L'A 380 ne circulera bientôt plus en pièces détachées sur la Garonne

Publié le Mis à jour le
Écrit par MK avec Cathy Bouvet

C'est une page qui se tourne. Airbus a annoncé la fin programmée de la production de l'A 380. Deux fois par mois, des grosses pièces de cet avion circulaient sur la Garonne entre Pauillac et Bordeaux, pour le plus grand bonheur des badauds. 

C'est la fin d'une longue histoire pour Airbus. L'A380 ne sera plus produit à partir de 2021. Le constructeur aéronautique européen l'a annoncé ce jeudi.

L'appareil ne serait plus adapté aux besoins des compagnies aériennes, qui lui préfèrent des bi réacteurs (l'A380 en a quatre), tels que l'A 350 ou les Boeing 777 ou 787.
 

Descendre la Garonne


En Gironde, cette décision signifie également la fin d'un ballet aquatique. Depuis 2004, les pièces d'Airbus, transitent, sur la Garonne, entre Pauillac et Langon. A bord d'une barge de 75 mètres de long, les gros morceaux d'A 380 franchissent avec précaution, et en fonction de la marée,  les ponts de pierre, Saint Jean et la passerelle Eiffel.

Un ballet bi-mensuel, régulièrement suivi par des dizaines de badauds, qui depuis les berges regardaient le spectacle qui débutait au niveau de l'appontement de Pauillac, après le débarquement d'un navire roulier,  et prenait fin  au niveau de l'ascenseur à bateaux de Langon, soit une dizaine d'heures de trajet en moyenne..



Une fois débarquées, les grosses pièces de l'A380 étaient chargés sur des camions, qui prenaient la route – privatisée pour l'occasion- jusqu'à  l'usine Aéroconstellation de Toulouse.
 

Un seul emploi menacé

Avec l'arrêt de ce transport fluvial, prévu lui aussi pour 2021, "c'est une page de l'histoire et du paysage portuaire de Pauillac qui se tourne", reconnaît Florent Fatin, maire de Pauillac. Pour autant les dégâts sont limités. "C'était Airbus et le port de Bordeaux qui avaient fait les investissements pour accueillir les pièces de l'A 380."
 

Ca représentait un emploi sur la commune, et très peu de retombées fiscales. Il n'y aura pas de réel impact économique.


Quant aux infrastructures déjà en place et propriété du Port de Bordeaux, Florent Fatin imagine plusieurs possibilités de reconversion, dont l'acheminement de pièces depuis Arianespace jusqu'à la Guyane.

 

Demain, une autre reconversion du site pourrait certainement apporter un développement économique pour la commune

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