"Ça change la vie, on n'est plus toute seule." Grâce aux assistants médicaux, les médecins peuvent suivre plus de patients

Les assistants médicaux se révèlent des alliés précieux pour de nombreux médecins. Multitâches, ils soulagent les médecins libéraux, leur permettent de gagner du "temps utile de médecine" et de voir plus de patients.

Lors des examens médicaux, Audrey Nahon reste présente auprès du médecin. Elle prend en note les indications fournies et les reporte dans le dossier médical du patient. C'est également elle qui commencera à rédiger les ordonnances. "Elle a des délégations via l'Assurance Maladie pour pouvoir faire des choses en mon nom", explique le docteur Jessica Laleuf. Audrey peut ainsi rédiger les arrêts de travail prescrits par la médecin.

Dégrossir le travail

Audrey Nahon est assistante médicale du docteur Laleuf, dans la maison de santé pluridisciplinaire de Lanouaille, en Dordogne. Une fonction multitâche, qui consiste à épauler le médecin, notamment dans la préparation du dossier d'un nouveau patient. Antécédents médicaux, présence des bilans de santé, papiers administratifs, traitement en cours, vérification des vaccinations, motifs de la visite, c'est elle qui va "dégrossir" le travail, pour que la praticienne puisse aller rapidement à l'essentiel.

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Depuis 2014, un nouveau métier fait surface dans le monde de la médecine, celui d'Assistant Médical ©France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette & Delphine Roussel

Maillon intermédiaire

"Ça change la vie parce qu'on n'est plus toute seule. J'ai du soutien, j'ai quelqu'un qui est là pour moi !", se réjouit la médecin. En Dordogne, une quarantaine de personnes ont déjà acquis ce statut particulier.  La création du poste d'assistant médical n'est pas à proprement parler une nouveauté. Son contour a été reprécisé le 24 juillet 2019 dans le cadre de la réforme du système de santé pour répondre à la pénurie de praticiens. L'objectif est de former des professionnels qualifiés qui, sans avoir les connaissances et les compétences des médecins qu'ils assistent, ont tout de même les habilitations pour les épauler dans les tâches annexes et leur laissent plus de "temps utile de médecine ".

Fonction encadrée

La fonction est soumise à des règles et formalisée par un contrat établi par l'Assurance Maladie. Elle n'est accessible qu'aux détenteurs du diplôme d’État d'infirmier, d'aide-soignant, d'auxiliaire de puériculture, aux détenteurs du certificat de qualification professionnelle d’assistant médical ou aux personnes ayant exercé pendant trois ans dans l'entreprise et ayant été formées pour cet emploi.
L'objectif est de répondre aux difficultés d’accès à un médecin traitant dans certains territoires. L'allongement des délais de rendez-vous, chez les généralistes comme les spécialistes, compromettent la qualité des soins. La présence d'un assistant médical permet aux médecins de suivre plus de patients en moins de temps.

Rentabilité médicale avant tout

L'Assurance Maladie n'autorise le recrutement que si le médecin s'engage à augmenter sa patientèle habituelle. La priorité est donnée aux spécialités "en tension" selon les bassins de population. Les médecins qui ont une patientèle réduite ne peuvent pas engager d'assistant. La formule semble fonctionner. 
À Lanouaille, la présence d'Audrey a permis au docteur Laleuf d'augmenter sa patientèle d'un tiers. "Ça se fait tout à fait naturellement", se félicite Delphine Camblane, directrice de la CPAM de Dordogne. 

Les médecins qui ont signé avec l'Assurance Maladie prennent en charge en moyenne 10 à 20% de patients en plus.

Delphine Camblane

Diirectrice de la CPAM de Dordogne

Pas partout, pas pour tous

Créer un poste d'assistant n'est possible que pour les généralistes ou spécialistes exerçant en libéral, à l'exclusion des radiologues, radiothérapeutes, stomatologues, anesthésistes, anatomopathologistes, médecins nucléaires et aux chirurgiens sous certaines conditions. C'est aussi possible pour les médecins ayant une tarification contrôlée par les Caisses d'Assurance Maladie, ceux qui exercent au sein de maisons de santé ou d'équipes pluridisciplinaires. Enfin, des dérogations peuvent être accordées aux nouveaux installés, ou à ceux qui exercent en soins coordonnés dans plusieurs lieux. 

Super-secrétaires, super-infirmières et super-gestionnaires

Selon les cas, l'assistant médical peut avoir une fonction plus orientée médicale, d'infirmerie ou de secrétariat. Il peut tout aussi bien gérer la prise en charge administrative du patient, le préparer à l'examen du médecin, effectuer des actes infirmiers courants, viser la mise à jour de son dossier médical ou organiser et coordonner les soins avec d'autres professionnels. Pour autant, l'assistant ne peut pas travailler seul sans supervision du médecin, et ne doit effectuer que des tâches que le médecin estime être de sa compétence.

Une aide au recrutement

En retour des engagements du médecin à augmenter sa rentabilité, une aide est versée chaque année pour financer ce poste. Cela peut aller jusqu'à 36 000 euros pour un temps plein la première année, assortis d'une formation en alternance de 380 heures.

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