Chiens protecteurs de troupeau : une formation en Dordogne pour éduquer les maîtres

Publié le Mis à jour le
Écrit par Pascal Faiseaux .

Le loup fait son retour en France, et logiquement le chien de protection des troupeaux lui emboîte le pas. Mais attention, ces gardiens ne sont pas des animaux de compagnie. Puissants et potentiellement dangereux, leur détention impose des règles

La fourrure blanche, le regard philosophe et tendre, le Patou ou Montagne des Pyrénées ressemble à un gros nounours. Tant qu'on ne le perturbe pas, parce que là, il tiendrait plutôt de l'ours polaire. 50 kg, 80 cm de haut, et d'énormes crocs dans une mâchoire à 150 kg de pression, le Patou en colère est très dissuasif.

Origines moyenâgeuses

Si la race "Patou" n'a été officiellement reconnue qu'en 1923, ses origines remontent au moins au Moyen-Âge et le berceau de sa race se situe dans les Pyrénées centrales. Chien de montagne à l'imposante carrure, il aurait servi dans la chasse à l'ours jusqu'au XIXème siècle et, jusqu'à ce jour, il continue d'être utilisé pour la protection des troupeaux dans les Alpes ou les Pyrénées, notamment contre les loups et les chiens errants contre lesquels sa carrure lui permet de "faire le poids".

Une barrière contre le loup et l'ours

La réintroduction de l'ours et du loup sur le territoire explique que les éleveurs d'ovin s'intéressent à nouveau à cet excellent gardien. Encore faut-il posséder quelques bases pour détenir un animal de cette nature. Car même d'un naturel placide et pas spontanément agressif, le Berger des Pyrénées possède une puissance qui peut en faire un animal dangereux dans certaines circonstances.

Gare au Patou !

Les fait-divers foisonnent de cas de morsures de randonneurs et de promeneurs par des Patous. Dans les zones où il est utilisé, il est impératif de connaître les règles à respecter pour ne pas s'exposer. La première étant de se tenir éloigné de lui et des troupeaux qu'il garde, car le Patou fait respecter une zone de sécurité autour du troupeau. La violer, c'est déclencher le réflexe de protection pour lequel il est dressé.

Si par mégarde vous tombez quand même nez-à-truffe, le mieux est de rester calme, et de s'éloigner prudemment de la zone, sans même tenter de sympathiser. Plus de conseils ici.

Respecter les conditions de détention

Pour apprendre les contraintes liées à la détention d'un patou, la Chambre d'Agriculture de Dordogne a créé un stage pour les éleveurs intéressés. Pendant deux jours, les stagiaires apprennent à introduire un chien dans un troupeau, et à respecter les codes avec cet animal qui n'est ni un chien de conduite de troupeau (de type Border Collie) ni un chien de compagnie, et encore moins un chien d'attaque. Des règles très strictes doivent être suivies pour élever, éduquer et introduire ces chiens dans les troupeaux.

En attendant le loup

Les ours n'ont pas encore atteint la Dordogne, mais la présence pérenne de loups pourrait se confirmer prochainement. Dans ce cas, le gouvernement pourrait allouer des aides aux éleveurs pour entretenir des chiens de protection.

En attendant, le Patou est également très efficace contre les renards ou les blaireaux qui perturbent les troupeaux et tentent de s'attaquer parfois aux animaux les plus faibles.

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