Bordeaux : SOS Médecins en grève réclame une meilleure rémunération des visites à domicile

Les 111 médecins affiliés à l'association SOS médecins à Bordeaux et en Gironde et les 18 affiliés à SOS médecins côte basque cessent leur activité ce lundi 27 septembre pour une journée. Ils demandent une revalorisation de leurs actes, pour pouvoir continuer à assurer les visites à domicile.

Ce lundi 27 septembre, aucun médecin ne vous répondra au 36 24, le numéro d'appel unique de SOS Médecins. Pourtant, tous les jours de la semaine, 24 h sur 24, des généralistes de l'association assurent la permanence. La consultation est réalisée en cabinet entre 9 heures et 23 heures ou à domicile.

"Pour une visite de jour, l'acte médical est facturé 25 euros et le déplacement 10 euros la journée, cela fait 35 euros. 35 euros bruts je précise. Et cela n'a pas été revalorisé depuis 15 ans" explique Frédéric Chemin, le président de SOS Médecins Bordeaux. 

Vous vous déplacez parfois en ville en voiture ? C'est l'enfer.

Frédéric Chemin - président de SOS Médecins Bordeaux

"On a de moins en moins de volontaires. C'est épuisant. Et puis, faites le calcul. En cabinet, en 1 heure, on fait 4 consultations à 25 euros, en déplacement, en 1 heure, on peut rarement faire plus d'une consultation à 35 euros. On est quasiment les seuls à continuer à les faire".

Exclus de la revalorisation signée l'été dernier

Le 30 juillet dernier, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie et trois syndicats représentant les médecins libéraux ont signé l’avenant 9 à la convention médicale qui revalorise les actes. Seulement, "l’assurance maladie a trouvé le moyen d’exclure SOS MÉDECINS de la revalorisation de la visite".

Le tarif est passé de 35 à 70 euros pour les médecins traitants uniquement. Et seulement lorsqu'ils se déplacent chez leurs patients de plus de 80 ans en longue maladie.  Rien pour les autres cas.

Désengorgement des Urgences

"Nous, nous intervenons sur des soins non programmés, on se déplace dans des délais courts, on prend du temps avec chaque patient, ce sont souvent des personnes âgées, qui ont du mal à se déplacer, des insuffisants respiratoires, des personnes dépendantes. Il y a un réel besoin pour ces personnes là."

Si nous n'intervenons pas elles devront être transportées aux urgences qui sont déjà archi saturées.

SOS Médecins réclame un tarif de 57,60 euros pour les visites à domicile. Avec une indemnité de déplacement fixe de 10 euros (elle n'est que de 3,50 euros la nuit et le week-end).

"C'est ce qui avait été accordé pendant la pandémie quand aucun médecin ne voulait se déplacer. C'était une façon de les inciter à aller voir les malades" indique Frédéric Chemin. "Ce sont nos deux revendications principales. Nous ne sommes pas en danger mais les visites en journée sont clairement menacées" prévient-il, avouant avoir de plus en plus de mal à recruter.

"Les jeunes préfèrent s'installer en cabinet plutôt que de devoir affronter les embouteillages toute la journée. Ou alors, ils préfèrent faire les nuits et les week-ends bien mieux rémunérés".

Une mission d'intérêt général

Pour Frédéric Chemin, il est indispensable de maintenir ce service à domicile. D'autant que les soins à l'hôpital se font de plus en plus en ambulatoire. "Les complications interviennent à la maison, c'est notre quotidien".

"On se déplace le plus souvent pour des pathologies lourdes et ça prend du temps. Mais les actes ne sont pas payés à la durée. Les médecins fatiguent aussi..." alerte le généraliste.

Si rien ne change, "les visites à domicile risquent de disparaître en journée. Finalement, c'est peut-être une volonté de l'Etat" s'interroge le généraliste.

Des rendez-vous au ministère de la Santé et à la CNAM sont prévus la semaine prochaine. "On espère que cela permettra d'avancer. Mais rien n'est moins sûr". 

Dans l'agglomération de Bordeaux, les 111 généralistes de SOS Medecins répondent, en moyenne, à 250 000 appels par an et couvrent un bassin de population de 900 000 personnes. 

Pour les maladies courantes et les petits bobos, l'association a ouvert des cabinets dès 2008. Quatre sites reçoivent aujourd'hui les patients à Bordeaux, Cenon, Eysines et Biganos.

 

 

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