Claire, employée dans un EHPAD, chante son désarroi

Claire Huguet a mis en chanson son désarroi de ne plus pouvoir apporter aux personnes âgées l'attention qu'elles méritent... / © France 3 Périgords - Bruno Ardouin & Bertrand Lasseguette
Claire Huguet a mis en chanson son désarroi de ne plus pouvoir apporter aux personnes âgées l'attention qu'elles méritent... / © France 3 Périgords - Bruno Ardouin & Bertrand Lasseguette

Claire, 56 ans. Dont 30 passés au chevet des personnes âgées. Un métier qu'elle aime par dessus tout. Mais dans le centre où elle travaille, en Dordogne, elle ne reconnaît plus son métier. Elle se désole de ne plus accompagner les personnes âgées comme elles le mériteraient. Et le chante...

Par Pascal Faiseaux

Il faut avoir la vocation et même la foi dans son métier pour l'aimer toujours après 30 ans d'exercice. C'est le cas de Claire Huguet, aide soignante dans un EHPAD à Mareuil-sur-Belle, Un établissement qu'elle a rejoint il y a 6 ans, après avoir travaillé à domicile.
Pourtant, accompagner des personnes âgées dans les périodes les plus difficiles de leur vie, au moment où elles deviennent dépendantes et perdues est une tâche ingrate. 

Ecouter la chanson de Claire Huguet, aide dans un EHPAD

Et aujourd'hui Claire pose un regard impuissant et désabusé sur sa fonction, sur ses conditions de travail dégradées au fil des années...
A 56 ans, l'aide médico-psychologique a pris sa guitare et a composé une chanson pour exprimer ce sentiment d'impuissance et de frustration face à ces personnes âgées que nous serons tous un jour.

 

L'EHPAD de Mareuil-sur-Belle se désole de se voir obligé de traiter ses résidents avec rentabilité

"Je voudrais vous raconter mon métier, ce beau métier" raconte cette simple et triste réalité. Celle d'un travail devenu mécanique et déshumanisé pour être plus rentable. Comme si on pouvait réduire l'humain à des chiffres, quantifier les relations humaines en règles comptables, réduire nos aînés à une simple variable dans des équations financières.

Plus de temps pour écouter ses résidents, pour entendre leur détresse, Claire Huguet a le sentiment, avec ses collègues d'être devenu " maltraitants institutionnellement ".

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