Affaire Boulin : “les magistrats décideront” pour Jean-Marc Ayrault

Jean-Marc Ayrault et Christiane Taubira interpellés sur l'Affaire Boulin devant l'ENM de Bordeaux. / © France 3 Aquitaine
Jean-Marc Ayrault et Christiane Taubira interpellés sur l'Affaire Boulin devant l'ENM de Bordeaux. / © France 3 Aquitaine

L'enquête sur la mort de l'ancien ministre et maire de Libourne sera-t-elle rouverte ? Interrogé sur le sujet, le premier ministre n'a pas pris position. Au sein du PS, plusieurs élus y sont pourtant favorables.  

Par Hélène Chauwin

Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de l'ancien ministre n'a jamais cru pas en la thèse officielle du suicide de son père, retrouvé mort dans 50 cm d'eau en 1979.
Alors,  après les nouvelles révélations de Jean Charbonnel, elle adresse à la garde des Sceaux Christiane Taubira une lettre ouverte, publiée dans Sud Ouest, pour obtenir une réouverture de l'enquête.

Plusieurs élus socialistes, Philippe Buisson, Florent Boudié, Bruno Le Roux, Gilles Savary abondent dans son sens. Des demandes restées sans réponse. Vendredi, Le Premier ministre, accompagné de la garde des Sceaux a prononcé un discours devant les élèves de  l'école nationale de la magistrature. L'occasion pour nous de l' interpeller sur ce dossier. Jean-Marc Ayrault avance un très prudent "ce sont les magistrats qui décideront". 


Ayrault ne se prononce pas sur l'Affaire Boulin


En janvier dernier, France 3 diffusait "Affaire Boulin: crime d'état? ". Le téléfilm  épousait la thèse de l'assassinat politique qui impliquerait Jacques Foccart, le "Monsieur Afrique" du général de Gaulle. 

Le téléfilm a accéléré les prises de position : 

Le 28 janvier, la veille de la diffusion, le PS Philippe Buisson, actuel maire de Libourne, interpelle  " ceux qui savent et qui se taisent ".  Selon lui, " la France s'enorgueillirait de pouvoir, 30 ans après, analyser avec courage certaines déviances du début de la Ve République, qu'il s'agisse des agissements du SAC (Service d'action civique) ou des errements de la Françafrique en lien avec les financements des partis politiques ". " Il est malheureusement probable que la mort d'un homme, ministre et maire de Libourne, trouve son fondement à la croisée de ces dérives ", ajoute M. Buisson. 

Le 29 janvier 2013 :
  • Lors du débat qui a suivi la diffusion,  l'ancien ministre et ancien maire de Brive Jean Charbonnel se dit prêt à livrer deux noms à Christiane Taubira,  la Garde des Sceaux. Des noms révélés par Alexandre Sanguinetti, figure du gaullisme, lui aurait  comme étant les responsables de la mort de l'ancien ministre Robert Boulin en 1979. 
  • Fabienne Boulin-Burgeat écrit à Christiane Taubira pour lui demander de rouvrir l'enquête.
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    Les révélations de Jean Charbonnel dans l'affaire Boulin
    Les révélations de Jean Charbonnel dans l'affaire Boulin

     

Le 30 janvier 2013 : deux députés PS demandent à leur tour la réouverture de l'enquête. Florent Boudié, le député de Libourne et le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, adressent  une lettre à Jean-Marc Ayrault dans ce sens.
" Dans cette affaire qui, pour les uns, relève du drame personnel, pour les autres d'une affaire d'Etat frappée du sceau de l'omerta, nous vous demandons solennellement de bien vouloir accorder les moyens nécessaires à la Justice pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de Robert Boulin, et donc d'engager la ré-ouverture d'une enquête judiciaire ", écrivent-ils.

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