À Bergerac, on fabrique une gourde bio-sourcée en matière végétale entièrement locale

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C'est l'accessoire indispensable pour les amateurs de randonnée soucieux de préserver la planète. Entièrement végétale et compostable, cette gourde écolo bio-sourcée en amidon de bois et maïs séduira les allergiques au plastique

Habituée à fabriquer des pièces en plastique injecté depuis 60 ans, la petite PME bergeracoise Taulou, 32 personnes, a vu arriver les granulés végétaux avec un peu de méfiance. C'est que travailler de l'amidon de maïs et des fibres de bois quand on est habitué au pétrochimique, au début, ça déconcerte.

En fait on avait quelques à-priori par rapport au fait que c'était une matière végétale. Et en définitive, c'est une matière qui se transforme hyper-bien ! Donc on a pu régler notre outillage sans difficulté. [...] C'est très troublant parce qu'on est habitués à travailler avec des matières à origine pétrole, et effectivement, savoir que ça vient de l'amidon, c'est assez perturbant...

Sébastien Mazet, Technicien Plasturgiste

C'est pourtant un produit d'avenir qui sort depuis cette année de ses chaînes de production. La première gourde biosourcée entièrement conçue, fabriquée et assemblée en France. Une gourde en biopolymères et fibres de bois avec lanière et joints en élastomère biosourcé, sans Bisphénol A ni Phtalates, pour boire plus bio que jamais. Un marché de niche encore un peu timide, mais promis à un avenir radieux dans lequel s'engouffre depuis peu la concurrence internationale.

Virage amidonné

Pour l'entreprise, se lancer dans la fabrication de produits biosourcés après six décennies de production plastique, c'est entamer un virage écoresponsable et durable à 90°. Un virage entamé avec quelques essais timides il y a trois ans, lorsque ces nouvelles matières ont débarquées sur le marché, qu'elles proviennent du maïs, du tapioca ou encore de la canne à sucre. C'est la jeune entreprise toulousaine Green Gen qui a passé commande de ces gourdes d'un nouveau type à la PME Périgourdine. 20 000 gourdes sont déjà sorties de l'usine de Bergerac.

Acides poly-lactiques et monomères de base

Pour réussir à produire ce plastique végétal, il faut un peu de bois, et un peu de chimie. Grâce à un acide lactique, du type de celui que produisent des muscles en plein effort (mais produit dans ce cas par des enzymes gloutons sur du sucre ou de l'amidon), on obtient une polymérisation. Une réaction chimique qui permet à des molécules de s'agglomérer pour former des monomères et des pré-polymères, et, au final des polymères aux propriétés proches de celles du plastique.

Après des années de recherche et développement et la mise au point d'un outillage spécifique, on obtient ce type de gourde de 500 ml, entièrement personnalisable, démontable, assemblé par l'ESAT de Bergerac et made in France. Mieux, made in Périgord. Une gourde compostable, qui plus est, qui pourra donc venir engraisser votre jardin après des années d'utilisation. Revers de la médaille, il faudra être prudent pour l'exposition au soleil, et éviter d'y déverser des liquides brûlants.

Un futur fantastique sans plastique

Cette gourde du futur est une très bonne carte de visite pour l'entreprise Taulou qui reconnaît avoir été approchée par d'autres clients intéressés par cette technologie bio. La demande ? Utiliser le biosourcé recyclable pour concevoir des objets jusqu'alors fabriqués en plastique.

Si vous souhaitez vous procurer cette nouvelle gourde, vous pouvez le faire à Bergerac en appelant le 06.80.30.94.95, ou bien sur le site www.mongobeletenlin.fr, il vous en coûtera un peu moins de 30 €uros. Plus cher qu'une gourde plastique fabriquée en Chine avec du pétrole d'Arabie Saoudite, bien sûr, mais bien meilleure pour votre santé, celle de la planète, et de l'économie locale.