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À Bordeaux, les universités refusent d'appliquer l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers

Image d'illustration / © France 3 Aquitaine
Image d'illustration / © France 3 Aquitaine

À l'université Bordeaux- Montaigne, les étudiants étrangers et non originaires d'un pays de l'Union européenne paieront le même montant à l'inscription que leurs homologues français. L'université de Bordeaux a elle aussi mis en place un certain nombre de dérogations pour les internationaux. 

 

Par Maïté Koda

"C'est une décision politique". Béatrice Laville, vice-présidente de l'université Bordeaux Montaigne, l'affirme sans détour.

Le 17 mai, le Conseil d'administration de l'université a voté à l'unanimité l'exonération partielle des frais d'inscription pour les étudiants extra-communautaires.

En novembre, le Premier ministre Edouard Philippe annonçait que ces derniers, originaires de pays en dehors de l'Union européenne, verraient leurs frais d'inscription à l'université drastiquement augmenter.

Au lieu de 243 euros pour une licence, et 380 euros pour un master, les frais s'élèveront dès septembre à 2770€ et 3770€.

"Une discrimination", estime Béatrice Laville qui assure que l'université Montaigne s'est positionnée très rapidement. "Il ne nous semblait pas pertinent de priver de ces étudiants, alors que les effectifs d'étudiants étrangers sont en baisse", explique-t-elle.

 

Ce n'est pas en ponctionnant les étudiants qu'on va y arriver


L'université Bordeaux Montaigne accueille chaque année 17 000 étudiants. Or, précise la vice-présidente, les universités peuvent faire bénéficier certains de leurs étudiants d'une exonération, dans la mesure où le seuil d'étudiants concernés n'excède pas 10% de l'effectif total.

Béatrice Laville reconnaît que l'université Bordeaux Montaigne, comme nombre d'universités françaises, connaît des difficultés financières. "On a des postes qui sont gelés, il nous faut effectivement de quoi fonctionner, mais ce n'est pas en ponctionnant les étudiants qu'on va y arriver, dénonce-t-elle, craignant que d'ici quelque temps l'augmentation des frais soit appliqué l'ensemble des étudiants.

 

Dérogations à l'université de Bordeaux

À l'université de Bordeaux, qui accueille chaque année 56 000 étudiants en droit, économie, sciences et technologie, dont environ 12% d'étrangers, l'exonération partielle a également été abordée.

 "La décision a été rapide, les universités françaises ont une certaine autonomie", explique quant à elle Blandine Lacassagne en charge de la communication de l'université.
 

Exonérations sur dossier

L'université a choisi de respecter la loi, tout en offrant de nombreuses possibilités de dérogations. Ainsi les élèves internationaux, déjà inscrits à Bordeaux ou dans une université française et qui souhaitent poursuivre leurs études à Bordeaux ne seront pas concernés par la hausse des frais d'inscription.

Idem, les étudiants en provenance de pays identifiés comme étant à faibles ou moyens revenus par la Banque mondiale, ou défavorisés mais présentant un niveau académique "excellent", bénéficient d'une exonération partielle.  


 

Cette tradition d'accueil est dans notre ADN


L'université se défend d'avoir cherché à contrer une éventuelle baisse du nombre d'inscriptions.  " Bien sûr que plusieurs pays africains, comme le Maroc par exemple, ont des universités d'un excellent niveau qui attirent les étudiants.

Mais concernant Bordeaux, on a toujours eu beaucoup d'étudiants étrangers. Beaucoup viennent du Gabon et du Maroc notamment",
  assure Blandine Cassagne. "Cette tradition d'accueil est dans notre ADN".


 

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