Journée mondiale sans tabac : les dangers de la "puff", la cigarette électronique jetable, véritable piège pour les adolescents

A l'occasion de la journée mondiale sans tabac, éclairage sur la puff, cigarette électronique jetable, légèrement dosée en nicotine, et prisée par les jeunes. De nombreuses voix s'élèvent contre cette mode et contre le risque de basculer dans le tabagisme.

La mode des puffs, ces cigarettes électroniques jetables est arrivée en France fin 2021. Vendus entre huit et 12 euros, les petits tubes colorés déclinent un large éventail de saveurs (fraise, cola pétillant ou bubble gum entre autres), et proposent un certain nombre de bouffées, sans faire d'odeur.

"Quand tu commences, tu ne peux plus t'arrêter"

Selon une étude menée par l'alliance contre le tabagisme, un jeune sur dix âgé de 13 à 16 ans a déjà acheté une puff. Ce mercredi, devant un lycée bordelais, plusieurs adolescents témoignent apprécier. "C'est comme manger des bonbons", dit ce garçon. "Ça peut faire tourner la tête, mais c'est encore mieux avec le goût", précise une jeune fille. "C'est juste addictif ! quand tu commences, tu ne peux plus t'arrêter" poursuit sa copine.

Si certaines puffs ne contiennent pas de nicotine, d'autres en comptent jusqu'à 20 mg/ml et sont donc interdites aux mineurs. Mais ces derniers arrivent à s'en procureur sur des sites internet ou dans la grande distribution.

Les buralistes revendiquent la vente exclusive des produits pour un meilleur contrôle, comme le confirme Antoine Bairrass, président de la confédération des buralistes de la Gironde. "C'est un produit qui doit être réglementé et vendu dans des réseaux physiques et non sur des plateformes web ou des solderies par exemple".

Risque sanitaire

De nombreux médecins ont, eux, déjà tiré la sonnette d'alarme sur le côté néfaste du produit pour la santé. En février dernier, l'Académie nationale de médecine s'est exprimée sur le sujet.

"Un véritable piège tendu aux enfants et aux adolescents en vue de les entraîner vers une addiction aux produits du tabac".

Académie nationale de médecine.

"C'est vraiment une mode" se désole Sony Solaro, spécialiste du sevrage des addictions. "Sur les réseaux sociaux, on voit des tiktokeurs, des youtubeurs qui font des vidéos pour comparer les puffs. Cela participe à l'engouement de cette mode. Le souci, c'est que quand la mode sera passée, des milliers de jeunes seront peut-être dépendants".

Proposition de loi ? 

Les puffs seront-elles bientôt bannies en France ? C'est en tout cas l'espoir de députés de plusieurs groupes politiques qui veulent voter leur interdiction, à laquelle le ministre de la Santé s'est dit favorable

En novembre dernier, la députée écologiste Francesca Pasquini, a lancé une proposition de loi visant à interdire ces cigarettes, aujourd'hui signée par 63 députés de huit groupes politiques différents, hors LR et RN.

La députée espère désormais une inscription de sa proposition de loi à l'ordre du jour de l'Assemblée pour qu'elle puisse être débattue en séance en octobre ou novembre. "A ce jour, il n'y a pas encore d'étude scientifique é, mais sur le sujet mais les politiques se sont inquiétés du phénomène avant les autorités sanitaires", s'est félicitée la parlementaire.

Sanitaire, l'enjeu est aussi environnemental. Jetables, les puffs sont en effet en plastique et contiennent une batterie au lithium non recyclable. "Au Royaume-Uni, chaque semaine 1,3 million de puffs finissent à la poubelle", a déploré Francesca Pasquini.

(avec AFP)

 

 

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