Mia Electric. Dix ans après la liquidation judiciaire, les toutes dernières voitures électriques vendues aux enchères

Mercredi 21 février, à Parthenay, les tout derniers modèles de Mia Electric ont été vendus aux enchères. La plupart de ces voitures électriques ne roulent pas et devront être remis en état, mais c'est surtout un patrimoine symbolique des Deux-Sèvres qui a trouvé acquéreurs au cours de cette vente.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Face au commissaire-priseur, une centaine de potentiels acheteurs a tenté de remporter l'une des 25 voitures de la marque Mia Electric ce mercredi 21 février, à Parthenay. Trois d'entre elles étaient vendues par des particuliers, les autres provenaient de la liquidation judiciaire. En plus ou moins bon état, basiques ou plus luxueuses, comportant deux à quatre places, elles ont été adjugées à des prix allant de 1 000 à 4 000 euros.

Candice Finez, coiffeuse à domicile, est venue tenter sa chance : elle cherche une voiture pour son travail, et après plusieurs tentatives, elle remporte une vente. "C'est celle que je voulais", se réjouit-elle."Elle est originale, je l'aimais bien ! Donc on verra si elle marche maintenant !"

Des achats pour le symbole... ou les pièces détachées

Les acheteurs disposaient des détails concernant l'état des véhicules, mais certains ont été vendus sans carte grise ni certificat de conformité, et la quasi-totalité d'entre eux n'a pas été rechargée depuis 2017. Le commissaire-priseur s'est d'ailleurs fendu d'un avertissement en préambule : "Je vous précise, toutes les Mia qu'on va vendre aujourd'hui sont à remettre en route intégralement", a-t-il signalé, ajoutant qu'il est quand même possible de les confier à des mécaniciens pour les faire rouler de nouveau. "Vous ne partez pas avec sur la route, sauf en la poussant !"

Julien, garagiste, est venu contrôler l'état des voitures, et surtout de leur batterie. "J'y mettrais moins de 1 000 euros", souffle-t-il en inspectant l'une d'entre elles. "Toutes les caisses sont abîmées, elles sont toutes cassées dans tous les sens, fissurées, elles ont pris l'eau de partout." S'il parvient à remporter une enchère, il compte bien passer des heures à retaper lui-même son acquisition : "Il va falloir tout reprendre, les collages, redécoller tous les carreaux, réparer tous les plastiques, refaire une peinture..."

Un autre potentiel client a pour sa part une idée bien précise en tête, posté devant l'un des modèles : "J'en ai un comme ça, et je cherche des pièces détachées au cas où il tombe en panne."

Il reste une dernière catégorie d'acheteurs. Plus sentimentaux, c'est le symbole qui les attire, comme ce propriétaire d'une Mia 1 : "Quand je pense Mia, je pense Cerizay, Heuliez, c'était un des pionniers de l'automobile, et on ne peut pas oublier Cerizay", soupire-t-il. "Cerizay dans les Deux-Sèvres, c'était connu dans l'Europe entière, c'est dommage."

Mia Electric : une histoire chaotique

Née en 2010 et  implantée à Cerizay dans les Deux-Sèvres, Mia Electric produit à l'époque des voitures citadines électriques, sous l'impulsion de Ségolène Royal, fraîchement réélue présidente du Poitou-Charentes. L'ancienne région prend alors la décision, inédite en France, de devenir actionnaire de l'entreprise.

Cependant, le marché de la voiture électrique ne décolle pas, et les problèmes financiers apparaissent rapidement, malgré la création d'une société d'économie mixte qui injecte, en pure perte, un million d'euros.

En 2013, Michelle Boos, présidente de Focus Asia, devient actionnaire majoritaire et promet d'investir 36 millions d'euros, mais le personnel de Mia Electric s'aperçoit rapidement que seuls deux millions d'euros ont été apportés.

>> À LIRE AUSSI : Michèle Boos condamnée à trois ans de prison dont deux ans ferme

L'entreprise est placée en liquidation judiciaire en mars 2014, 210 salariés perdent leur travail et 450 créanciers sont pénalisés. Huit ans plus tard, le tribunal correctionnel de Niort condamne Michelle Boos à trois ans de prison, dont deux ans ferme, 150 000 euros d'amende et à l'interdiction de gérer une entreprise. Il lui est reproché d'avoir provoqué la banqueroute de sa société par enrichissement personnel.

Au total, près de 1 500 Mia ont été produites entre 2011 et 2014, et la moitié seulement a été immatriculée.