Shafi, qui achète la quasi totalité des lots. Il est l' actionnaire de Mia génération, une nouvelle entreprise installée en Vendée et dont la présidente n'est autre que Michèle Boos. La machine judiciaire se met alors en marche, la vente aux enchères est annulée et Michèle Boss est placée en garde à vue à Poitiers. À la fin de la garde vue, elle est mise en examen pour escroqueries, abus de biens sociaux et banqueroute.

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