Malgré sa blessure, la perchiste Margot Chevrier croit toujours aux JO de Paris : "Si ça marche tant mieux, sinon, il n’y aura rien à regretter"

La perchiste Margot Chevrier a vu son rêve de jeux olympiques de Paris s’éloigner après une terrible fracture ouverte à la cheville survenue lors des mondiaux en salle de Glasgow. Depuis, le compte à rebours est lancé pour la Française qui espère être prête à temps pour Paris 2024.

C’est sur son canapé que Margot Chevrier passe une partie de ses journées. Celle qui s’est fait connaître grâce à ses performances sur les pistes a vu son quotidien totalement changer après sa fracture ouverte à la cheville lors des récents mondiaux en salle de Glasgow.

Quand tu rentres à la maison, c'est un peu dur, parce que tu as laissé ton quotidien d'une certaine façon et t'y retournes pas du tout comme tu en es partie. Donc c'était un peu délicat par moments.

Margot Chevrier

Perchiste

Un nouveau quotidien

Une nouvelle routine qui n’enchante pas l’athlète habituée à ne jamais rester en place. "J’ai encore quelques semaines où je dois être immobilisée, donc là, c’est un peu long parce que le canapé quand on est hyperactif, ce n’est pas le plus simple, si tu ne fais rien, tu t’ennuies vite".

Pour lutter contre l’ennui, la jeune Française profite de son temps libre pour avancer ses cours de 5e année de médecine. Elle peut aussi compter sur le soutien de son compagnon Gabriel Tual, athlète de haut niveau lui aussi, et spécialiste du 800 mètres, qui la soutient dans cette période difficile. "J’essaye d’être présent pour elle et de faire en sorte que ça soit plus agréable. C’est hyper important dans ces moments-là où le mental est un peu bancal." confesse-t-il.

Faut pas laisser la place au négatif, il faut s’occuper l’esprit.

Gabriel Tual

Compagnon de Margot Chevrier

Plus de deux semaines après l’accident, la perchiste commence à réaliser ce qu’il s’est passé et s’accommode de son nouveau train de vie. "Ça va beaucoup mieux, ça fait 15 jours depuis l’accident et le bloc. J’ai eu le temps de décanter ce qui s’était passé, de commencer à cicatriser parce que mine de rien, on avance assez vite sur les premiers jours".

Le processus est long mais la Française n’attend qu’une chose, franchir les étapes une par une et tenter de retrouver des sensations le plus vite possible. "J’ai un scanner de contrôle dans deux semaines et feu vert pour Capbreton. Là-bas, je vais pouvoir marcher, retrouver de la mobilité, je ne sais pas si je pourrai déjà commencer à avoir un peu d’appuis types courses, mais en tout cas, je vais pouvoir recommencer à marcher sans la botte".

La suite : de la rééducation, de la salle avant de rechausser les chaussures et retrouver les pistes avec un objectif en tête, les jeux olympiques de Paris 2024.

Un terrible choc

Le 2 mars 2024, ce n’est pas uniquement une cheville qui s’est brisée, c’est tout un rêve, tout un espoir, des années de travail qui sont peut-être parties en fumée.

Ça fait 7 ans que tu prépares un truc, il y a un compte à rebours, tout le monde en parle et en une fraction de seconde, tout change.

Margot Chevrier

Perchiste

D’abord sous le choc, la perchiste a rapidement pris conscience de la gravité de la blessure et des conséquences possibles de celle-ci. "Quand j’ai entendu le crac, je me suis dit là les Jeux, c’est mort, c’est le premier truc auquel j’ai pensé".

Une terrible désillusion pour la jeune femme qui réalisait jusque-là une superbe saison hivernale et qui espérait performer lors de ses premiers jeux olympiques, chez elle à Paris. "Tu passes de comment je vais faire les six prochains mois pour être la meilleure possible, pour tenter un truc de dingue à domicile, à comment je vais faire pour être à ce truc à domicile".

Objectif Paris 2024

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Malgré ça, Margot Chevrier ne lâche rien, elle compte bien mettre toutes les chances de son côté pour participer à la fête.

Si ca marche tant mieux, sinon, il n’y aura rien à regretter, j’aurai fait ce qu’il y a à faire.

Margot Chevrier

Perchiste

Un objectif qui ne peut que lui faire du bien selon son compagnon "Même si elle n’y est pas, il faut y croire, ça lui donne quelque chose auquel s’accrocher, c’est ce qu’il faut faire".

Le temps presse et les voyants semblent au rouge, mais la Française reste persuadée de pouvoir être prête à temps. "Il y a énormément de sportifs à qui on a dit : "tu ne récupéreras jamais" et qui ont continué leur carrière, qui ont rebattu leurs records, qui ont fait des médailles après".

Gabriel Tual aussi croit aux chances de sa compagne "Moi j’y crois, vu son mental, même si elle doute d’elle, moi je ne doute pas".

Pas question en revanche de se précipiter et de brûler les étapes pour l'athlète consciente de sa jeunesse et de la longue carrière qui l’attend.

Si ce n’est pas Paris, ça sera Los Angeles, Brisbane, il y aura plein d’autres championnats du monde, d’Europe entre-temps.

Margot Chevrier

Perchiste

L’espoir reste de mise, donc pour Margot Chevrier qui reste lucide quant à ses chances de médailles "Ce serait déjà une histoire incroyable si je suis sur la piste du Stade de France. Pour l’instant, je n’ai pas toutes les armes de mon côté pour envisager une médaille à Paris".

Déjà assurée de la qualification aux jeux olympiques grâce à son classement, sa participation dépendra totalement de son état de santé.
À quatre mois du coup d’envoi des jeux olympiques de Paris, le compte à rebours est lancé !