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Périgueux : le projet de centre commercial Montaigne suspendu

Voilà à quoi devrait ressembler l'Ilot Montaigne selon les promoteurs du projet. / © DR / France 3 Aquitaine
Voilà à quoi devrait ressembler l'Ilot Montaigne selon les promoteurs du projet. / © DR / France 3 Aquitaine

La municipalité et le promoteur Jean-Michel Pacaud ont annoncé, jeudi soir, suspendre le projet de village commercial sur le parking Montaigne. L'équilibre financier du projet est remis en cause mais rien n'est abandonné. La Ville se donne jusqu'à la fin de l'année pour trancher définitivement.

Par Wilfried Redonnet

Ce jeudi devait signifier les débuts officiels du vaste projet des îlots Montaigne. Un village commercial de 6 300 m² construit sur le  parking Montaigne et composé de trois "îlots" destinés à être occupés par toutes sortes d'enseignes : fast-food, grande chaîne de prêt-à-porter ou commerce de produits de beauté. Mais alors que le maire de Périgueux, Antoine Audi, et le promoteur du projet, Jean-Michel Pacaud, devaient signer hier l'acte de cession du parking Montaigne, la vente n'a finalement pas eu lieu

"J'ai reçu hier un courrier de Jean-Michel Pacaud m'indiquant son incapacité à honorer la promesse de vente. L'équilibre financier global du projet n'est pas avéré", expliquait ce matin le maire Antoine Audi, au traditionnel petit-déjeuner des commerçants.


Mais le projet n'est "ni abandonné, ni enterré", s'empresse de préciser le maire, qui continue de croire en ce projet "structurant et essentiel pour la redynamisation du centre-ville. Il faut prendre le temps de le réussir et de ne pas le brader."

 

Une concurrence de la périphérie


Alors que certains commerçants expliquent la suspension du projet par le trop faible taux de pré-commercialisation (67 % des 22 emplacements), le promoteur renvoie la faute sur les commerçants eux-mêmes, dans un communiqué publié jeudi soir par la Ville : "JMP Expansion explique à la Ville cette incapacité par des critiques locales peu propices à la confiance".
 

De son côté, le maire insiste sur la concurrence des périphéries et la baisse des prix des cellules commerciales : "Les enseignes sont courtisées par la périphérie de Périgueux, ainsi que par d'autres acteurs économiques porteurs de projets commerciaux. Aujourd'hui, ce sont les enseignes qui font les prix de la dalle." Résultat, la location du mètre carré coûterait aujourd'hui 140 euros alors que le promoteur misait sur un prix de 180 euros. C'est ce nouveau prix de rente qui mettrait la rentabilité financière des îlots Montaigne.
 

Baisser les coûts de production pour assurer la poursuite du projet


Une deuxième complication devrait également survenir avec les exigences des Bâtiments de France. L'institution exige un certains nombre de conditions, souvent coûteuses, pour que le projet de quartier Montaigne s'intègre visuellement dans le centre-ville. Le promoteur aimerait donc revoir certaines des contraintes pour abaisser le coût de production du centre commercial, et ainsi retrouver un peu de lest financier.

Une excuse que rejette en bloc l'opposition par l'intermédiaire du conseiller municipal Richard Bourgeois : "Les Bâtiments de France sont intégrés dans ce projet depuis le début. On ne peut pas citer comme contrainte une exigence que nous connaissons depuis le début du projet." Ce conseiller dénonce un manque de préparation et de suivi du projet par le maire et son équipe : "Il n'a pas été suffisamment attentif aux détails. [...] Il a laissé passer la possibilité d'avoir une enseigne nationale importante [H&M, qui s'est finalement installée dans la galerie La Feuilleraie, à Trélissac, ndlr]. Maintenant, c'est trop tard."

 

Le parking Montaigne en friche depuis juin


Si l'opposition se réjouit de cette suspension du projet, une question va se poser à tout les conseillers dès la prochaine réunion municipale. Que faire maintenant que l'équilibre financier du projet est compromis ? Le maire promet de trancher définitivement la question avant le 31 décembre. D'ici là, la Ville et le promoteur veulent faire réestimer le prix de vente de la dalle et espèrent arracher quelques concessions aux architectes des Bâtiments de France.

En attendant, le parking Montaigne et ses 120 places reste inoccupé, au grand dam des commerçants. Danielle Pinon, gérante de Benetton, rue de la République est excédée : "Si vous avez des enseignes qui vous ramènent du monde et qui redynamise le centre-ville, c'est très bien. Sauf qu'ils ne les ont pas. Je pense que cela ne se fera pas et qu'on a le parking Montaigne en friche depuis juin pour rien."

 

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