Troque Ta Plante : sur Facebook, la bordelaise Sarah Roux rassemble des milliers d’échangeurs de boutures

Sarah Roux, 27 ans, par ailleurs doctorante en sciences politiques à Bordeaux, a créé il y a deux ans et demi une communauté de "troqueurs de plantes" sur Facebook. Un concept simple, écologique et économique, qui rassemble aujourd'hui des milliers de passionnés en France, et même à l'étranger !
Sarah Roux, créatrice de la communauté Troque Ta plante, qui rassemble désormais plus de 60 000 personnes en France, Belgique, Suisse, Luxembourg et Canada.
Sarah Roux, créatrice de la communauté Troque Ta plante, qui rassemble désormais plus de 60 000 personnes en France, Belgique, Suisse, Luxembourg et Canada. © Alice Robinet
Troque Ta plante, c’est l’histoire d’une success-story des réseaux sociaux made in Bordeaux, à l'image de celle de la Wanted Community. 

L'idée germe en 2018 : "Je faisais déjà beaucoup d'échange et de récupération de plantes, auprès de ma famille, des amis, des voisins... et je me suis dit que ça serait sympa d'exporter ça au-delà du cercle de l'entourage, pour pouvoir échanger avec d'autres personnes de ma ville ou de ma région" raconte pour la première fois Sarah Roux, 27 ans, par ailleurs doctorante en sciences politiques et habitante du Taillan-Médoc. 
 

Quand j'étais petite, je ne voulais pas trop jardiner avec ma mère pour ne pas avoir les ongles sales... Aujourd'hui, il ne se passe pas un jour sans que j'ai de la terre sur les mains !

Sarah Roux, créatrice de la communauté Troque Ta Plante

"J'ai eu l'idée de créer une communauté, où tout le monde pourrait trouver un groupe "troque ta plante" à côté de chez lui" résume-t-elle. Après le premier groupe créé à Bordeaux, l'idée s'exporte rapidement à toutes les grandes villes de France, puis à des pays francophones : Belgique, Suisse, Luxembourg... et même Canada ! 

"Aujourd'hui, nous en sommes à 60.000 membres à peu près, sur une centaine de groupes", précise-t-elle. 
 
"Cette misère doit être la plante dont j'ai fait le plus de boutures... Il y en au moins 20 rejets disséminés chez des gens dans tout Bordeaux !" s'amuse Sarah.
"Cette misère doit être la plante dont j'ai fait le plus de boutures... Il y en au moins 20 rejets disséminés chez des gens dans tout Bordeaux !" s'amuse Sarah. © Alice Robinet

Lien social, écologie et économie 

"Pour moi, le jardinage, c'est la transmission et le partage. De nos jours, les plantes sont de plus en plus un objet de consommation", regrette la jeune femme. "J'avais envie de conserver le lien social, et de réintroduire de la valeur derrière les plantes. Chaque plante échangée, c'est pour moi une rencontre, une petite histoire, une anecdote" témoigne Sarah.

"Aujourd'hui, j'ai une centaine de plantes, et 90% de mes plantes sont issues d'échanges avec des gens de la région", illustre-t-elle, comme elle le fait aussi sur Instagram dans le post ci-dessous. 
 

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C'est devenu important pour les gens de trouver des systèmes alternatifs aux logiques marchandes. Plutôt que d'acheter sa plante en jardinerie ou grande surface, c'est beaucoup plus sympa d'échanger avec quelqu'un !

Sarah Roux

"Comme la nature est super généreuse, on peut facilement bouturer ses plantes, les multiplier..." souligne Sarah, qui met aussi en avant la logique plus écologique du troc, qui évite la circulation de plantes à travers le monde, leur mode de production pas toujours vertueux, la masse de déchets que cela génère... 

Et, "dernier avantage non négligeable", le troc permet aussi de se constituer une collection sans dépenser d'argent, "ce qui permet de faire de grosses économies!"

Une activité bénévole

Deux ans et demi après la création du premier groupe, des milliers d'échanges ont été réalisés et l'expansion de la communauté se poursuit. Pour Sarah, cela représente beaucoup d'investissement, en marge de son travail de thèse : "j'y passe au moins 1 h 30 par jour, pour faire vivre les groupes, gérer la modération, accepter de nouveaux membres...". Elle peut compter sur l'aide indispensable d'une cinquantaine de modérateurs.trices, responsables des groupes dans leurs communes ou régions respectives. 

Pour l'instant, ce travail est complétement bénévole. Sarah ne tire aucun bénéfice financier des concours qu'elle organise ponctuellement en partenariat avec des marques, principalement de déco, pour faire gagner des objets à la communauté. Elle-même ne se met jamais en avant sur les réseaux sociaux de Troque Ta Plante, et n'ambitionne pas de devenir "influenceuse". C'est la première fois qu'elle se dévoile à travers cet article. 

Quels projets pour Troque Ta Plante ?

Alors que Sarah doit terminer sa thèse d'ici quelques mois, comment voit-elle son avenir professionnel, et celui de la communauté Troque Ta Plante ? "J'aimerais bien trouver une façon de concilier le développement du groupe et un emploi en relation avec les plantes, mais pour l'instant je n'ai pas encore trouvé comment", répond-elle. 

Si elle est encore incertaine sur ses projets professionnels, Sarah a déjà de nombreuses idées pour faire évoluer Troque Ta Plante. "J'espère qu'on va continuer à grandir, et pouvoir proposer de nouvelles activités, comme des ateliers, des événements, et pourquoi par le développement d'une appli ? " lance-t-elle.  "Ce serait chouette aussi de pouvoir développer des points d'échanges de boutures chez des commerçants locaux". 

Regardez l'interview de Sarah Roux : 

 

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