"Je ne reconnais plus mon métier" : Des centaines de médecins généralistes manifestent à Bordeaux et à Pau

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Écrit par Marine Cardot avec Thomas Milon et Olivier Lopez

Ils demandent "du temps pour leurs patients". En grève les 1er et 2 décembre, plusieurs centaines de médecins généralistes se sont mobilisés pour dénoncer la surcharge de travail administratif. Ils réclament également une revalorisation de la consultation.

Ils ont délaissé le cabinet pour rejoindre les rangs des rassemblements, organisés un peu partout en France. À Pau, plus d'une centaine de médecins généralistes se sont retrouvés dès 9h, devant la Caisse primaire d'assurance maladie. 

Sur leurs blouses blanches, certains ont écrit au marqueur noir "santé en danger" ou "médecins en colère". D'autres portent des pancartes sur lesquelles on peut lire "médecins libéraux en voie d'extinction = patients en danger".

"Je ne reconnais plus mon métier, on arrive à un moment où on ne peut plus, la coupe est pleine. Mais on a beau le répéter, rien ne se passe", regrette une médecin généraliste installée depuis vingt-deux ans.

"On ne peut plus recevoir les gens décemment" 

Tous regrettent le manque de temps consacré aux patients. "Quand vous venez parce que vous avez mal au pied, peut-être que ce n'est pas le pied le problème. Il faut rester et écouter les patients", explique une médecin généraliste, venue manifester à Pau aujourd'hui. 

Même son de cloche à Bordeaux, où plus de 200 médecins en grève se sont rassemblés en face de l'Agence régionale de santé à 14 heures. Certains sont venus des départements voisins pour faire entendre leur voix. 

Florent Horau est installé depuis trois ans. Il partage son temps entre deux cabinets : à Marmande dans le Lot-et-Garonne et à Eymet en Dordogne. C'est la première fois qu'il manifeste, mais depuis des années, il voit "les dégradations constantes du métier". 

On ne peut plus recevoir décemment les gens. J'ai envie de mettre encore un peu de cœur, un peu d'humanité dans tout ça, c'est pour ça qu'il faut se battre aujourd'hui.

Florent Horau, médecin généraliste

France 3 Aquitaine

Se décharger du travail administratif 

La cause de ce manque de temps selon eux, c'est la surcharge de travail administratif. Rassemblés dans toute la France à l'initiative du collectif "Médecins pour demain", les généralistes revendiquent notamment le doublement du prix de la consultation médicale.

Selon Stéphanie Aymard, une des figures du mouvement, le passage de 25 à 50€ de la consultation permettra aux médecins de recourir à des secrétaires ou à des assistantes médicales. 

Aujourd'hui, avec une tarification à 25 €, nous ne pouvons pas embaucher de secrétaires, dont nous avons cruellement besoin pour nous décharger de la masse de travail administratif qu'on nous demande d'effectuer.

Stéphanie Aymard, médecin généraliste

France 3 Aquitaine

Pour libérer du temps médical

"Cela nous permettrait surtout de nous libérer du temps médical pour nos patients, et pour ceux qui aujourd'hui n'ont pas de médecins traitants", explique Stéphanie Aymard. Enfin, une revalorisation de la consultation pourrait, selon elle, "relancer l'attractivité dans les territoires pour que les jeunes médecins s'installent".

Tous veulent avant tout montrer qu'ils ne sont pas seulement là pour leurs propres revendications, mais avant tout pour la santé de leurs patients. S'ils ne sont pas entendus, ils envisagent de reconduire la grève le 26 décembre. 

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