L'UBB s'apprête à vivre sa première phase finale de Top14

Le bizuth Bordeaux-Bègles aura attendu d'être chaperonné par le sorcier Christophe Urios pour vivre sa première phase finale de Top 14 samedi 12 juin face à une référence en la matière, Clermont, au parcours en dents de scie mais sûr de ses forces. 

Il a fallu l'arrivée de Christophe Urios (photographié ici en 2019) pour permettre à l'UBB de changer de dimension et atteindre ses premières phases finales de Top 14.
Il a fallu l'arrivée de Christophe Urios (photographié ici en 2019) pour permettre à l'UBB de changer de dimension et atteindre ses premières phases finales de Top 14. © GAIZKA IROZ / AFP

En terme de vécu de ces moments qui comptent, il n'y a pas photo, l'ASM est devant. L'UBB aura mis dix ans pour décrocher sa première qualification, dix ans pour vivre ses premières phases finales - demie du Challenge Européen et de la Coupe d'Europe cette saison. 

 Sur la même période, les Jaunards ont gagné un titre (2017), perdu deux finales (2015, 2019), trois demi-finales (2012, 2013, 2016) et un barrage (2014). Une constance au très haut niveau qui fait de Clermont "un club historique. Mais on a échoué souvent au pied du trophée", rappelle l'ouvreur auvergnat Camille Lopez et ancien de la maison unioniste, sous-entendant que l'expérience ne suffit pas toujours. 

Sur ce point, "Clermont a l'avantage, estime le talonneur girondin Clément Maynadier. Nous, on était toujours les cons qui arrivions devant le double battant (du Top 6) et on le prenait en pleine figure à chaque fois. Mais cette année, on a pris pas mal d'expérience avec les deux demi-finales européennes. Il faut que cela nous serve samedi".

"Des morts de faim"

"Ce sont des moments que l'on a ratés par le passé et qu'on ne veut plus laisser passer, abonde le centre Jean-Baptiste Dubié. Le but, c'est d'y rester le plus longtemps possible car c'est fort et beau à vivre". 

Avec l'arrivée à sa tête d'Urios (en 2019), rompu à l'exercice et passé à un tout petit point d'envoyer l'incongru Oyonnax en demi-finale en 2015 (défaite 19-20 à Toulouse) avant d'être sacré avec Castres en 2018 en passant par les barrages (6e de la saison régulière), le club de Laurent Marti a trouvé le guide expérimenté pour le mener au Brennus.  Pour y parvenir, Urios aura besoin "d'une équipe de morts de faim", "qui devront manger des cailloux" pour l'atteindre. 

En face, son vis-à-vis Franck Azéma, sur le départ, fera tout pour le retarder. "Tout est permis quand on est dans les six, on le sait trop", a-t-il reconnu fort d'arguments offensifs (meilleure attaque du Top 14) et d'une charnière Parra-Lopez enfin recomposée qui adore contrôler le jeu. "Il faudra qu'on la fasse dérailler", pense d'ailleurs Urios.

50-50 pour Parra

En face, Matthieu Jalibert, si virevoltant en phases finales européennes cette saison, a été naturellement ciblé au pays des volcans. "On va le surveiller de près, sourit Lopez, car il a des qualités incroyables, il n'y a pas grand-monde à son poste capable de faire les choses qu'il fait". 

Depuis l'instauration des barrages en Top 14 en 2010, 65% des équipes recevantes ont atteint les demi-finales. Avec une jauge pleine. Là, avec un stade Chaban rempli au sixième en raison du contexte sanitaire et que l'ASM a fréquenté plus d'une fois en matches à élimination directe (Top 14 ou Coupe d'Europe), pas sûr que l'effet 16e homme joue complètement son rôle. 

"Quand c'est complet, c'est un avantage de jouer à la maison, ça pousse derrière, rappelle le demi de mêlée clermontois Morgan Parra. Là, tout est faisable, on a autant de chances que Bordeaux de le gagner".

À la sempiternelle question "Qui a le plus de pression, qui en a le moins?" posée cette semaine aux deux camps, on a plus ou moins botté en touche. "On est un club habitué", a vaguement répondu Parra, "la pression va monter quoi qu'il en soit et elle sera autant sur nos épaules que sur celles des Clermontois", a conclu Dubié.   
 

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