Rêve d’enfant ou passion pour le patrimoine, rénover des châteaux tombés dans l’oubli suscite encore aujourd’hui un certain engouement. Le projet d’une vie pour certains, la vie de château n’est pas si simple. Dans les Deux-Sèvres, plusieurs projets sont en cours de réalisation.
Les frères Dolin se souviennent de leurs jeux d’enfants dans le château de la Touche à Argentonnay dans les Deux-Sèvres.
Il fallait trouver des trésors, des reliques, une épée de chavaliers,… C’était toujours rattaché à une histoire, un mythe. On y croyait à mille pour cent, on était à fond.
Pierre DolinCo-propriétaire du château de la Touche
Il y a un an, Pierre, Vincent et Jean Dolin ont racheté ce château du XVe siècle. Ils se sont lancés un pari fou : restaurer cette ruine tombée dans l’oubli pour un jour y habiter. Les trois frères ont bien conscience que c’est le projet de toute une vie qui se fera sur fond de sacrifices. Le monument qui a coûté 85 000 euros ne bénéficie d’aucune aide puisqu'il n’est pas classé aux monuments historiques.
Les frères ont entamé les travaux à la force de leurs poignets
Se lancer dans la rénovation de ces colosses du passé coûte cher et impose ses règles. Il y a vingt ans, Philippe et Michel Durand ont eu le coup de foudre pour un château médiéval. Ancienne propriété de la famille Richelieu, le château de Glénay est classé aux monuments historiques. Cette fois, c’est différent, il y a des règles à respecter pour préserver l'histoire des lieux.
Le chantier est suivi par un architecte des bâtiments de France et les travaux sont confiés à des entreprises spécialisées.
Le coût de la rénovation est estimé à 1 million 800 000 euros. La moitié est financée par le ministère de la culture et le reste est à la charge des propriétaires.
La fin du chantier est prévue dans dix ans.
Près de Parthenay, Philippa et Nicholas Freeland ont mis 34 ans à redonner son âme au château de Tennessus. Les heureux propriétaires de la forteresse médiévale ont aujourd'hui la vie dont ils ont toujours rêvée mais ce n'est pas forcément une vie de château !
On a une vie simple, naturelle, authentique. Tous les jours, je passe deux, trois heures à travailler dans le jardin, dans la maison pour être sûre que tout est en bon état.
Philippa FreelandPropriétaire du château de Tennessus
Avec 2500€ de charges mensuelles, son mari estime non sans humour qu'"être proprétaire d'un château n'est pas un signe d'être riche, mais une cause d'être pauvre."
Et si malgré tout, la vie de château vous tente, vous pouvez tenter l’achat groupé. Moyennant 59 euros la part, 8 000 personnes sont co-propriétaires du château fort de l'Ebaupinay. Une manière aussi de préserver le patrimoine.