Papeteries de Condat : on vous explique pourquoi cette semaine est décisive pour les salariés

Six jours après l'annonce de la fermeture de la ligne 4 aux papeteries de Condat, cette semaine s'annonce cruciale pour les salariés. Une rencontre est prévue jeudi en préfecture entre la direction, les syndicats et les élus, alors que 187 emplois vont être supprimés.

Les salariés des papeterie de Condat sont toujours mobilisés. L'annonce du nouveau plan de sauvegarde (PSE) par Lecta, le groupe auquel ils appartiennent, le 20 juin, a été un véritable "coup dur" pour toute une usine. 187 emplois vont être supprimés, soit près de la moitié des travailleurs du site en Dordogne. Même six jours après l'annonce, la colère est toujours très présente chez les employés.

"Cela fait 37 ans que je suis là. C'est un gâchis humain, industriel. On nous parle de réindustrialisation, d'écologie en France... Nous sommes la dernière entreprise à produire du papier pour les livres dans notre pays, et on nous laisse tomber. Ca va être très dur à vivre", indique très inquiet, Eric Pestourie, élu au comité d'entreprise des papeterie de Condat.

Mardi : réunion entre salariés

Demain, les salariés ont prévu de se réunir à la cantine de l'usine. Certains, avec la mise à l'arrêt de la ligne 4 il y a plusieurs mois, ne sont pas revenus dans l'entreprise depuis le 28 février. Philippe Delord, sécheur sur la ligne 4, craint que ça "n'affecte leur combat".
"Il faut l'union entre nous. On n'a pas vu certaines personnes depuis quatre mois. Vont-ils baisser les bras ? Se révolter ? Demain est une journée très importante", reconnaît Philippe Delord.

Les 420 employés vont-ils faire front commun ? Leur mobilisation peut-elle avoir un réel impact sur l'avenir des emplois et de la ligne 4 ? Les réponses à ces questions pourront être normalement données à l'issue de cette semaine décisive.

Mercredi : 1er volet de mise en place du PSE

Le mercredi 28 juin, le premier volet du plan de sauvegarde de l'entreprise doit être mis en place. Il prévoit l'arrêt de la ligne 4, celle de la production du papier couché. Tous les emplois liés à cette ligne sont menacés de disparaître. 

"Ce sont des raisons économiques. Tout est produit moins cher à l'étranger", constate Eric Pestourie.

Pourtant, notre papier, c'est le Goncourt 2022. Ce sont des livres en circuit-court, des éditeurs nous plébiscitent. Et on est en train de nous détruire.

Eric Pestourie, élu au comité d'entreprise des papeterie de Condat

à France 3 Périgords

L'activité doit être réduite. Lecta précise vouloir désormais "concentrer le savoir-faire et les ressources de l'usine de Condat sur la ligne 8, dédiée à la production de papiers spéciaux, glassine et papier couché une face", une production destinée aux étiquettes adhésives.

Jeudi : réunion direction-élus-syndicat

Le lendemain, la direction, les élus de tout bord et les syndicats doivent se réunir en préfecture. Le Parti Communiste Français de Dordogne annonce se mobiliser pour les salariés.

De son côté, présent auprès des syndicats ce lundi devant l'usine, Sébastien Peytavie, député Génération.s, membre du groupe écologiste de la 4ᵉ circonscription de la Dordogne, sera lui aussi de la partie. "Moi, j'ai envie de poser des questions au directeur : comment on passe de 80 jours de commande à seulement 5", se questionne de dernier.

Argent public

De nombreuses questions devraient être posées par les élus, mais aussi par les syndicats. Certains comme Eric Pestourie vont vivre leur quatrième plan de sauvegarde de l'emploi. Pourtant, 33 millions d'euros d'argent public ont été investis dans les papeterie de Condat. "On a du matériel de qualité, le savoir-faire. Quand on voit l'argent public mis depuis des années, là il y a scandale. On est en droit de demander des comptes, le gouvernement doit assumer ses responsabilités", souligne le député.

L'heure des comptes à tous les niveaux dans une semaine décisive. Avec 2.500 emplois induits, l'avenir des papeterie de Condat est primordial pour tout un territoire.

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