Les Girondins de Bordeaux vont obtenir une baisse d'1,5 million d'euros du loyer du stade sur fond de polémique

Ce vendredi 29 janvier, les élus du conseil de Bordeaux Métropole doivent dire oui aux Girondins de Bordeaux. Ils vont voter un abaissement du loyer du Matmut Atlantique pour compenser les pertes liées au Covid 19. Ce qui n'est pas du goût de tous les élus. 

Romain Oudin, auteur du deuxième but des Girondins de Bordeaux face à Dijon.
Romain Oudin, auteur du deuxième but des Girondins de Bordeaux face à Dijon. © AFP/R.Perrocheau

C’est l’un des gros dossiers au menu du conseil de la  Métropole de Bordeaux qui examine le budget 2021 ce vendredi. Celui des Girondins de Bordeaux et leur requête: une baisse de leur loyer du stade.

Comme d’autres clubs de ligue 1, les marines et blancs connaissent une période délicate avec la crise sanitaire. Pas de billetterie et des matches sans public, auxquels il faut ajouter le non-paiement des droits TV par Mediapro.

Les élus ont donc décidé de leur tendre la main. Ils vont voter un rabais de 30% sur le loyer du stade. C’est-à-dire une ristourne d'1,46 million d'euros pour l’exercice 2019-2020.

C'est moins que ce que demandait Frédéric Longuépée, le PDG du club. Mais la somme correspond, selon Brigitte Bloch, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge des grands équipements, "au prorata des matches qui n'ont pas pu se jouer entre mars et mai 2020". En revanche, le huis-clos n'est pas pris en compte par la métropole.

Un rabais qui fait grincer 

Je crois que le contribuable a largement pris sa part dans l’accompagnement du club.

Philippe Poutou chef de file du collectif Bordeaux en luttes

A la Métropole, cette baisse fait débat. Le groupe écologiste, avec le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, s'oppose à cette décision sans contrepartie. "Nous sommes hostiles au paiement de toutes sommes en faveur du club, si nous n'avons pas de contreparties sur le fait que le club soit en train de se réinventer, de faire des économies, notamment sur la masse salariale des joueurs."

Les écologistes proposent un amendement et menacent de ne pas voter la délibération si la remise de loyer du stade n'est pas conditionnée à un changement du modèle économique des Girondins.  

C’est un geste de solidarité, comme pour n’importe quelle entreprise, a expliqué le président socialiste Alain Anziani.

Un geste qui ne passe pas pour le groupe Bordeaux en Luttes emmené par Philippe Poutou. "De nombreuses entreprises mettent la clé sous la porte faute de pouvoir payer leurs loyers ! Et elles ne bénéficient pas du même soutien !"

Et l’ancien syndicaliste de préciser : " Le stade, c’est déjà 275 millions d’argent public. Je crois que le contribuable a largement pris sa part dans l’accompagnement du club !"     

 Je ne pense pas qu’il soit très raisonnable d’orienter cet argent public vers un club dont l’actionnaire est richissime.

Matthieu Rouveyre, Vice-président du conseil départemental de Gironde

Même sentiment pour Matthieu Rouveyre, ancien conseiller municipal socialiste. L'actuel vice-président du conseil départemental de Gironde reste attentif à la situation des marines et blancs et il est foncièrement contre cette aide. " Je ne pense pas qu’il soit très raisonnable d’orienter cet argent public vers un club dont l’actionnaire est richissime. Il fait partie des 20 fonds d’investissements qui se sont le plus enrichis pendant la crise. Et je rappelle que le contrat prévoit que si les Girondins ne peuvent pas payer, c’est à l’actionnaire de le faire". 

Cessons de taper sur les Girondins !

Thomas Cazenave Groupe Renouveau Bordeaux Métropole

De l’argent public qui ne choque pas Thomas Cazenave. L’élu de la République en Marche estime qu’il ne faut pas stigmatiser le club plus que d’autres alors que les joueurs évoluent dans un stade vide à cause de la pandémie.

" Ce n’est pas une ristourne, ce n’est pas un cadeau, c’est juste qu’on ne peut pas appliquer un loyer au club, qui n’a pas utilisé le stade ! " a-t’il dit sur France Bleu Gironde ce vendredi matin.

"Je trouve qu’on pose mal le débat. On peut l’avoir sur l’actionnaire américain King Street. Et si on pense qu’il en faut un autre, on doit se demander comment on va faire pour trouver quelqu'un qui a 100 millions d’euros à mettre !  Ça ne se trouve pas dans la période aussi facilement. Donc, cessons de taper sur les Girondins. Ce n’est pas que King Street: c’est les salariés, c’est les supporters, c’est l’équipe. Parce que si demain, on veut d’autres actionnaires, faut-il encore supporter et aider et être fiers des Girondins !" 

Les Girondins de Bordeaux, ce n’est plus du sport, c’est du spectacle, c’est du business.

Patrick Bobet Maire du Bouscat

Sur ce dossier, une fois n’est pas coutume, la majorité métropolitaine va pouvoir compter sur le soutien de l’opposition de droite et du centre qui a l’intention de voter pour la délibération. Et le chef de file de l’opposition, Patrick Bobet, d’expliquer les raisons. Le maire du Bouscat estime que le club mérite ce coup de pouce : "Tout le monde a bien compris que « les Girondins de Bordeaux, ce n’est plus du sport, c’est du spectacle, c’est du business, ça fait vivre un tas de personnes donc je crois que c’est une bonne chose, ça fait partie de la vitrine de Bordeaux et de notre région." a-t-il déclaré sur l'antenne de France Bleu Gironde, ce vendredi matin.

Un déficit qui pourrait atteindre les 80 millions d’euros 

Le PDG des Marine et Blanc, espère aussi obtenir une autre ristourne et un étalement des paiements pour la saison 2020-2021. Bordeaux Métropole a déjà accepté sur le principe la deuxième demande. Reste que cette bouffée d’oxygène ne sera pas suffisante pour réanimer un club asphyxié financièrement.
Le plan de départs volontaires n’ayant pas atteint son objectif, un plan social va être mis en place, il prévoit le licenciement de 26 personnes dans les prochaines semaines.

Le déficit, qui ne cesse de se creuser depuis dix ans, pourrait atteindre les 80 millions d’euros en fin de saison. 

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