Canicule : des ilots de fraîcheur, micro forêts et brumisateurs pour affronter la vague de chaleur à Bordeaux

Publié le Mis à jour le
Écrit par C.O

Le gouvernement a annoncé ce mardi, la création d’une enveloppe de 500 millions d’euros pour la renaturation des villes qui en expriment le besoin. La municipalité bordelaise va-t-elle se positionner, alors qu’elle a déjà lancé un plan de reconquête végétale ?

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Didier Jeanjean, adjoint en charge de la nature en ville et des quartiers apaisés, regrette qu’il faille des températures caniculaires pour que la Première ministre fasse de telles annonces.

Pour autant, il reconnait qu’il s’agit là d’une bonne nouvelle. Tardive, mais une bonne nouvelle néanmoins.

A Bordeaux, la nouvelle municipalité n’a pas attendu Matignon pour se lancer. En novembre dernier, elle lançait « Bordeaux Grandeur Nature ». Un projet qui consiste notamment à végétaliser la ville et dont certaines réalisations sont déjà visibles.  

Profiter des annonces parisiennes 

« Un programme de renaturation des villes, les centres-villes, va être lancé, doté d’un fonds important de 500 millions d’euros, justement pour venir cofinancer, aux côtés des collectivités locales qui en expriment le besoin, ces opérations de renaturation », a précisé Mme Grégoire, la porte-parole. Et Bordeaux compte bien se positionner.

« On travaille avec les associations, la métropole et les particuliers », rappelle Didier Jeanjean, « mais oui, on va aussi travailler avec l’Etat ».

Il faut qu’on s’y mette tous.

Didier Jeanjean

"Cette annonce est une bonne nouvelle, car jusque-là les efforts, on les faisait seuls. Moi je mets en œuvre les recommandations de la convention citoyenne climat, et c’était illogique qu’elles soient ignorées au niveau de l’Etat ».

Ce mardi, les annonces faites par le nouveau gouvernement d’Elisabeth Born ont donc été entendues.  

Sous quelle forme ?

Cet argent plutôt que de financer des projets déjà lancés et budgétés pourrait permettre d’en lancer de nouveaux.

« Nous allons expliquer qu'avant de planter en ville, il faut d’abord protéger les espaces verts existants pour éviter qu’on ne construise dessus. Il faut donc acheter les terrains à un prix fort avec derrière aucun retour sur investissement. On a ainsi réussi à sauver 40 hectares à la Jallère, ou encore deux hectares sur Brazza. Ces opérations se chiffrent en millions d’euros. Ces enveloppes pourraient donc nous aider à protéger l’existant ».

Parallèlement, la municipalité a décidé de multiplier par quatre le budget consacré aux plantations dans la ville. Il est désormais de 400 000 euros par an. « Pour planter des arbres dans les rues", précise Didier Jeanjean, "il faut entre autres un dévoiement du réseau et cela coute cher. Cette enveloppe pourrait servir aussi à ça ».

Dans le projet « Bordeaux Grandeur Nature », il est question de créer des micro-forêts. Plusieurs ont déjà vu le jour, notamment celle située sur l’ancien Parking Billaudel. « Nous avons identifié 30 ilots de chaleur à traiter mais il y en avait 10 autres que nous avons isolés car les frais étaient trop importants. Et on avait suffisamment à faire avec les 30. Mais avec une enveloppe supplémentaire on pourrait peut-être y arriver ».  

En attendant : brumisateurs, pergolas, et parcs ouverts jusqu’à 23h

A Bordeaux, dès lors que Météo France annoncera une canicule, cinq parcs pourront rester ouverts jusqu’à 23h. Une décision annoncée par Didier Jeanjean ce mardi. Ne reste plus qu’à définir quels seront les parcs concernés.

Quatre brumisateurs sont également opérationnels depuis ce mardi. Ils ont été installés dans quatre jardins ( jardin de Béchade, jardin des Barrières, parc aux Angéliques et celui du Pinson). D’ici un mois, cinq autres devraient voir le jour. De la même manière une "pergola végétalisée avec un brumisateur intégré" a vu le jour à la Victoire, trois autres sont attendues.

Vaporiser de l’eau au moindre coup de chaleur, pas très écolo ? « Tout fonctionnera par détection ou par bouton poussoir, c’est donc l’usager qui commande », explique Didier Jeanjean pour tempérer. «Et c’est une mesure transitoire, en attendant que le travail de fond lancé en parallèle et qui aura de vraie conséquences écologique. Je pense par exemple au plan de végétalisation lancée dans les cours d’école et qui sera fini dans dix ans ».

Dans la liste des mesures faisant partie de ce travail de fond, la création d’une trame verte. Sorte de squelette vert de la ville, un couloir de fraîcheur qui « sera la conclusion de ce travail de pointillisme », annonce l’adjoint au maire. Sa cartographie sera rendue publique en septembre prochain.

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