Ligue 1 : le sursaut d'orgueil des Girondins de Bordeaux face à Strasbourg

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Écrit par Hélène Chauwin avec l'AFP

Bordeaux a remporté un match de folie contre Strasbourg (4-3) malgré la pression maximale qui pesait sur ses épaules. Pour cette 22e journée de ligue 1, les Girondins, relégables, recevaient une équipe alsacienne en forme, pointant à la 4e place du classement. ils étaient acculés à la victoire pour sortir de la zone rouge.

Les Girondins venaient de subir trois défaites de suite, dont la déroute à Rennes (0-6) le week-end dernier, dans un contexte lourd marqué par la mise à l'écart de plusieurs joueurs, dont le capitaine Laurent Koscielny, et le sursis accordé à l'entraîneur Vladimir Petkovic.

L'ancien sélectionneur de la Suisse, sous contrat jusqu'en 2024, peut remercier Hwang Ui-Jo, auteur d'un fantastique triplé (17e, 39e, 90e).

Dans le sillage de son attaquant sud-coréen, Bordeaux a été irrésistible pendant près d'une mi-temps mais a souffert le martyre devant Strasbourg avant que Hwang ne délivre encore les siens. 
Quel réveil ! Muets depuis début janvier, les Bordelais ont trouvé quatre fois le chemin des filets alsaciens, qui restaient sur trois succès et rêvaient d'enchaîner sur un terrain où ils n'avaient obtenu que des victoires depuis leur retour en L1 en 2017.
Ce succès, le quatrième arraché cette saison par les hommes de Vladimir Petkovic
--qui doit souffler intérieurement tant le risque de limogeage était fort en cas de défaite-- le premier face à une équipe du Top 10, est une bouffée d'oxygène pour le club au scapulaire qui souffre de mille maux depuis plusieurs saisons.

Les Girondins ont d'abord évolué comme dans un rêve en assommant un Racing très fébrile défensivement en première période et en difficulté dans la construction.
Artilleurs attitrés, Hwang Ui-Jo (17e) et Elis (21e) ont répondu présent sur deux offrandes d'Oudin avant qu'un enroulé du gauche de Hwang, ne fasse chavirer les 5000 spectateurs qui se pinçaient pour y croire (3-0, 39e).
Mais cette équipe bordelaise est tellement versatile depuis le début de saison que cette avance était un leurre, d'autant plus avec Gameiro rodant dans les parages qui, d'un doublé (43e, 57e), a tout remis en cause.
Le deuxième acte s'est résumé à un attaque-défense en faveur des hommes de Julien Stéphan, faciles pour s'approcher du but de Poussin, le suppléant de Costil blessé, mais maladroits pour égaliser ou signalés hors-jeu à l'image de Majeed sur une action collective aux petits oignons (81e).
Mais à force de pousser, Strasbourg s'est découvert et Elis a profité d'un rare contre pour lancer Hwang, héros du jour avec un triplé retentissant, qui a trompé Sels une troisième fois et libéré définitivement ses couleurs (90e).
Enfin presque. Car Ajorque et ses coéquipiers n'ont pas abdiqué et ont fini par réduire une troisième fois l'écart par Majeed (90e+7), mais trop tard pour ramener quelque chose des bords de la Garonne.

Bordeaux sort de la zone rouge. Le gardien Gaëtan Poussin a salué l'état d'esprit de l'équipe girondine : 

 "Je sens qu'on a finalisé le travail de cette semaine mais cela me désole que l'on ait pris trois buts" a déploré Vladimir Petkovic. "On a réalisé une première mi-temps très bonne mais après, la peur de gagner le match a pris le dessus, avec moins de possession, des passes de moindre qualité et c'était dangereux face à un adversaire très fort" a poursuivi l'entraîneur de Bordeaux.

Interrogé sur le mercato, il s'est déclaré " content des joueurs" qu'il a "à disposition en ce moment mais si on peut trouver quelqu'un de mieux qui puisse aider le club et l'équipe, tant mieux. Hwang a réalisé une partie parfaite, il nous a tirés d'affaire à plusieurs occasions. Il a eu quelques difficultés lors des derniers matches, je suis très content qu'il soit revenu et revenir de cette manière, ça fait espérer pour le futur. Ce qui est le plus important, c'est qu'on a réussi à faire ce que l'on voulait, c'est à dire prendre ces trois points et de se rapprocher d'une autre zone du classement. Nous avons été un peu plus travailleurs. On a sorti la chemise blanche et mis la chemise bleue des ouvriers. Cela nous a permis de gagner."