Bassin d’Arcachon : des couacs sur l’eau

Alors que la préfète de Nouvelle-Aquitaine a autorisé la navigation sur le bassin d’Arcachon, les affaires maritimes interdisaient aux bateaux taxis et à la plaisance professionnelle de naviguer. Il s’agit d’une erreur d’interprétation de l’arrêté préfectoral.
La feuille placardée sur la porte vitrée des affaires maritimes d’Arcachon a mis en émoi les professionnels du nautisme. Le texte précise que "les navires à usage commercial, la plaisance professionnelle et le transport de passagers autre que sur ligne régulière" ne sont pas autorisés à naviguer, contrairement aux bateaux des particuliers et ceux de l’UBA, l’Union des Bateliers d’Arcachon, qui ont repris les navettes entre Arcachon et le Cap-Ferret.
 

Message erroné

"Le week-end dernier j’ai dû annuler plusieurs réservations, confie Stéphanie Ferradou, capitaine d’armement chez Bat’express, une société de bateaux-taxis. Les clients ne comprenaient pas pourquoi et nous non plus. On avait mis en place un protocole sanitaire avec gel hydroalcoolique et masque obligatoire à bord… C’est d’autant plus incompréhensible que nous faisons du transport privatif et que le transport collectif avec la navette est autorisé."

Cette décision des affaires maritimes qualifiée d’injuste par nombre de professionnels est en fin de compte "un message erroné" d’après Houda Vernhet, la sous-préfète du bassin d’Arcachon. "Il s’agit d’une mauvaise interprétation de l’arrêté préfectoral, précise-t-elle. J’ai demandé aux affaires maritimes d’adresser aux professionnels concernés un rectificatif. Ils ont le droit de travailler et d’assurer le transport de passagers. C’est la même règle qu’à terre. Seules les activités touristiques sont interdites jusqu’au 2 juin."
 


Trésorerie fragile

Une bonne nouvelle pour la filière bien qu’un peu tardive. "J’ai cinq marins qui auraient dû reprendre le travail le week-end dernier. Economiquement c’est compliqué, explique Stéphanie Ferradou. C’est pas le mois d’août qui va sauver notre activité. Cela va se jouer avec la reprise. Le redémarrage est essentiel et là ce cafouillage est regrettable."

Même son de cloche chez d'autres professionnels. "On a déjà perdu deux mois d’activité, analyse Greg Desserez, gérant de Mer et Nature, une société de bateaux-taxis. Notre travail est saisonnier. On vient de payer les responsabilités civiles de nos bateaux, leurs hivernages, leurs remises à l’eau, les assurances et les places au port. Forcément notre trésorerie est fragilisée. Là, c’est encore dix jours de chiffres d’affaire perdus de plus. On n’avait pas besoin de ça."

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
transports maritimes économie transports