Des émulsions végétales remplacent le goudron sur les routes de Gironde

Le département de la Gironde mise sur l'écologie jusque dans l'enrobage de ses routes. Un nouveau procédé est testé sur la RD 670 cette semaine. Le bitume est recyclé sur place et mélangé à un liant végétal. Ce système permet de réduire l'impact environnemental de l'entretien routier.

Le conseil départemental de la Gironde expérimente un procédé écologique à base de liant végétal pour l'entretien de ses nombreuses routes
Le conseil départemental de la Gironde expérimente un procédé écologique à base de liant végétal pour l'entretien de ses nombreuses routes © Pixabay
Le test est effectué ce matin sur une portion de deux kilomètres de la D670, à hauteur de St-Jean-de-Blaignac, dans le libournais.

Il s'agit refaire la route, abîmée, à l'aide d'un tout nouveau procédé développé par le groupe Eiffage. 


Plus respectueux de l'environnement



Ce procédé, le Recytal-ARM®, consiste à retraiter les chaussées à froid. Il s'agit de recycler et régénérer les matériaux de la chaussée initiale sur place. Et de remplacer le bitume des enrobés par une solution écologique à base d'émulsions de poix, un liant d'origine végétale issu de la sylviculture.

"Le pin est utilisé pour fabriquer du papier kraft et dans le cadre de ce procédé il existe un résidu.

C'est ce résidu que l'on utilise, on le met en émulsion car il est très compatible avec le bitume et ça nous permet de faire une route neuve à partir d'un produit végétal
" explique Claude Giorgi, directeur technique adjoint du groupe Eiffage.
 
Le procédé Recytal-ARM® développé par le groupe Eiffage pour une réfection des routes plus respectueuse de l'environnement
Le procédé Recytal-ARM® développé par le groupe Eiffage pour une réfection des routes plus respectueuse de l'environnement © Eiffage


Le Recytal-ARM®, primé par le comité Innovation Routes et Rues initié par le ministère de l'environnement, permet de réduire l'impact carbone induit par les régulières réfections des routes.

Il n'y a pas de recours à la pétrochimie, le travail à froid est moins gourmand en énergie, et le tout dégage moins de CO2 et de COV.

Le groupe Eiffage a conçu ce nouvel enrobé en 2016 et a déjà commencé à le tester en France, notamment dans l'Hérault. 

La Gironde, département soucieux de réduire l'empreinte carbone


Le Conseil Départemental de la Gironde, qui a la charge d'entretenir l'un des plus vastes réseaux routiers de France, étendu sur 6400 kilomètres, a décidé de tenter l'expérience.

"Depuis plusieurs années, le Département cherche à mettre en œuvre des techniques routières plus respectueuses de l’environnement" est-il expliqué sur le site de la collectivité.

L'expérimentation de cette semaine sur la RD 670 va dans le sens de ce qui a déjà été mis en place.

A savoir "réduction des températures des enrobés, réutilisation d’un pourcentage élevé d’enrobés lors de la réfection des routes, réduction des rejets de gaz à effet de serre, recyclage du béton bitumineux qui permet de prélever moins de ressources naturelles (granulats), une démarche importante compte tenu du déficit de matériaux à proximité".

Les travaux de réfection à St-Jean-de-Blaignac vont durer deux jours. 

"Nous avons intérêt sur des équipements départementaux à trouver des solutions vertueuses, c'est une question environnementale et nous devons être particulièrement responsables sur des questions comme celles-ci" a déclaré Jean-Luc Gleyze, le président de l'assemblée girondine, présent lors du lancement de l'expérimentation ce matin.

Si l'opération est concluante, cette nouvelle technique pourrait être généralisée sur l'ensemble du réseau routier du département. 

Dans le reportage qui suit, on assiste au début de la réfection de la D670 où passent 360 poids-lourds par jour. 
 
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