Législatives à Sarlat : la députée LREM sortante Jacqueline Dubois maintient sa candidature contre le candidat officiel Jérôme Peyrat

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Une femme en colère : Jacqueline Dubois ne pardonne pas d'avoir été trahie par son parti qui a préféré présenter Jérôme Peyrat pour lui succéder. Elle l'appelle à se retirer et à défaut, se présentera en dissidente, soutenue par des militants locaux

Je fais mienne cette phrase d'Elisabeth Borne : " Rien ne doit freiner la place des femmes dans notre société !". Ce mercredi matin sur les ondes de France Bleu Dordogne, la députée LREM de la 4ème circonscription n'a pas eu de mots assez durs pour exprimer sa déception et le sentiment de trahison qui ne la quitte pas depuis que les instances nationales lui ont préféré Jérôme Peyrat comme candidat officiel à sa succession.

Douce victoire féminine, et amère leçon de realpolitik

Il faut dire que la pilule est amère pour cette novice qui s'était engagée en politique il y a 5 ans afin de répondre à la demande d'Emmanuel Macron, alors en recherche de nouvelles figures féminines pour incarner son parti débutant dans les régions.

En 2017, elle était la seule femme investie par LREM dans le département. Et comme ses trois autres homologues masculins, elle a fait tomber la quatrième circonscription de Dordogne dans l'escarcelle du parti présidentiel.

Victoire glorieuse pour cette débutante. Et échec cuisant pour ses 16 opposants du premier tour parmi lesquels... Jérôme Peyrat ! Alors candidat pour les Républicains, le maire de La Roque-Gageac n'arrivera qu'en troisième position, avec 14 % des voix. La moitié du résultat de Jacqueline Dubois.

Le grand retour de Jérôme Peyrat

Mais les voies de la politique sont tortueuses. 2 ans plus tard, Jérôme Peyrat a lâché Les Républicains pour rejoindre LREM.  Il est même devenu conseiller d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Rien de magique là-dedans, il a déjà été conseiller de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Un homme de poids local et un homme de confiance du Président que les instances nationales de LREM imaginent bien dans la peau d'un député. Exit donc le soldat Dubois qui avait bravement rempli son rôle, pris les dossiers à bras-le-corps avec la flamme des débutants et suivi la feuille de route indiquant le renouvellement, la féminisation et la moralisation de la vie politique.

Une condamnation embarrassante

Sous-jacente, même si Jacqueline Dubois se refuse à enfoncer le clou lorsqu'on lui pose la question, l'embarrassante condamnation à 3000 €uros avec sursis de Jérôme Peyrat pour violences conjugales en 2020. En ces temps de moralisation de la vie publique, de combat contre les violences faites aux femmes et de parité politique, l'affaire est devenue virale. 

Candidature "recevable" malgré tout

Les faits ont été jugés, et sans nier les faits le maire de la Roque-Gageac dit s'en être expliqué. Il estime aujourd'hui que cette condamnation n'empêche pas sa candidature d'être recevable

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Jérôme Peyrat revient sur sa condamnation pour violences conjugales ©France 3 Périgords - Florian Rouliès & Pascal Tinon

Pas un playmobil, ni un godillot, ni un bisounours.

Jacqueline Dubois a beau être une "jeune femme politique", elle a vite appris les vertus du franc-parler et ne compte pas garder son amertume pour elle. Conséquence, elle maintient sa candidature, qu'elle dit soutenue par l'Alliance Centriste, un parti proche de la majorité présidentielle. 

Bien que toujours attachée à LREM, elle revendique haut et fort son indépendance et se refuse à être instrumentalisée. Affirmant qu'elle ne craint pas une exclusion elle poursuis "Je ne suis pas un playmobil, ni un godillot, ni un bisounours. Ma candidature est peut-être dissidente mais elle est légitime". 

Peyrat invité à se retirer

Poussant la logique, elle invite même le candidat Peyrat à se retirer, estimant que sa candidature affaiblit LREM et qu'il commet une triple erreur. Celle de sous-estimer l'impact de sa condamnation, celle d'avoir trahi la confiance, mais aussi (et surtout ?) celle de la sous-estimer. Faute d'une réconciliation, la lutte se règlera devant les urnes, les 12 et 19 juin prochains.

Jacqueline Dubois députée LREM non investie, se représente en dissidente ©Émilie Bersars & Pascal Tinon