Affaire Benzema : le girondin Valbuena, éternel "Petit", éternel débat

Victime d'un chantage à la sex-tape, Mathieu Valbuena vit une nouvelle contrariété dans une carrière démarrée hors des sentiers battus à Saint-Seurin-Libourne en Gironde, au cours de laquelle son physique et sa personnalité ont rarement fait l'unanimité.

Mathieu Valbuena en novembre 2012 à Marseille
Mathieu Valbuena en novembre 2012 à Marseille © BORIS HORVAT / AFP
Karim Benzema, mis en examen pour "complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs", n'a logiquement pas été convoqué en équipe de France, hier jeudi, par Didier Deschamps pour affronter l'Allemagne et l'Angleterre (13 et 17 novembre). 

Valbuena, lui,  subit paradoxalement une double peine, écarté des Bleus pour ce double rendez-vous de prestige à 7 mois de l'Euro-2016 malgré son statut de plaignant. Le traitement réservé au milieu offensif de Lyon âgé de 31 ans, peut paraître injuste mais il n'est qu'un épisode de plus dans son parcours tortueux depuis son entrée dans la jungle du professionnalisme.

Rien n'a jamais été facile pour le "Petit", comme aimait le surnommer l'entraîneur belge Eric Gerets du temps de leur collaboration à Marseille. Sorti de l'anonymat du National et de Libourne-Saint-Seurin pour intégrer l'OM à 22 ans en 2006, Valbuena a toujours dû se battre pour s'imposer face au scepticisme et aux sarcasmes du milieu du football avant de devenir un pilier de l'équipe de France (52 sélections, 8 buts).


- Moqueries -

Sa taille modeste (1,67 m) ne correspond pas vraiment aux mensurations classiques de ses collègues et a souvent été l'objet de moqueries et de railleries, comme sa propension à exagérer les fautes commises sur lui.
"Je pense que mon gabarit m'a desservi à un moment donné", a-t-il ainsi déclaré durant la Coupe du monde en 2014.

Pour le grand public, le milieu offensif de Lyon est le symbole même du courage et de la vaillance, un meneur de jeu au profil atypique devant se battre contre des défenseurs faisant souvent une ou deux têtes de plus que lui. Pour ses pairs, joueurs et entraîneurs, le tableau est beaucoup plus nuancé et Valbuena a lutté pour se faire une place partout où il est passé.

A Marseille, il a rapidement fait taire les doutes par son niveau de jeu, avec notamment deux buts entrés dans la légende à Liverpool (en 2007) et à Dortmund (2011) en Ligue des champions. Mais il a dû tout recommencer à zéro avec l'arrivée à la tête de l'équipe en 2010 de Didier Deschamps, qui ne comptait clairement pas sur lui, avant de se relever pour devenir finalement un maillon essentiel du club et un chouchou du sélectionneur avec qui il partage le même agent, Jean-Pierre Bernès.

Ce qui ne l'a pas empêché de subir un accueil houleux à son retour cette saison au Vélodrome sous le maillot lyonnais avec notamment ce mannequin à son effigie pendu au bout d'une potence. En un an, il est passé du statut de sauveur à celui de traître.

- Malgré Nasri et Fekir -


En équipe de France, il est convoqué pour la première fois en 2008. Il doit toutefois attendre mai 2010 pour connaître sa première cape et surtout la nomination de Deschamps en 2012 pour se transformer en un titulaire indiscutable après avoir été un remplaçant de luxe au Mondial sud-africain et totalement ignoré par Laurent Blanc deux ans plus tard à l'Euro où il n'entre jamais en jeu.
On le croit sans cesse décroché mais Valbuena parvient toujours à redresser la barre, comme lorsque Samir Nasri marche allègrement sur ses plates-bandes en sélection avant de disparaître, ou au Portugal pour le premier match de la saison des Bleus, le 4 septembre.
Ce soir-là, Nabil Fekir est aligné d'entrée à sa place et a l'occasion de marquer des points précieux en vue de l'Euro-2016, voire d'éclipser totalement son nouveau coéquipier à l'OL. Mais la pépite lyonnaise se blesse gravement à un  genou et
c'est encore Valbuena qui devient le héros en entrant en jeu en fin de rencontre et en donnant la victoire aux Français sur un splendide coup franc (1-0).

A Lyon, un a priori a également prévalu lors de sa signature l'été dernier avant qu'il ne mette tout le monde d'accord.
"On ne m'a jamais fait de cadeau, je n'ai jamais rien eu dans la facilité", aime-t-il à répéter. Un beau résumé de sa carrière.
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