Bordeaux : le vélo, nouvel atout des élections municipales

Écologique et économique, à Bordeaux, le vélo s'impose comme un enjeu majeur des élections municipales de 2020. Alors tous les candidats veulent faire de la ville un véritable paradis du vélo. Il y a de quoi faire car la ville vient de perdre sa place sur le podium français des villes cyclables.

© Christin Hume / Unsplash
Il fait un tabac. Près de 40 000 Bordelais empruntent le vélo chaque jour. Avec 75% des trajets faisant moins de 5 km, le vélo s'impose petit à petit comme le mode de déplacement urbain par excellence.

"À Bordeaux, il est aujourd'hui plus rapide de relier les boulevards au centre-ville à vélo qu'en voiture", souligne Nicolas Florian, l'actuel maire de Bordeaux.
 

Bordeaux, ville du vélo ?


Et la tendance ne risque pas de s'essouffler. La ville connaît une augmentation d'usagers d'environ 12%, chaque année.

"Je veux faire de Bordeaux la métropole du vélo", lance même Thomas Cazenave, candidat LREM à la mairie de Bordeaux.

Comme Pierre Hurmic et Nicolas Florian, le candidat s'appuie sur le plaidoyer diffusé par Vélo-Cité pour puiser ses idées. Dans ce document, cinq pistes sont évoquées pour faire de Bordeaux, la ville du vélo.

"Les cyclistes représentent près de 30% des électeurs", souligne Ludovic Fouché, le président de Vélo-Cité.

Grâce à son absence de relief, Bordeaux Métropole est en effet idéale pour se déplacer à vélo. Pourtant, la ville a dégringolé à la cinquième au classement 2020 de la Fédération françaises des Usagers de la Bicyclette. La ville était en effet 3en 2017. En cause, la sécurité des cyclistes, pas assez présente, selon le palmarès Parlons Vélo.

Ecoutez Ludovic Fouché de l'association bordelaise Vélo Cité : il explique pourquoi Bordeaux recule par rapport à d'autres villes comme Paris ►
Vélo : Bordeaux chute du podium des grandes villes cyclables

 
"Il y a beaucoup d'insatisfactions qui remontent. Les cyclistes ne se sentent pas en sécurité", alerte Pierre Hurmic, EELV, candidat de la liste Respire, à la mairie de Bordeaux.
 

Réseau vélo


Première piste abordée par Vélo-cité : la création de 295 km de pistes cyclables, réparties en 25 lignes, constituant un réseau entre les 28 communes de Bordeaux Métropole.

"Il s'agit d'un réseau cyclable à haut niveau de service. Les pistes seront entretenues régulièrement et entièrement sécurisées", explique Ludovic Fouché, à l'initiative du plaidoyer.

Elles seront accessibles par des pôles d'échanges installées au niveau des gares et des jonctions entre la rocade et les villes. "Bordeaux Métropole investit un milliard d'euros par an, il faudra intégrer ces coûts dans les prochains investissements", avance Nicolas Florian.
 
© Vélo-Cité

Les trois candidats se sont d'ailleurs engagés sur cette mesure. Pour Nicolas Florian, "cette idée de maillage va dans le bon sens". Pour Thomas Cazenave, elle permet de "laisser le choix aux Bordelais entre la voiture et le vélo, sans les opposer". 

Mais Pierre Hurmic semble être le plus engagé sur le sujet : il est le seul candidat à la mairie de Bordeaux à avoir signé le plaidoyer, accompagné de cinq autres candidats des communes de Bordeaux Métropole.
 

Boulevards verts


Et à Bordeaux, la zone rouge pour les cyclistes, ce sont les boulevards : deux voies pour les voitures et seulement une bande cyclable. "Quand on est cycliste, les boulevards sont un véritable coupe-gorge", argumente Pierre Hurmic.

Dans son plaidoyer, Vélo-Cité propose donc de végétaliser les boulevards, tout en créant une piste cyclable, séparée des voitures.
 
© Vélo-Cité

Pour Nicolas Florian, cette idée s'inscrit dans la continuité des mandats de ses prédécesseurs. "Pendant leurs mandats, Alain Juppé et Jacques Chaban-Delmas ont piétonnisé les centres-villes. Aujourd'hui, nous avons de l'espace", explique l'actuel maire de Bordeaux.
 

Limité à 30 km/h


Vélo-cité évoque aussi d'autres propositions, moins plébiscitées par les candidats."Les deux premières ont semblé évidentes pour les candidats. En revanche, les trois autres engendrent plus de débats", avoue Ludovic Fouché.

Parmi elles, la limitation des centres-villes à 30km/h, même hors des zones de rencontre. 

"Aujourd'hui, la voiture concerne 29% des trajets et occupe 79% de l'espace public. Le vélo, c'est 13% des déplacements et presque autant d'espace, c'est dérisoire"
, se désole Pierre Hurmic.
 


Génération vélo


Et pour décupler la tendance, Vélo-Cité souhaite faire venir le vélo jusque dans les salles de classe.

L'association propose de former les professeurs pour donner des cours de vélo à tous les élèves et proposer des excursions à vélo. Dans un objectif d'égalité, elle propose aussi des prêts de vélos dans toutes les communes.

Elle souhaite également créer des zones interdites aux voitures, situées 800m autour des écoles. Pour faire de la prochaine génération, celle du vélo.
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