750 euros : à Bergerac la crotte de chien coûte aussi cher que le kilo de truffe. Un record national

Publié le

À 750 euros la déjection, les propriétaires vont surveiller avec angoisse les incontinences de leur "cher" toutou.

Depuis Cyrano, Bergerac c'est le verbal superlatif. Désormais, ce sera aussi le procès-verbal superlatif.

Lassé des incivilités incessantes de ses administrés cynophiles, le maire Jonathan Prioleaud sort l'artillerie lourde. 135 €uro la crotte abandonnée sur la voie publique, c'est le tarif réglementaire habituel pour une crotte standard.

Mais en cas de circonstance aggravante (on imagine le pire) ou de récidive impliquant un chien incontinent équipé d'un maître irrespectueux, on passera cet été à une amende de 4ème catégorie qui peut, elle, atteindre 750 euros. Le prix d'un demi-chihuahua en animalerie ou d'un kilo de champignons 2ème catégorie au marché au truffes local.

Un record national qui place directement l'excrément canin dans la catégorie produits de luxe. De quoi s'assurer de la constipation de Médor avant d'arriver en terrain neutre et, des fois que, de s'équiper pour le trajet.

La ville précise d'ailleurs que, contrairement aux grandes surfaces, elle met à disposition des sacs plastique gratuits à cet effet. Et puisque les sacs sont gratuits, les propriétaires sont tenus d'en avoir au moins deux en poche, vides ou pleins, à produire en cas de contrôle. Sinon, ils devront mettre la main à la poche, et ce sera 38 €uros de mieux. Ce n'est pas une nouveauté, le prix de la matière première augmente.

À raison de 12 kg de crottes collectées quotidiennement sur les trottoirs de Bergerac, on imagine déjà la rentrée d'argent potentielle. Et on se prend à rêver en pensant aux 6 000 tonnes annuelles ramassées sur les trottoirs parisiens. Une mine d'or.

durée de la vidéo : 01min 18
Éric, ramasseur professionnel depuis 12 ans, évoque son quotidien ©France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette & Camille Michelland

En attendant, la richesse de la ville, c'est toujours et avant tout le tourisme, pour ne pas dire le tout-tourisme. Et le premier magistrat tient à offrir une chaussée immaculée à ses visiteurs qu'il préfèrerait voir faire du lèche-vitrine plutôt que du décrotte-semelle.