Bordeaux : 25 cas positifs parmi les patients et soignants de l'hôpital Saint André

Publié le Mis à jour le
Écrit par CB et JC

Depuis la mi-octobre et malgré un fort taux de vaccination, on observe une hausse des contaminations en Nouvelle-Aquitaine. Plusieurs établissements de santé se trouvent confrontés à des clusters dans leurs services, touchant les personnels comme des patients.

Avec le temps automnal, on assiste en France à une reprise de l'épidémie. Il faut dire qu'avec le fort taux de vaccination, l'abandon du masque dans certaines situations, la lassitude aussi sans doute, beaucoup de Français ont relâché l'attention et ont oublié les "gestes barrière".

Mais quand le virus s'invite à l'hôpital et contamine des soignants mais également des patients soignés ici pour d'autres raisons, cela devient choquant. Les services de santé appellent chacun à ne pas relâcher la vigilance. 

16 soignants et 9 patients à St André

Le CHU de Bordeaux, dont fait partie l'établissement, indique que, depuis la fin octobre (le week-end du 23-24), un cluster a été identifié au sein de l'hôpital dans le service de médecine interne. 16 soignants de l'unité de médecine interne et neuf patients sont en quarantaine, pour la plupart à domicile. Seuls les plus fragiles ont été isolés dans des chambres de l'hôpital. Ce 5 novembre, des tests de dépistage sont à nouveau programmés.

Pour l'instant, aucune forme grave de la maladie n'est à déplorer parmi eux. Ce qui interroge à l'heure actuelle c'est que ces cas positifs avaient tous préalablement reçu leurs deux doses de vaccin. 

Une cellule de crise a été créée mardi . L'hôpital a dû organiser un dépistage de cette unité (des maladies infectieuses) mais aussi des services voisins. Les personnes ayant fréquenté le service ont été informées par mail sur la conduite à suivre. Les patients positifs sont suivis, à domicile pour la plupart, et les plus fragiles sont dans des chambres confinées. Dans ce contexte, face à ces absences et une réorganisation du service, 16 lits ont dû être fermés.

Les précisions de Fabrice Bonnet, chef du service médecine interne et maladies infectieuses au CHU de Bordeaux et de Nicolas Tachon, directeur de l'hôpital Saint-André dans ce reportage de Julie Chapman et Marc Lasbarrères :

durée de la vidéo : 01min 19
Cluster de 25 cas positifs à la COVID-19 à l'hôpital Saint André du CHU de Bordeaux ©F3 Nouvelle Aquitaine

La Gironde sous tension

Pour Bénédicte Motte, directrice de la délégation départementale Gironde de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, l'agence de santé est en contact permanent avec l'hôpital bordelais sur ce sujet. "Depuis lundi, on fait le point plusieurs fois par jour.  Et on déploie la stratégie de tout cluster : tester, alerter protéger". Il s'agit d'identifier tous les cas grâce à des dépistages (25 cas connus à ce jour). Par ailleurs, toute personne entrant à l'hôpital est soumise à un test "depuis avril-mai 2020". Ensuite, on a informé via "la direction du CHU, la santé au travail, pour expliquer ce qu'il se passait et inviter au dépistage. Nous mêmes avons alerté la CPAM, à partir des cas connus pour avoir une vision globale de la situation". Puis il s'agit de "protéger donc éviter de futures contaminations : le rappel des gestes barrière, on revoit les habitudes, les usages des vestiaires, des lieux de restauration..." ET puis "gros sujet : la vaccination et la 3è dose. Les soignants sont éligibles depuis le début du mois d'octobre".

Elle explique également que cette situation "nous amène à des fermetures de lits qui nous font cruellement défaut dans un contexte où nos hôpitaux girondins sont très sollicités avec les pathologies hivernales qui commencent, le Covid qui continue et qui reprend (84 hospitalisations en Gironde plus 28 en réanimation)".

