Coupe du monde de rugby 2023. Le Chili, nouvelle coqueluche du public à Bordeaux

Le Chili participe en France à la première Coupe du monde de rugby de son histoire. L'occasion pour les fans de ballon ovale de connaître l'effervescence d'une compétition mondiale, et de faire de nouveaux adeptes.

Des frissons, tout simplement. Voilà comment Felipe décrit son ressenti, avant d'aller prendre place dans les gradins du stade de Bordeaux pour assister au deuxième match en Coupe du monde de son équipe, opposée au Samoa ce samedi. Ce Chilien a fait le déplacement en France pour venir soutenir les Condors, et a déjà assisté au premier match, à Toulouse. Il arbore fièrement un maillot dédicacé par les quinze titulaires, "les premiers à avoir joué en Coupe du monde de l'histoire du Chili", s'enorgueillit-il.

"On n'a pas une culture très rugby"

À ses côtés, son amie Paola arbore fièrement le drapeau du Chili sur son visage. "C'est super important pour nous d'être ici, car c'est vraiment une opportunité qu'on a peut-être une fois dans une vie." Elle, comme Felipe, est impressionnée et fière de constater que nombre de Chiliens ont fait le déplacement, maillot rouge sur le dos et condor sur le cœur. "Le rugby n'est pas encore très développé chez nous, c'est en cours, mais on n'a pas une culture très rugby, explique la Chilienne. Donc c'est encore mieux de voir autant de gens ici, et même à la maison, le premier match a été très suivi !"

Devant le stade de Bordeaux, difficile en effet d'apercevoir les quelques supporters samoans au milieu des drapeaux chiliens et autres costumes de piment. À deux heures du coup d'envoi, les supporters entonnent des "Vamos Chile" à pleins poumons, et se prennent à rêver d'une victoire de l'outsider sud-américain face au favori samoan.

Petit poucet mais "bon délire"

Et l'enthousiasme des Chiliens est communicatif. Pierre et ses acolytes du chœur "Le dimanche à 15h", venus tout droit de Bourg-en-Bresse, ont décidé de soutenir les Condors... dans le bus pour se rendre au stade. "On était avec des supporters chiliens, on a discuté, ils étaient sympathiques alors ils nous ont convaincus !" relate cet ancien cycliste, féru de rugby. 

Pour d'autres Français qui viennent assister au match, être du côté du Chili était une évidence. D'abord, pour soutenir le petit poucet de cette Coupe du monde. Ensuite, "pour l'ambiance ! C'est une équipe cool, ils sont très bon délire, on aime beaucoup", saluent Brice et Benjamin, deux amateurs venus du Pays basque. Et les deux amis sont impressionnés par le nombre de supporters ayant entrepris le long voyage jusqu'à la France. "On ne s'attendait pas à en voir autant, mais c'est super ! On pense que ça les fait marrer de voir des Français soutenir leur équipe, on espère qu'ils ne prennent pas mal qu'on aie mis des chapeaux mexicains !"

Supporter les Samoans, pour "rétablir l'équilibre"

Certains Français ont, à l'inverse, choisi de se placer du côté des Samoa pour ce match. Pour les Biarrots Baptiste, Maxence et Julien, "il y a tellement de Chiliens, personne n'est pour les Samoa ! Il faut qu'on rétablisse un peu l'équilibre. Et puis on est allés tous ensemble surfer aux Samoa, donc c'est logique pour nous d'être de leur côté." De quoi prêter main forte aux poignées de supporters samoans, noyés dans la masse rouge.

Partout sur le parvis, les sourires sur les visages des centaines de Sud-américains racontent leur admiration pour leur pays et leurs joueurs. "C'est historique ce qu'on vit, je suis très fier de mon pays, de cette équipe, mais aussi de tous les Chiliens qui sont venus jusqu'ici", s'émeut Jose, qui vit en France depuis sept ans. Des amis l'ont rejoint tout droit du Chili pour venir assister au match, et tous portent fièrement un costume de piment, qui leur vaut de nombreuses sollicitations pour des photos. Malgré la défaite finale de leur équipe, 43 à 10, nul doute que les supporters des Condors ont su conquérir le cœur de Bordeaux.