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Municipales 2020 à Bordeaux : une Métropole plus verte après l'élection de l'écologiste Pierre Hurmic

À Bordeaux, l'élection de Pierre Hurmic signe la fin de 73 ans de la droite à la mairie. Un basculement écologiste symptomatique d'une tendance nationale. Et une nouvelle ère pour Bordeaux et sa métropole. Voici l'analyse de Ludovic Renard, politologue. 

Pierre Hurmic entouré de son équipe devant le Palais Rohan, au soir de sa victoire aux élections municipales de Bordeaux, le 29 juin 2020.
Pierre Hurmic entouré de son équipe devant le Palais Rohan, au soir de sa victoire aux élections municipales de Bordeaux, le 29 juin 2020. © NICOLAS TUCAT / AFP
Cela fait 73 ans que Bordeaux n'avait pas connu autre chose qu'un maire de droite. Mais ce dimanche 28 juin, la ville a basculé du côté des écologistes. "Un coup de tonnerre " pour Ludovic Renard, politologue à Sciences Po Bordeaux. Selon lui, il s'agit d'un "vote de sanction". "On constate un grand nombre de basculements dans les villes, qui montrent un vote de sanction envers le maire sortant dont le bilan n'est pas jugé favorable", explique le politologue. 

Et si la sanction est tombée à Bordeaux, il s'agit aussi d'un jugement des citoyens envers des alliances "perçues comme contre-nature par les électeurs", précise Ludovic Renard. Le maire sortant s'est allié dans la dernière ligne droite avec le candidat de la république en Marche, Thomas Cazenave, une stratégie identique à Lyon et Strasbourg, deux villes qui ont aussi voté pour les écologistes. 
 

Mobilisation favorable

La vague verte, perçue dans toute la France, vient aussi "des jeunes", qui se sont mobilisés. "Six Français sur 10 ne se sont pas déplacés. Ceux qui l'ont fait ont perçu un enjeu autour des équipes municipales, qui se manifeste par la poussée du vote écologiste", détaille Ludovic Renard. 

Une mobilisation favorable à Pierre Hurmic, dont le programme et les orientations s'inscrivent dans cette nouvelle dynamique. "Il y a des enjeux autour de la ville durable et des nouvelles formes de citoyenneté et de participation à la vie politique, portées par les jeunes et d'autres catégories. Ce sont ces forces-là qui se sont mobilisées", explique Ludovic Renard.  Autre facteur, l'attente du "monde d'après", apparu après le confinement, qui rejoint les aspirations du mouvement des Gilets Jaunes.

Vers une métropole plus verte 

Cette vague, reconnue par l'ancien maire de Bordeaux, Alain Juppé, était cependant attendue. "C'est une confirmation des dernières élections européennes où les écologistes avaient fait 25 % dans les métropoles", rappelle le politologue de Sciences Po Bordeaux.

Et si Bordeaux passe au vert, la Métropole devrait suivre la même voie, dans laquelle elle s'était déjà engagée. Jean-Luc Gleyze, le président du Département de la Gironde s'est d'ailleurs réjoui de la victoire du candidat écologiste, avec lequel il devra collaborer dans les prochaines années. "La victoire de l’union de la gauche à Bordeaux est un symbole. Je tiens à féliciter Pierre Hurmic, et l’ensemble des équipes, qui ont travaillé avec lui pour offrir un changement historique. Cette victoire redessine les équilibres politiques au sein de la Métropole, a déclaré le président dans un communiqué. Les résultats de ce soir confirment la dynamique positive du premier tour en Gironde. La Gauche est bel et bien vivante, solidement ancrée dans les territoires, fidèle à ses valeurs, soucieuse du bien-être de nos concitoyennes et concitoyens. Rassemblée, elle ouvre une nouvelle voie pour répondre aux enjeux écologiques, solidaires et démocratiques de notre temps."

L'éclairage de Ludovic Renard, politologue sur les enseignements de ce scrutin :

Ludovic Renard, politologue à Sciences Po Bordeaux, analyse la victoire des Verts ©France 3 Aquitaine
Car au niveau de Bordeaux Métropole, les rapports de force vont être complètement chamboulés. "Il y aura trois grandes forces : une force écologiste qui sera majoritaire une force PS et alliés qui pourrait d'ailleurs fusionner avec les communistes déjà présents, et enfin un troisième groupe qui scindera la majorité actuelle, puisque l'enjeu de l'accord entre Thomas Cazenave et Nicolas Florian prévoyait la création d'un groupe propre à LaRem", analyse Ludovic Renard. 
 
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