Départementales en Dordogne : quelle opposition face à une gauche largement reconduite ?

Hormis les enseignements de l'abstention, les élections départementales n'ont pas bouleversé le paysage politique de la Dordogne, plus que jamais ancrée à gauche. Le changement est plus à chercher dans les nuances qui ont fait bouger les lignes de force

L'opposition gagne deux cantons d'importance. Il y a donc quatre nouveaux conseillers départementaux d'opposition dans 2 cantons qui basculent, et non des moindres : si le fait n'est pas de nature à remettre en question la majorité pour ce nouveau mandat, il est tout de même à souligner. Les cantons de Thiviers et Coulounieix-Chamiers auront désormais des conseillers de Droite pour les représenter au Conseil Départemental. Sur le papier, outre leurs soutiens du premier tour, ils ont bénéficié de tous les votes de contestation, y compris RN.

À Thiviers, la participation, meilleure au second tour qu'au premier, a fait perdre le canton au Parti Socialiste jusqu'alors représenté par Michel Karp et Colette Langlade. 1431 électeurs supplémentaires ont fait le déplacement. Mais il semble que l'on se soit remobilisé à l'identique des deux côtés, car comme au premier tour, les Thibériens ont préféré la liste DVD de Stéphane Fayol et Isabelle Hyvoz (maire de Thiviers), à celle Socialiste de Françoise Decarpentrie et Michel Karp. Une différence de près de 10% qui, d'une manière simpliste, pourrait s'interpréter de la manière suivante : la liste de gauche a récupéré les 14,14% de voix de la liste Union de la Gauche Écologistes, et celle de droite a bénéficié d'une bonne partie des 13,22% des voix du RN.

À Coulounieix-Chamiers, c'est la liste Renouveau Dordogne de Thierry Cipierre et Marie-Laure Faure qui fait basculer le canton à droite en distançant l'équipe Socialiste de plus de 8%. Là aussi la participation a été supérieure, mais de très peu, 239 votants supplémentaires. Et là aussi, si toute la gauche s'est reportée sur la liste socialiste au second tour, cela signifie également que le millier de votes du RN au premier tour se sont reportés sur la liste d'Union de la Droite.

8 cantons (16 conseillers sur 50) hors de la majorité Départementale

Au final, 8 cantons et leur 16 conseillers ne sont pas ralliés à la majorité, sans pour autant être ralliés à la même bannière

L'union Renouveau Dordogne-Centre s'implante dans 3 cantons

La liste qui souhaitait fédérer les force d'oppositions sous une bannière unie en Dordogne semble avoir partiellement réussi son pari. Présente dans 10 cantons au premier tour, elle avait déjà réussi à se maintenir dans 8 d'entre eux et a finalement concrétisé dans 3, prouvant qu'il fallait désormais compter sur elle. Outre Coulounieix-Chamiers, Renouveau Dordogne-Centre s'est imposé au Pays de Montaigne et Gurson où Christel Defoulny et Éric Fretillère ont obtenu près de 60% des voix et en Périgord central, où claudine Faure et Alain Ollivier ont obtenu 52,83 % des voix. Reste à savoir jusqu'où ce mouvement pourrait fédérer l'opposition dans le département pour les années à venir.

S'unir pour exister ?

Avec une si faible représentation, il est clair que l'opposition de droite aura du mal à imposer ses choix au Département. Il faudra surtout oublier ses divergences et montrer un front uni pour pouvoir peser un peu dans le débat.

Parallèlement, elle ne pourra pas compter sur une division interne de la majorité départementale pour se poser en arbitre. L'étiquette PS est plus que jamais présente dans la nouvelle chambre départementale avec 25 conseillers départementaux contre 2 élus La France Insoumise et alliés, et 7 Divers Gauche. Pas de grande force PC, EELV ou LFI pour temporiser. Si la majorité de Germinal Peiro ne souffre pas de dissensions internes, elle aura les mains libres pour appliquer sa politique dans le département.

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