Tramway à Bordeaux : autant d'accidents mais plus d'incivilités en 2019

© MAXPPP/Alexandre MARCHI
© MAXPPP/Alexandre MARCHI

Mardi 5 novembre, un tram percutait un piéton d’une cinquantaine d’années. Ces accidents, le tramway de Bordeaux en a connu 128 en 2019, un chiffre stable malgré une augmentation des freinages d'urgence.

Par Julie Chapman

Le tramway de Bordeaux serait-il un danger ? Ce lundi, un piéton de 49  ans était grièvement blessé après une collision avec un tram à proximité de l'arrêt Bergonié .

La clochette d'alerte des conducteurs de rames est devenue un son familier dans l’agglomération bordelaise. Leur klaxon, plus retentissant, l’est un peu moins. Pourtant, les chauffeurs de tramways doivent, chaque jour, jongler entre piétons, cyclistes et automobilistes, pas toujours respectueux du code de la route.

Fin 2017 puis en avril 2018, Keolis Bordeaux Métropole, qui gère les transports en commun de l'agglomération, tentait de sensibiliser les usagers avec la campagne "Rhino". 
 

Pas plus d’accident


Depuis janvier 2019, 128 accidents impliquant un véhicule, un vélo ou un piéton ont été recensés. En 2018, ce chiffre atteignait les 179 accidents.

Nous observons une forme de stabilité entre 2018 et 2019.
Nathalie Labbé, responsable Pôle Conquête et Communication

Piétons flâneurs ou cyclistes pressés, les tramways doivent régulièrement faire face à des comportements imprévisibles. Résultat, ils activent le freinage d’urgence près de 3 fois par jour, pour éviter les usagers sur les voies. "Ce chiffre est en augmentation. En 2018, il était de 2,5 fois par jour", détaille Nathalie Labbé.
 
Le nombre d'accident est resté quasiment stable en 2019. / © Kéolis Bordeaux Métropole
Le nombre d'accident est resté quasiment stable en 2019. / © Kéolis Bordeaux Métropole
 

Six blessés

 

Depuis le début de l’année, nous avons six blessés grave à déplorer ainsi qu’un suicide. Nous constatons une augmentation des blessés légers qui dépassent à fin septembre le niveau de 2018.
Nathalie Labbé, responsable Pôle Conquête et Communication

Et ce ne sont souvent pas les tramways qui sont en tort dans ces accidents. Pour quatre d’entre eux, le piéton ou cycliste accidenté aurait traversé les voies sans regarder. 

"
Les accidents piétons et cyclistes qui peuvent engendrer des blessures graves sont principalement liés à l’inattention, l’isolation mentale par le port du casque ou la concentration sur son mobile", explique Nathalie Labbé.
 
la majorité des accidents concernent des blessés légers. / © Kéolis Bordeaux Métropole
la majorité des accidents concernent des blessés légers. / © Kéolis Bordeaux Métropole

Les deux autres accidents concernent des chutes inopinées, lors de l’arrivée du tramway sur la plateforme. Et si les accidents avec des automobilistes n’ont pas fait de blessés, la faute est aussi globalement remise sur le conducteur.

"D’une manière générale, les causes principales d’incidents sont majoritairement du fait des automobilistes avec un franchissement des feux rouges et feux clignotants", souligne Nathalie Labbé.
 

Technique d’évitement


Les menaces d’accidents se multiplient depuis quelques années avec l’arrivée dans les rues des trottinettes électriques et autres engins de déplacement électriques. Alors, pour prévenir le maximum d’accidents, plusieurs pistes de réflexions sont étudiées, au sein de Kéolis Bordeaux Métropole. 

Chaque événement fait l’objet d’une analyse détaillée pour mettre en place des actions correctives. Elles concernent aussi bien la formation des conducteurs que la sensibilisation des voyageurs ou encore l’amélioration de la signalisation et la voirie.
Nathalie Labbé


La compagnie de transports a d’ailleurs fait appel au cabinet Ersya pour quatre projets. Le premier concerne l’installation de phares « flash » à l’avant des véhicules.  Quarante-cinq zones de traversée ont également été installées, dont deux fluorescentes. "Ces deux projets sont actuellement en cours d’évaluation par le cabinet", explique Nathalie Labbé.
 

Un troisième dispositif, le « mur du son », sera quant à lui testé d’ici la fin de l’année sur la ligne A. A l’approche des traversées, des sons seront émis entre deux bornes rapprochées, pour susciter l’attention. 

En revanche, les faisceaux rouges d’alerte sont toujours en cours de recherche, aucune solution technique n’ayant, pour l'heure, satisfait Keolis. 

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