Centres équestres et clubs hippiques ne trouvent plus de chevaux pour remplir leurs écuries

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En Dordogne comme ailleurs, les éleveurs d'équidés se font de plus en plus rares, et de nombreux centres équestres peinent à trouver des chevaux à des prix abordables

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Après l'approvisionnement pour l'automobile, la pénurie menacerait-elle le monde équestre ? En tout cas, en Dordogne où les centres hippiques sont nombreux, la tendance semble se confirmer. Depuis quelques années, on peine de plus en plus à trouver des chevaux à des prix raisonnables que ce soit dans les environs, dans le reste de la France, voire même ailleurs en Europe. Ces quadrupèdes se trouvent encore, mais les prix s'envolent.

Population vieillissante

En 2018, on comptait en moyenne un âne, poney, ou cheval pour 57 français. 140 000 propriétaires entretiennent environ 1,2 million d'équidés mais le chiffre est régulièrement en baisse depuis quelques années. Si le cheptel équin est encore jeune, le nombre de chevaux âgés de plus de 20 ans est en hausse. Ces équidés sont majoritairement destinés au loisir (68%), puis aux courses ou à l'élevage (25%), une petite partie étant réservée à l'agrément ou destinée aux travaux agricoles. Quant à la filière viande, elle tend à disparaître, tant du côté consommation que production (80% de la viande chevaline encore consommée en France est importée).

Les prix s'envolent au galop

Globalement, le cheptel français diminue. Sur le terrain, le marché fonctionne encore entre professionnels, mais il est de plus en plus tendu pour les centres équestres à la recherche d'animaux adultes dressés et "prêts à l'emploi" pour le grand public et à des prix raisonnables. Le marché se réduit, la pénurie menace, l'offre augmente et rend la situation délicate pour les clubs hippiques.

En ce moment c'est vraiment très compliqué de trouver des poneys à des prix raisonnables pour les clubs ! Tout le monde cherche, tout le monde cherche des chevaux de club, tout le monde cherche des poneys de club, ça cherche de partout !

Solène Deroeck, Club Hippique Poney-Club de Bergerac

François Brachet, éleveur, importateur et marchand de chevaux à St Maime-de-Péreyrol le confirme. Ses chevaux de selle argentins, qu'il vendait 3 000 €uros, ont vu leur prix doubler, voire tripler en quelques années seulement. Une tendance générale en Europe, et particulièrement marquée en France.

Moins d'étalons, moins d'éleveurs, moins de chevaux

Pour la France, l'explication tient à deux facteurs concomitants : la disparition progressive des éleveurs, et la fermeture des haras nationaux. Cette spécificité française, l'une des plus anciennes institutions françaises, a été définitivement sacrifiée en 2014. Elle avait été créée par Colbert en 1665 pour améliorer et maintenir en France des élevages équins de qualité mais aussi pour ne plus dépendre des achats de chevaux à l'étranger.

On achève bien les chevaux... nationaux

Subventionnée par le PMU, l'institution permettait d'entretenir des chevaux de grande qualité et de rendre la saillie de leurs étalons abordables pour la reproduction, auprès des éleveurs français. Comme d'autres institutions publiques, au début des années 80 les haras nationaux ont commencé à faire les frais des lobbies d'intérêts privés et du délitement du service public. Fusions, changement de statuts et coupes budgétaires les ont finalement fait disparaître définitivement, il y a 8 ans, entraînant en partie la pénurie actuelle.

Les "petits éleveurs" découragés par la réglementation

Autre ravage récent, selon François Brachet, la réglementation française toujours plus stricte pour la détention et l'élevage des chevaux. Les contraintes réglementaires de puçage et d'identification des chevaux rendent désormais plus contraignante et coûteuse la démarche. Si cela ne pose aucun problème aux gros élevages standardisés, les particuliers ou les petits éleveurs occasionnels qui exerçaient cette activité en parallèle de leur métier se découragent.