Grève des pharmacies de garde en ce week-end de Pentecôte : "économiquement, elles n'y arrivent plus"

L'Union des syndicats de pharmaciens d’officine appelle à la grève des gardes le week-end de la Pentecôte. Ils garderont également portes closes le 30 mai. Leurs revendications portent sur leur rémunération, mais ils alertent aussi sur les pénuries de médicaments récurrentes.

Il sera sans doute difficile de trouver une pharmacie ouverte près de chez vous pour ce long week-end. Les syndicats de pharmaciens d’officine appellent dans un premier temps à une grève des gardes le week-end de Pentecôte du 18 au 20 mai puis, le 30 mai, ils invitent les pharmaciens à rester fermés.

Les étudiants invités à rejoindre le mouvement

Les raisons de la colère sont multiples : les ruptures de stocks, les difficultés économiques qui agitent le spectre de déserts médicaux, leur rémunération ainsi que l’absence d’avancée pour la réforme du troisième cycle des études pharmaceutiques (R3C). C'est pourquoi les pharmaciens d'officines ont également été rejoints par les étudiants dans ce mouvement.

Malgré sans doute, la gêne occasionnée par le mouvement, les pharmaciens comptent sur l'adhésion des patients, des clients de leurs officines. Depuis quelques jours, ils leur proposent de signer une pétition pour les sensibiliser sur leur mobilisation. Ils ont également alerté les élus qui sont et seront concernés dans un futur proche face à une désertification en cours.

Rupture de stock

Catherine Hourtiguet représente le syndicat USPO en Gironde. Elle est installée dans le quartier populaire de Lormont Génicart depuis 2011 en tant qu'associée, mais elle travaille depuis 1987. C'est sa troisième installation, c'est dire si elle a vu l'évolution de sa profession ces trente dernières années. "Le métier a pris de plus en plus d'intérêt et on accompagne de mieux en mieux le patient. L'évolution du métier est très positive. Par contre, il faut qu'il y ait une évolution de notre rémunération".

Un des grands sujets d'inquiétudes des pharmaciens ces derniers temps sont les ruptures de stock à répétition. La docteure en pharmacie peut témoigner de ces pénuries. "On est impactés depuis de longs mois et ça s'accentue. Il y a des médicaments impossibles à avoir et, pour d'autres, c'est très compliqué." Elle dit se trouver très souvent "dans l'embarras" face à des patients qui n'ont pas leurs traitements, parfois "très très importants : de l'insuline, des antibiotiques,..."  

On est en rupture de médicaments des fois, et on ne sait pas pourquoi.

Dr Hourtiguet

Pharmacienne à Lormont

 "On perd beaucoup de temps, parce qu'on est obligés d'accompagner le patient pour trouver une solution, un médicament qui va pouvoir le remplacer... On appelle le médecin pour changer le traitement", témoigne-t-elle.

Déserts pharmaceutiques

Le 30 mai devrait être également une grande journée de mobilisation selon elle : "les pharmacies seront fermées", sauf quelques pharmacies de permanence. Des négociations sont en cours depuis le 16 mai entre les syndicats de pharmaciens et M. Thomas Fatôme, président de la CNAM pour la signature d'une nouvelle convention.

Pour l'heure, les professionnels estiment, dans leur communiqué, subir "de plein fouet la hausse des charges depuis près de trois ans" et constatent que "les négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie, pour revaloriser leurs honoraires et les nouvelles missions que les pouvoirs publics leur ont confiées en matière de prévention, de dépistage et de vaccination, n’aboutissent pas".

Ils souhaitent par ailleurs une évolution de la rémunération des pharmaciens qui ont vu leurs missions et responsabilités évoluer, avec, par exemple, les prescriptions et la réalisation de la vaccination.

300 officines ont fermé

"On fragilise l'économie de la pharmacie. Plus de 300 officines ont fermé l'an dernier et le mouvement s'accélère depuis le début de l'année 2024. Parce qu'économiquement, elles n'y arrivent plus". Catherine Hourtiguet décrit une situation difficile dans certains départements, certaines communes ruraux. "Il va y avoir de larges zones géographiques où il n'y aura plus de pharmacie. On a besoin de soutenir l'économie de la pharmacie. La pharmacie est en danger aujourd'hui !" 

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