Bordeaux : un chauffard de 16 ans gravement blessé par balle au thorax après un refus d’obtempérer

Un adolescent de 16 ans a été touché par des tirs policiers alors qu'il tentait d'échapper à un contrôle lundi 1er mars. L'un des deux passagers a été placé en garde à vue.

Véhicule de la Police Nationale image d'illustration
Véhicule de la Police Nationale image d'illustration © Christine Le Hesran

Les faits se sont déroulés lundi soir 1er mars à Bordeaux, à proximité du hangar 19 sur le quai de Bacalan à Bordeaux, à proximité du pont Chaban-Delmas. Il est près de 23 heures quand les policiers de la BST (brigade spécialisée de terrain) veulent contrôler le conducteur d'une Audi RS3, immatriculée en Pologne. Le véhicule roule à très vive allure. Au volant, un adolescent de 16 ans. Il refuse d’obtempérer, et tente d’échapper aux forces de l’ordre. Des fonctionnaires de la compagnie départementale d'intervention arrivent en renfort. Le jeune homme percute alors un véhicule administratif dans lequel un policier était toujours présent. Selon le parquet, le fonctionanaire a été blessé sous l'impact du choc. Le véhicule a ensuite repris sa route et aurait roulé en direction de trois policiers descendus de leurs voitures. Ces derniers, se sentant en danger ont alors fait usage de leurs armes et tiré à une dizaine de fois. La voiture a fini par s’arrêter, quai Richelieu.

Au moins un des deux passagers en garde à vue 

Son conducteur est retrouvé au volant grièvement blessé par plusieurs balles au thorax. L'adolescent est, selon les premiers éléments, connu des services de police. Il est transféré au CHU de Bordeaux où il subit une intervention chirurgicale. Ses deux passagers ont pris la fuite à pied. L'un d'eux a été rattrapé quelques instants plus tard. Il serait âgé d’une vingtaine d'années. Il a été interpellé en train de courir dans les rues adjacentes et placé en garde-à-vue. Le deuxième serait toujours en fuite. Ce mardi matin, le chauffard serait dans un état stable.

Un jeune habitant, Elias, a filmé depuis son balcon sur les quais de Bordeaux : "L'Audi qui était devant, était poursuivie par une voiture de la Police Nationale. Arrivée au niveau du passage piétons, un fourgon de la police nationale est arrivé pour couper la route. Comme on le voit sur la vidéo, l'Audi a essayé de reculer."

L'Audi a reculé pour ensuite contourner le fourgon, en percutant d'ailleurs une voiture de la police nationale et c'est là que les coups de feu ont débuté.

Elias, témoin et auteur de la vidéo

Des tirs provenant des policiers. Voidi le témoignage d'Elias recueilli par Candice Olivari > 

durée de la vidéo: 00 min 30
Un jeune blessé par un tir de policier alors qu'il refusait d'obtempérer

La scène a été filmée et diffusée par le compte Twitter @dimehdetp > 

Des syndicats de police solidaires de leur collègues

Présent sur les lieux , le parquet de Bordeaux a saisi les services de la Direction zonale de police judiciaire ( DZPJ ) de l'enquête des chefs de refus d'obtempérer aggravé et de tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP).

Le reportage de notre équipe > 

Bordeaux : un chauffard de 16 ans gravement blessé par balle au thorax après un refus d’obtempérer

Éric Marrocq, délégué zonal du syndicat Alliance Police Nationale évoque "le courage, le sang- froid et le grand professionnalisme des policiers bordelais engagés". Le syndicaliste a également "une pensée pour les enquêteurs de la police judiciaire, particulièrement sollicités en ce moment ".

Et d'ajouter: "À Bordeaux, les faits contre les forces de l’ordre explosent ces dernières semaines". Il invite le ministre de l’Intérieur à venir dans la capitale régionale pour constater dit-il " le manque d’effectif ."

Un sentiment partagé par le syndicat Alternative Police Nouvelle Aquitaine par la voix de Bruno Vincendon Secrétaire zonal adjoint Alternative Police CFDT qui apporte son "soutien aux fonctionnaires engagés sur cette interpellation et s’inquiète de la multiplication  des grosses berlines allemandes en location avec plaque polonaise qui chaque jour et nuit  refusent d’obtempérer."

Tous les agents présents ce lundi soir doivent être entendus. Ils étaient, au total, une douzaine. Une enquête a été ouverte sur cet usage des armes par les policiers. L’IGPN, la police des polices, est saisie. 

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