"Depuis que je suis là, je me sens bien." Malgré les difficultés, Olena, réfugiée ukrainienne, refait sa vie à Bordeaux

Deux ans après le début de l'offensive russe en Ukraine, la vie se prolonge en France pour près de 160 000 ukrainiens réfugiés, dont plus de 22 000 en Nouvelle-Aquitaine. Olena, venue avec ses trois enfants à Bordeaux a trouvé un emploi.

Le sourire aux lèvres et le bon coup de ciseaux. Olena Horpencenko est à l'aise dans ce salon de coiffure de Pessac. Cette élégante coiffeuse ukrainienne est pourtant triste d'avoir quitté sa terre natale, il y a presque deux ans, le 4 mars 2022, peu de temps après le début de l'offensive russe.

Elle a fui avec ses enfants les bombardements à Kiev, la capitale où elle tenait un salon. Réfugiée en France, elle a d'abord été hébergée dans une famille à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne. "Tout était confus au début. On a perdu aussi un grand-père, décédé dans un bombardement", confie-t-elle en ukrainien.

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Reportage France 3 Aquitaine de JP.Stahl, C.Arfel et O.Pallas. ©FTV

Mais Olena est une battante, à l'image de ses compatriotes, malgré la barrière de la langue. Arrivée sur Bordeaux, elle a envoyé des candidatures spontanées dans des salons et a été recrutée à Pessac.

"Elle est joviale et s'est bien intégrée. Elle a fait beaucoup de progrès en français et on traduit aussi avec le téléphone", souligne Sylvie Tavares, coordinatrice du réseau de salons Franck Provost. Olena apprécie de pratiquer son métier.

Depuis que je suis là, je me sens bien. Je me sens entourée. C'est comme si c'était de la famille.

Olena Horpencenko

Déplacée d'Ukraine

Autorisation temporaire de séjour

Depuis un an et demi, elle vit à Gradignan avec ses trois enfants adolescents, dans un appartement grâce à l'aide de l'association "la maison Ukrainienne" qui se porte garant.

L'association soutient en effet une partie des 2 840 ukrainiens réfugiés en Gironde, 80 % de femmes avec des enfants, qui ont obtenu une autorisation temporaire de séjour en France,  renouvelée tous les six mois. Olena a trouvé un emploi, mais sa situation reste précaire avec un enfant handicapé, atteint de trisomie.

 

Elle espérait pouvoir compter sur une allocation d'adulte handicapé, qu'elle n'a pas obtenue. La situation est dénoncée par l'association. "L'allocation a été accordée par la maison départementale des handicapés depuis presque deux ans, mais la CAF refuse de lui verser, car elle n'est pas en situation régulière", explique Lesya Laroulandie, bénévole à la maison Ukrainienne. "La CAF applique une loi qui n'existe plus et a été abrogée en mai 2017, les droits sont bafoués. On a entamé une action en justice", complète-t-elle.

Près de 2 100 Ukrainiens ont néanmoins pu déposer un dossier à la Caf pour obtenir une allocation de logement ou d'accompagnement social, selon Sud-Ouest. La majorité des Ukrainiens venus en France sont toujours sur le territoire. Près de 400 ressortissants sont repartis dans leur pays, toujours en guerre, faute de trouver une solution stable en France.

La maison ukrainienne et Ukraine amitié organisent une marche à Bordeaux samedi 24 février à 15 heures, parvis des droits de l'Homme, devant le tribunal, pour "remobiliser" les bonnes volontés.