Elle ajoute que d'autres lits sont fermés "parce qu'on est en vacances scolaires, parce qu'on a des postes vacants..." Un manque de personnel qui correspond, depuis le mois de septembre, aux personnels soignants qui ont quitté la profession. "En général, au mois de septembre, on reconstitue les équipes et là, nous n'avons pas pu le faire en Gironde... Mais c'est un phénomène national". Un manque qui commence à se faire sentir et qui limite en tout cas les établissements dans leur capacité d'accueil. "On a près de 300 lits hospitaliers fermés en Gironde aujourd'hui".

Favoriser le médecin traitant

Dans ce contexte de reprise de l'épidémie, la directrice veut également passer un message pour ne pas engorger les services d'urgences et les établissements hospitaliers qui doivent faire face à d'autres pathologies de saison mais aussi aux urgences. Elle préconise, en cas de symptômes de la Covid-19, de contacter son médecin traitant ou de faire le 15 plutôt que de se rendre directement aux urgences, et c'est eux qui vous indiqueront la marche à suivre.

A Nérac : un soignant et six patients

C'est également la semaine dernière que l'hôpital de Nérac a détecté plusieurs cas de contaminations en son sein. D'après Joris Jonon, délégué départemental de ARS en Lot-et-Garonne, cela concerne quatre soignants et huit patients du service médecine. Tous ces cas positifs font l'objet "d'un suivi médical renforcé mais sont asymptomatiques", "ils étaient tous vaccinés".

Des mesures de confinement en chambre de ces patients ont été  prises pour éviter la propagation. Des tests tous les sept jours sont effectués comme le veut le protocole et des contrôles sont effectués à l'entrée. 

Pour l'instant, il explique également qu'il a été décidé "une suspension temproraire des visites". 

Une reprise de l'épidémie en Nouvelle-Aquitaine

Depuis la mi-octobre, on assiste à une remontée des contaminations en France mais également en Nouvelle-Aquitaine (+14% du nombre de cas de covid- 19).

Cette semaine 43 (du 25 au 31 octobre 2021) en comparaison avec la S42 (du 18 au 24 octobre 2021), Santé Publique France indique que "l’accélération de la circulation virale se poursuit et les nouvelles hospitalisations et admissions en services de soins critiques continuent d’augmenter".

Cette semaine, le taux d’incidence est passé à 58,1 / 100 000 hab.(vs 50,9 en S42) et le taux de positivité des tests a un peu augmenté passant de 2 à 2,6 %. Un taux qui est plus important en Lot-et-Garonne (82.6) et dans les Pyrénées-Atlantiques (91).

On compte également plus de nouvelles hospitalisations pour Covid-19 :145, contre 113 en S42, ainsi que 13 nouvelles admissions en soins critiques (+8 en S42).

On observe également plus de décès : cette semaine on en déplore 13 à l'hôpital, contre 8 la semaine précédente.

Surveillance des clusters

Malgré ces clusters à l'hôpital, santé publique observe une baisse de ces "cas groupés" cette semaine 42 : 27 contre 37 la semaine précédente. Près de la moitié des clusters en cours ont été "déclarés en milieu scolaire et en crèche". En revanche, les EHPAD "représentent 16% des clusters actifs en semaine 43 (contre11% en semaine 42) et les milieux professionnels 11% (4% en semaine 42).

Malgré le vaccin

Pourtant, la Nouvelle-Aquitaine reste un "bon élève" en matière de couverture vaccinale. 91,3 % des Néo-aquitains de plus de 12 ans sont vaccinés soit 4 803 273 personnes. 

Les services de santé incitent les Français à redoubler de vigilance et ne pas se sentir complètement protégé par le vaccin même si cela reste la première recommandation (et de faire une 3ème dose pour les personnes éligibles).

Ils rappellent ces gestes pour vous préserver de la contamination même si nous les connaissons depuis bientôt près de deux ans :

- se faire vacciner

- respecter les gestes barrières

- se faire tester et s’isoler en cas de symptômes ou de contact à risque

 

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