TGV : Nicolas Hulot ne veut pas confondre vitesse et précipitation

Nicolas Hulot veut reprendre la main sur le temps / © Christine Le Hesran
Nicolas Hulot veut reprendre la main sur le temps / © Christine Le Hesran

Il faut se poser des questions ! Nicolas Hulot est venu expliquer ainsi aux élus qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation pour bâtir la suite de la LGV vers Toulouse et l'Espagne.

Par Christine Le Hesran

Nicolas Hulot n'a pas pris d'engagement pour la suite de l'histoire à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse. Ni dans un sens, ni dans l'autre. Patience ! 
Les élus du sud-ouest réclament fortement le prolongement vers le sud de la LGV Paris-Bordeaux. Pour autant, l'issue de ce projet semble incertaine, surtout après la décision de justice défavorable rendue jeudi dernier et un rapport de la Cour des comptes qui prône la rigueur financière. Mais le président de la Région Nouvelle-Aquitaine a été ferme à la fin de son discours :

On a besoin que le TGV aille à Toulouse.

Coup de frein 

Jeudi dernier, le tribunal administratif de Bordeaux, saisi par des collectifs d'opposants, a annulé la décision d'utilité publique décidée en 2016 pour le tronçon Bordeaux-Saint-Médard-d'Eyrans,à une quinzaine de kilomètres plus au sud. Il avait suivi la recommandation du rapporteur public qui avait notamment avancé l'insuffisance des études socio-économiques et du financement.

Une décision qui met au plus mal l'ensemble du projet, qui vise à mettre Toulouse à un peu plus de trois heures de Paris contre environ 4h20 avec la nouvelle ligne Paris-Bordeaux. Se voulant rassurante, la ministre des Transports Elisabeth Borne a déclaré ce matin en gare Montparnasse :

L'Etat est cohérent, il a porté une déclaration d'utilité publique (DUP) qui aujourd'hui a été annulée par le tribunal administratif, donc oui, il va faire appel.

Les grands élus du Sud Ouest ont réclamé dès hier cette prise de position de l'Etat. Mais à cette première déconvenue, s'est ajoutée, également jeudi, la publication d'un
audit alarmiste de la Cour des comptes sur l'état des finances publiques.

Qui peut se payer une nouvelle LGV ?

Pour construire cette nouvelle LGV, il faut de l'argent : 8,3 milliards d'euros dans le cas présent. Alors Nicolas Hulot devant tous les élus a ironisé ce midi :

Je vous ai amené dans le TGV le rapport de la Cour des comptes qui n'est peut-être pas encore disponible dans la région.

Une LGV représente une dépense "colossale, pour l'Etat, pour les collectivités, pour le groupe ferroviaire" SNCF, a encore souligné Elisabeth Borne. Et d'ajouter : 

Le fait qu'on puisse trouver, comme l'indique le rapport de la Cour des comptes, des promesses non financées, est évidemment regrettable. Et, ce vers quoi on doit aller, c'est de s'engager vers des promesses qu'on sait financer.

Nicolas Hulot est philosophe :

A-t-on besoin d'aller toujours plus vite, plus loin. Il y a un moment aussi où il faut se fixer des limites. Voyons ce qui participe au progrès. 2030, 2040....

Si la LGV vers Toulouse n'est pas pour autant enterrée, les élus sont prévenus. 

Ecoutez l'interview de Nicolas Hulot qui interpelle sur l'avenir : 

Nicolas Hulot "Mon ministère du temps long"
Le nouveau ministre de la transition énergétique veut remettre le temps au coeur de la réflexion - Cécilia Chaumont et Christel Nicolas



 

 

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